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Lettre à d’Alembert sur les spectacles © INCOPROM SA Genève
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Dans l'article "Genève" de l'Encyclopédie, d'Alembert regrettait que cette ville florissante ne possédât pas un théâtre. Rousseau lui répond en septembre 1758 dans un texte dont le titre même oppose la modestie du citoyen aux lauriers de l'encyclopédiste : J.-J. Rousseau citoyen de Genève à M. d'Alembert, de l'Académie Française, de l'Académie Royales des Sciences de Paris, de celle de Prusse, de la Société Royale de Londres, de l'Académie Royale des Belles-Lettres de Suède, et de l'Institut de Bologne, sur son article Genève.
Rousseau établit que le théâtre, comme tous les spectacles, ne montre jamais les choses telles qu'elles sont, mais telles qu'il plaît au public de les voir. L'analyse du Misanthrope montre ainsi que le souci de l'homme de métier n'est jamais de réformer les mœurs, mais de produire son effet.
Le théâtre est donc irréformable, quoi qu'en pense Diderot : dans le genre comique, on ne rit jamais des vices mais seulement des vertus.
Ce remarquable commentaire du travail de Molière s'inscrit dans une réflexion plus générale sur l'importance de l'opinion publique, que le gouvernement doit savoir manipuler sans recourir aux lois : "Par où le gouvernement peut-il donc avoir prise sur les mœurs ? Je réponds que c'est par l'opinion publique " .
L'exemple du théâtre atteste que les changements de l'opinion revêtent une importance extrême dans un Etat vertueux, de sorte qu'il ne faut pas prendre le risque d'introduire à Genève les plaisirs des scènes parisiennes.
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