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Essai sur l’origine des langues © INCOPROM SA Genève
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La datation précise de ce texte souleva de nombreux débats : Rousseau, en effet, engagea sa rédaction dès 1754 et ne l'acheva qu'en 1761. L'Essai fut publié en 1781. L'intérêt de cet ouvrage tient d'abord à ce qu'il inscrit les spéculations sur la musique sous l'horizon plus général de l'anthropologie rousseauiste.
L'histoire des langues anciennes et modernes décrite dans l'Essai établit la subordination de l'harmonie par rapport à la mélodie, en même temps qu'elle met en évidence la véritable origine des langues.
Contre Condillac, Rousseau affirme que les langues ne sont pas nées du besoin, mais des mouvements de la sensibilité : "L'effet naturel des premiers besoins fut d'écarter les hommes et non de les rapprocher " ; au contraire, " toutes les passions rapprochent les hommes que la nécessité de chercher à vivre force à se fuir ". Et les passions (comme l'a montré le père Lamy) impriment aux premières langues les accents que la mélodie peut seule restituer, de sorte que l'harmonie n'apparaît jamais que comme un supplément tardif - c'est également le cas de l'écriture. Notons que l'Essai devait compléter le Discours sur l'origine de l'inégalité : mais les deux textes comportent certaines différences significatives. Dans le Discours, Rousseau reconnaît à l'homme de la nature deux dispositions primitives : l'amour de soi et la pitié. Dans l'Essai sur l'origine des langues, la pitié devient une dérivation de l'amour de soi, suscitée par la passion. Cette structure se retrouvera dans l' Emile.
La datation précise de ce texte souleva de nombreux débats : Rousseau, en effet, engagea sa rédaction dès 1754 et ne l'acheva qu'en 1761. L'Essai fut publié en 1781. L'intérêt de cet ouvrage tient d'abord à ce qu'il inscrit les spéculations sur la musique sous l'horizon plus général de l'anthropologie rousseauiste. L'histoire des langues anciennes et modernes décrite dans l'Essai établit la subordination de l'harmonie par rapport à la mélodie, en même temps qu'elle met en évidence la véritable origine des langues. Contre Condillac, Rousseau affirme que les langues ne sont pas nées du besoin, mais des mouvements de la sensibilité : " L'effet naturel des premiers besoins fut d'écarter les hommes et non de les rapprocher " ; au contraire, " toutes les passions rapprochent les hommes que la nécessité de chercher à vivre force à se fuir ". Et les passions (comme l'a montré le père Lamy) impriment aux premières langues les accents que la mélodie peut seule restituer, de sorte que l'harmonie n'apparaît jamais que comme un supplément tardif - c'est également le cas de l'écriture. Notons que l'Essai devait compléter le Discours sur l'origine de l'inégalité : mais les deux textes comportent certaines différences significatives.
Dans le Discours, Rousseau reconnaît à l'homme de la nature deux dispositions primitives : l'amour de soi et la pitié. Dans l'Essai, la pitié devient une dérivation de l'amour de soi, suscitée par la passion. Cette structure se retrouvera dans l'Emile.
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