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L'art de la Renaissance en France


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Diptyque de Melun (vers 1452)
Jean Fouquet a ici représenté la Vierge sous les traits d'Agnès Sorel. La Vierge d'Anvers, à la carnation d'une extrême pâleur, entourée d'anges rouges et bleus (des chérubins et des séraphins), se détache de façon frontale d'un fond bleu abstrait.
Musée des Beaux-Arts, Anvers

L'art français du XVe siècle, à l'instar de l'art allemand, subit de plus en plus nettement l'influence de l'école flamande. Le peintre Jean Fouquet - auteur du Diptyque de Melun (vers 1452) et de plusieurs portraits, dont celui de Charles VII (vers 1450-1460) - et Enguerrand Quarton - à qui l'on doit une Vierge de miséricorde (1452) et la célèbre Pietà de Villeneuve-lès-Avignon (vers 1454-1456) - se montrent cependant également sensibles à l'art contemporain italien. En introduisant dans leurs Suvres des éléments de clarté et de stabilité, ils parviennent à une fusion, unique en son genre, du poids de la tradition et du dessin réaliste tenant d'un art du portrait où transparaît le vécu personnel.  

A l'aube du XVIe siècle, les styles italiens jouissent d'une très grande popularité en France, où se rendent des artistes qui oeuvreront pour François I: Léonard de Vinci, le sculpteur et orfèvre Benvenuto Cellini - auteur, notamment, de la somptueuse Salière de François Ier et d'un haut-relief en bronze, la Nymphe de Fontainebleau -, le Primatice, le Rosso Fiorentino et Nicolo Dell'Abate. Les artistes français n'ayant dans un premier temps assimilé que d'une manière relativement superficielle les caractéristiques de la Renaissance italienne, il s'ensuit des ruptures de style saisissantes dans des formes artistiques encore inspirées du Moyen Age, comme en témoignent des constructions de styles mélangés, tel le château de Blois (1515-1520), qui intègre des éléments d'ornementation monumentale italiens à une architecture gothique flamboyante.  

La construction des colossaux châteaux de Chambord et de Fontainebleau, à la décoration exubérante, redonne vie à l'architecture. L'atelier royal, installé au château de Fontainebleau, devient un foyer important, connu sous le nom d'école de Fontainebleau, qui, par l'élégance affectée et les fantaisies complexes dans lesquelles elle associe la sculpture, la peinture et l'architecture, représente l'âge d'or du maniérisme français.  

Au milieu du XVIe siècle percent un grand nombre de maîtres français talentueux, dont l'architecte Philibert Delorme, qui réaffirment un style classique fondé sur la mesure et les proportions. Le peintre François Clouet crée pour le portrait de cour un style extrêmement soigné et sensuel. La sculpture est dominée par les figures de Germain Pilon (gisants de marbre de Henri II et de Catherine de Médicis pour la basilique Saint-Denis; les Trois Grâces, monument funéraire du cSur de Henri II) et de Jean Goujon (fontaine des Innocents, qu'il dote de cinq grandes figures de nymphes, 1549; tribune des Caryatides, au Louvre, 1550). Le plus parfait chef-d'oeuvre est peut-être le groupe de Diane chasseresse, réalisé pour le château d'Anet, et dont la figure féminine est généralement tenue pour un portrait de Diane de Poitiers. Si on ne peut formellement attribuer cette sculpture à Jean Goujon, de nombreuses caractéristiques permettent d'écarter, en particulier, le Primatice ou Cellini: avec cette oeuvre, la Renaissance a trouvé une expression authentiquement française.


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