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Portait de Rousseau à l’ancienne
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Le citoyen est attaché à sa patrie. Il jouit par elle des biens fondamentaux comme la sûreté, la propriété et surtout la liberté. "La patrie se montre la mère commune des citoyens" ; "ils sont chez eux" .
Aussi les citoyens sont prêts à défendre la patrie pour la conserver, et garder les avantages qu'elle procure. Comment ce prodige est-il possible ? Nous ne voyons en effet aujourd'hui que des bourgeois. Ceux-ci utilisent le bien commun - l'ordre social et ses avantages - pour servir leur intérêt particulier. Le citoyen est dans la situation inverse : "sa volonté particulière est conforme en tout à la volonté général".
Le bon législateur a su "dénaturer " l'homme pour qu'il devienne citoyen, en le tournant dès l'enfance vers la patrie et en le rendant vertueux. C'est l'éducation publique qui a autrefois formé les citoyens Crétois, Lacédémoniens, Perses. Comme elle n'est plus possible dans les Etats modernes trop grands, trop dépendants de besoins matériels, l'existence de vrais citoyens est révolue, sauf peut-être en Suisse.
Le citoyen aime les lois. Il comprend qu'elles sont les garantes de sa liberté. Sa vertu est de leur obéir. Il se plie donc toujours de lui-même à la volonté générale. Les citoyens sont ainsi le soutien de l'Etat, et les meilleurs garants des lois. C'est parce que cette volonté générale est devenue une seconde nature pour eux que Jean-Jacques Rousseau parle de citoyens "dénaturés" .
Si l'homme naturel "est tout pour lui" et " n'a de rapport qu'à son semblable ", le citoyen au contraire n'existe que par rapport au tout de la cité ; " il a une existence fractionnaire". Si on menace la cité à laquelle il s'identifie, il réagit comme s'il défendait sa propre vie. Le citoyen est tout le contraire d'un esclave, c'est un sujet politique libre.
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