 Le site de Zimbabwe Les ruines du Grand Enclos de Zimbabwe sont un témoignage unique de la civilisation bantoue des Shona entre le XIe et le XVe siècle. Zimbabwe, d'une superficie de 80 ha fut un centre d'échanges important ; on en conserve d'importants vestiges, dont le Grand Enclos, construit en blocs de granite, et dont les murailles extérieures atteignaient près de 11 m de hauteur.
Document Hachette Multimédia Du royaume de Monomopata aux Ngoni
Au sud du continent, on connaît
à la suite de fouilles archéologiques et des récits
des premiers voyageurs portugais l'existence des royaumes du
Grand Zimbabwe. Des conditions particulièrement favorables
à leur épanouissement (fertilité des terres,
importants gisements d'or) n'expliquent qu'en partie
les causes de leur rayonnement et le caractère très
urbain de leur civilisation. Les sites archéologiques
s'étendent sur plusieurs centaines de km
2
. Parmi les différents royaumes du
Grand Zimbabwe, le plus puissant fut celui de Monomopata, dont
l'existence remonte peut-être au XII
e
siècle.
Au XV
e
siècle, il dominait bon
nombre de petits Etats et chefferies et occupait un vaste
territoire. Le commerce de l'or avec la côte permit au
royaume de se connecter aux réseaux marchands de
l'océan Indien. Mais au XVI
e
siècle, il déclina: les
pouvoirs locaux acquirent peu à peu leur indépendance.
Les Portuguais imposèrent progressivement leur domination
économique, et, au XVII
e
siècle, contraignirent le roi
à signer un traité leur cédant le produit de ses
mines.
Au XIX
e
siècle, les Ngoni, chassés
par les Zoulous d'
Afrique du Sud,
ravagèrent le pays et anéantirent le royaume, qui
céda la place au royaume Rowzi. Dans les
années 1830, les Ndébélé, apparentés
aux Zoulous, envahirent à leur tour le sud du pays et
fondèrent un royaume.
Le site archéologique
Le site archéologique de l'Etat
du
Zimbabwe, auquel
il a donné son nom à été découvert par un
explorateur allemand, Adam Render, en 1868, les ruines de Zimbabwe,
les plus spectaculaires de l'Afrique subsaharienne,
s'étendent sur plus de 7 km
2
, à la limite sud du plateau du
Zimbabwe, dans la région de partage des eaux entres les
fleuves Limpopo et Zambèze. Les fouilles entreprises par
l'archéologue britannique Theodore Bent, à partir de
1902, puis par l'égyptologue David Randall-MacIver en
1905, ont montré que le site fut habité au moins depuis
le V
e
siècle par des populations de
chasseurs et d'agriculteurs.
Les ruines comprennent plusieurs groupes
d'édifices en pierre sèche (en langue shona
dzimbabwe signifie «maison de pierre») et sans
fondations, répartis autour d'une acropole
fortifiée, accessible par un étroit chemin creusé
dans le roc. Cette fortification, dont les murailles ont
près de 11 m de hauteur, délimite une enceinte
ovale de 100 m de long et de 45 de large. Au sud de
cette colline, le monument le plus significatif, probablement un
lieu consacré à des cérémonies initiatiques,
est un vaste enclos elliptique dont le mur extérieur, long
de 240 m, s'élève à près de
10 m de hauteur; à l'intérieur se dressait une
tour conique de 9 m de hauteur et de 5,5 m de
diamètre à la base.
Les vestiges mis au jour dans ces
constructions (IX
e
-XV
e
s.) témoignent de
l'originalité de la culture de Zimbabwe; on a notamment
trouvé des sculptures d'oiseaux en stéatite (les
archéologues supposent que ces représentations, dont
certaines ont plus de 40 cm de haut, et qui devaient
être posées au sommet de petites colonnes, étaient
liées au culte des ancètres) et du matériel pour
la métallurgie de l'or.
Les nombreux objets d'importation qui
ont été découverts à Zimbabwe (en provenance de
Perse, de l'
Inde et de la
Chine du début de
la dynastie Ming)
témoignent de l'importance de cette cité, qui fut
florissante dès le XIV
e
siècle, et des relations
commerciales que le peuple Shona entretenait avec les pays
lointains par les ports musulmans de l'océan Indien. Les
archéologues estiment à 10'000 personnes sa
population à l'époque de son apogée. Le site fut
abandonné vers 1700.
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