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L'Europe et le siècle des Lumières

Le XVIIIe siècle: une pause avant les tempêtes
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 Une période d'épanouissement
 Le français et l'allemand
 L'anglais
 L'art, un langage commun

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La lecture des philosophes
Collection Jean-Jacques Monney

Une période d'épanouissement
Le siècle des Lumières est certes, en Europe, une période de grand essor scientifique et d'épanouissement de la raison critique, mais non sans malentendus. Les philosophes, français notamment, comme Diderot et Voltaire, énoncent des principes généreux sur le droit naturel, l'égalité entre les hommes, et disent la nécessité d'améliorer la société, de libérer les opprimés, d'instruire les pauvres. Leurs théories inspirent le despotisme éclairé - mode de gouvernement autoritaire où tout doit être fait pour le peuple, mais sans le peuple -, qui suscite aussi bien les libérales maladresses de Joseph II d'Autriche et de certains princes allemands que les froids calculs de Frédéric II de Prusse ou les impostures de Catherine II de Russie. En France, le despotisme éclairé ne trouve pas à s'appliquer, et c'est finalement le peuple qui s'exprimera directement par l'insurrection de 1789.  

Le français et l'allemand
L'Europe cultivée parle le français, langue des diplomates depuis 1714; les princes européens rivalisent pour se faire construire des palais copiés sur Versailles: on a pu parler d'une «Europe française» au siècle des Lumières. Mais ces modes ne concernent qu'une très faible part des populations. Même en France, tout le monde ne parle pas «français», et les patois sont beaucoup plus utilisés que la langue officielle.

Les dialectes allemands, qui passent dans les milieux cultivés pour des «langues de domestiques», s'unifient pourtant peu à peu en une langue de culture qu'emploient des auteurs éminents comme Lessing ou Goethe; avant les grands chocs dus à la Révolution, le nationalisme linguistique allemand se développe, qui va se traduire par le triomphe du sentiment sur la raison: le romantisme. Partout, du reste, la «défense et illustration» des langues devient le socle sur lequel les peuples édifient leur consentement national.  

L'anglais
Au XVIII e  siècle, le Royaume-Uni - dont l'autonomie linguistique remonte au XV e  siècle - propose un modèle de concertation nationale par le parlementarisme. Son évolution fascine beaucoup de penseurs européens et, dans les dernières décennies du siècle, l'anglomanie va remplacer - jusque dans le savant désordre des jardins - l'illusion d'un cosmopolitisme dont le véhicule était le français.  

Sous l'apparence d'un calme débat d'idées s'affrontent l'exaltation de la «petite patrie», où chacun connaît chacun et où l'on peut pratiquer la démocratie directe, celle de la «nation», aux cheminements encore obscurs, partant du refus de l'autre imposé à des populations encore très mal informées et très pauvres, celle enfin d'un internationalisme de la pensée, élitiste, extrêmement minoritaire, et qui suppose réalisé un consentement à vivre ensemble dans un immense espace auquel personne n'accorde encore de crédit réel: l'Europe.  

L'art, un langage commun
Les seuls domaines, peut-être, où un langage commun apparaisse sont ceux de l'art. Il existe un baroque - avec combien de visages -, un rococo européen, une mode commune des chinoiseries; c'est probablement dans le domaine musical que cette convergence est la plus nette. Cependant, lorsque Jean-Jacques Rousseau écrit qu'il n'y a plus que des Européens, ce n'est pas pour constater l'avènement d'une grande idée commune, mais pour regretter l'uniformité parcheminée que la culture élitiste du XVIIIe  siècle tend à imposer aux cultures «patriotiques» et qui représente, pour lui, le danger d'apparition d'un ennui mortel.

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Pour en savoir plus
Histoire de l'Europe
Le continent européen