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L'axe européen Rome et mer du Nord


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Sommaire

 L'Europe fragmentée en royaumes
 Le nouveau rêve d'unification
 Les invasions

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Traité de Verdun (août 843)
Traité conclu entre les trois fils de Louis le Pieux et qui consacra le partage de l'Empire carolingien. A Louis le Germanique échurent la Bavière et les pays à l'est du Rhin. Charles le Chauve reçut la Francia occidentalis (territoires de langue romane situés à l'ouest de l'Escaut, de la Meuse, de la Saône et du Rhône). Lothaire, l'aîné, conservait, avec le titre impérial, le reste de l'héritage de Charlemagne, soit l'Italie et des territoires allant de la Provence à la Frise (la Lotharingie).
Carte Alain Houot
L'Europe fragmentée en royaumes
Fragmenté en royaumes germaniques souvent rivaux et déchirés parfois par des conflits intérieurs, l'ancien Empire romain d'Occident subit, à partir du VI e  siècle, de grandes transformations. Les Francs, présents en Gaule depuis le IIIe  siècle, assurent de l'Ebre, au sud, à l'Elbe et aux confins du Danemark, au nord, une certaine forme d'unité. L'Italie, d'abord occupée par les Goths, l'est ensuite par les Lombards (VIe  siècle), dont les rois ne parviennent pas à s'imposer vraiment face à la papauté; tout le nord de la péninsule tombe finalement sous la coupe des Francs.

L'Angleterre des Angles et des Saxons, où du VIe  au IXe  siècle les royaumes s'entre-déchirent et s'absorbent tour à tour, vit une époque difficile, encore que féconde du point de vue artistique et littéraire. L'Espagne wisigothique est le plus intéressant des «Etats successeurs»: la monarchie, fortement épaulée, à intérêts partagés, par une Eglise très structurée, assure un ordre fondé sur l'unité rigide de la foi catholique, de la loi - ainsi, le roi Receswinthe adopte en 654 le Forum judicum, qui établit, à l'exemple de Rome, la territorialité des lois - et de l'administration du royaume. Mais l'Espagne wisigothique succombe en quelques combats, en 711, aux coups de boutoir des musulmans, qui s'installent pour sept siècles dans la péninsule Ibérique: leur présence apporte à celle-ci une empreinte originale qui n'a pas disparu aujourd'hui.

La coupure entre langues romanes et germaniques s'installe définitivement entre le IVe et le XIe  siècle, chacun des royaumes barbares empruntant ensuite un cheminement culturel original. L'Occident est sauvé de l'effondrement total par l'unité que lui apporte le catholicisme romain, fortement appuyé par les moines, cadres de l'Europe pour de longs siècles.


Le nouveau rêve d'unification
En 800, l'illusion apparaît d'une rénovation de l'Empire, à cause de la titulature prise par Charlemagne et d'une certaine uniformité administrative mise en place sous sa domination. La loi et l'ordre règnent en principe. Les poètes de cour évoquent volontiers la puissance de Charles, «tête du monde et sommet de l'Europe». L'axe n'est plus méditerranéen mais rhénan, et Aix-la-Chapelle devient capitale.

En 843, au traité de Verdun, l'Empire carolingien éclate en trois royaumes (Francie occidentale, Francie médiane et Francie orientale), mais, dès le X e  siècle, l'Empire romain d'Occident est restauré par Otton I, roi de Francie orientale. Les empereurs ottoniens, puis les Hohenstaufen, favorisent l'expansion germanique vers l'est, au-delà de l'Elbe, au détriment des Slaves, et vers le nord, contre les Scandinaves; se consacrant principalement à la progression sur le front oriental, ils doivent bientôt renoncer à contrôler la partie occidentale - ce qui va devenir la France - de l'ancien Empire carolingien.

Le rêve d'unification de tout l'Occident chrétien sous la bannière impériale ne sera jamais réalisé. Au reste, l'empereur rencontre dans la papauté un sérieux concurrent pour la direction de l'Occident: le souverain pontife favorise contre les entreprises germaniques aussi bien la construction de la Pologne et de la Bohême indépendantes que celle du monde scandinave après sa conversion au christianisme. Et Rome dispose d'un réseau d'exécution - moines et évêques - autrement efficace que la piètre administration impériale.

Les invasions
Cet Occident qui n'est pas encore l'Europe est de toutes parts assiégé et vit sur la défensive et dans la peur. De la fin du VIII e  au début du XI e  siècle, les Vikings attaquent, razzient et occupent des parties entières de l'Ecosse, de l'Angleterre, de l'Irlande, de la France même, avant d'aller s'installer en Italie méridionale et en Sicile.

Les Slaves opposent de brutales répliques aux empiétements impériaux sur leurs terres au-delà de l'Elbe. Au sud, en Méditerranée occidentale, dans les îles, en Espagne et même en Italie méridionale - Rome est pillée en 846 -, les Sarrasins importunent l'Occident.

A l'est enfin, la formidable expansion de l'influence byzantine, qui entraîne la conversion des Russes, des Bulgares et d'autres Slaves orientaux au christianisme orthodoxe, achève de couper le continent chrétien en deux. Pour longtemps, l'«Europe» va être identifiée à sa partie occidentale, la chrétienté latine: en 996, Otton III accède au pouvoir impérial, disent les Annales de Quedlinburg, «avec l'accord du peuple romain, mais aussi des peuples de toute l'Europe».

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Pour en savoir plus
Histoire de l'Europe
Les Goths
Les Francs
Le continent européen




 
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