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Lettres écrites de la Montagne © INCOPROM SA Genève
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Rédigées entre le 25 octobre 1763 et le 10 mai 1764, les Lettres écrites de la montagne sont éditées par Rey en 1764. Après la publication de l'Emile et du Contrat social, le Petit Conseil de Genève condamne à son tour Rousseau, adoptant ainsi la même attitude que les autorités françaises et catholiques : le procureur général de Genève, Tronchin, fait alors paraître les "Lettres écrites de la campagne", dans lesquelles il prétend réfuter Rousseau.
Les Lettres écrites de la montagne (il faut noter la référence évangélique au sermon sur la montagne) que Jean-Jacques écrit à Môtiers reprennent donc, pour les défendre, les thèses des deux ouvrages condamnés : mais elles en appliquent les arguments au cas particulier de la ville natale de Rousseau, dont l'auteur critique d'une part, à partir de la Profession de foi du vicaire savoyard, l'intolérance en matière religieuse et, d'autre part, la situation politique, qui correspond au processus de dégénérescence de la démocratie décrit dans le Contrat social.
Ces Lettres écrites de la montagne ont pour objet de montrer que la Genève moderne ne correspond pas aux principes moraux et politiques qui devraient gouverner cette cité - les ennemis de Rousseau reproduisent l'attitude dogmatique dont les réformés entendaient précisément se débarrasser :
"Qu'on me prouve aujourd'hui qu'en matière de foi je suis obligé de me soumettre aux décisions de quelqu'un, dès demain je me fais catholique, et tout homme conséquent et vrai fera comme moi".
Et puisque les institutions politiques n'obéissent plus à la règle de leur établissement, Rousseau finira par renoncer à sa condition de citoyen de Genève.
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