 Môtiers © Collection Jean-Jacques Monney, Genève
Inquiété par les autorités bernoises, Jean-Jacques Rousseau doit quitter Yverdon en juillet 1762. Il trouve alors refuge chez Madame Boy de La Tour, la nièce de Daniel Roguin, à Môtiers. Situé dans le Val-de-Travers, ce village dépend de la principauté de Neuchâtel, et Rousseau s'empresse de demander l'autorisation de séjourner à Môtiers : le roi de Prusse, dont dépend cette région, lui accorde alors sa protection.
Dans les environs du village, Jean-Jacques herborise avec le docteur d'Ivernois et trouve l'occasion de nouvelles promenades. Aussi songe-t-il à s'installer définitivement à Môtiers :
"Je trouvais le séjour de Môtiers fort agréable, et pour me déterminer à y finir mes jours il ne me manquait qu'une subsistance assurée ; mais on y vit assez chèrement " (Confessions).
Rousseau, toutefois, se distingue trop manifestement du reste de la population qui, par exemple, s'étonne de le voir habillé en arménien. Surtout, entre octobre 1763 et mai 1764, il rédige les Lettres écrites de la montagne, qui provoquent un véritable scandale.
Le vicaire de Môtiers, Montmollin, avec lequel Rousseau entretenait jusqu'alors de bons rapports, condamne les écrits du philosophe et, selon les Confessions, l'insulte devant la population : le 6 septembre 1765, on lance des pierres contre la maison de Jean-Jacques qui, très abattu, quitte Môtiers le 8 septembre.
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