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Tariq ibn Ziyad Général musulman omeyyade, né prés de Constantine (Algérie), d'origine berbère, qui a conquis toute la péninsule ibérique en 711 à la tête de dix mille hommes. Il était connu pour son grand gabarit ainsi que pour son génie en matière de guerre.
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Des raids aux conquêtes
Au VIe siècle, à la veille de l'Islam, la cohésion de la communauté arabe est encore mal assurée. C'est à Abou Bakr, le premier calife (632-634), que revient la tâche de guider les croyants: l'adhésion à l'islam implique l'appartenance à l'umma, à la communauté des croyants, et la reconnaissance de l'autorité du calife.
Mais de nombreuses tribus d'Arabie refusent de se soumettre, et il faut toute la détermination du calife pour endiguer les révoltes et prendre le contrôle de l'Arabie. Il faut aussi fournir un exutoire à l'effervescence des Arabes, assurer la reprise des activités commerciales et donner à tous les croyants un but commun. Et si les premières expéditions organisées au temps d'Abou Bakr vers l' Irak et la Syrie se situent dans la tradition des opérations de pillage, elles vont très vite faire place, devant la faiblesse de l'adversaire, à de véritables conquêtes.
Le règne d'Omar I
Sous le règne
d'Omar I
er
(634-644), désigné par Abou Bakr
pour lui succéder, la majeure partie du Proche-Orient passe
sous domination arabe. La Syrie-
Palestine est
conquise de 634 à 639: occupation de Damas en 635, grande
victoire contre les forces
byzantines
en 636 sur la rivière Yarmouk, reddition de
Jérusalem en 638. La Mésopotamie est conquise dans
les mêmes années: en
Irak, victoire de
Qadisiyya sur les
Perses sassanides
en 637 et chute de leur capitale
Ctésiphon-Séleucie.
Puis les Arabes continuent leur
avancée vers l'est: en 642, victoire de Nehavend en
Iran; prise de Rey en 644; occupation du Khorasan en 651.
Ces conquêtes marquent la chute définitive des
Sassanides, déjà affaiblis au cours des siècles
précédents par leurs luttes contre les Romains et les
Huns. L'
Egypte est
conquise à partir de la Syrie: Alexandrie est occupée
en 642 (reprise un temps par les Byzantins, la ville passe
définitivement aux mains des Arabes en 646). La haute
Mésopotamie
est conquise dans les années 639-641, l'Arménie
est soumise en 645-646.
De l'Arménie à l'Asie centrale
Sous les califes qui succèdent à
Omar, Othman (644-656) et Ali (656-661), les conquêtes
marquent un temps d'arrêt; la nécessité
d'organiser les territoires nouvellement gagnés à
l'islam, mais surtout des dissensions internes, obligent pour
un temps les Arabes à mettre fin à leurs
expéditions.
Il faut attendre l'arrivée au
pouvoir de Moawiyya, le premier des califes
omeyyades
(661-750), pour que reprenne la politique d'expansion qui
porte les frontières de leur empire de l'Atlantique aux
confins de l'Inde. Vers l'est, la Transoxiane, avec
Boukhara et Samarkand, est conquise entre 705 et 714.
Si
l'Indus est
atteint en 710, les troupes omeyyades doivent toutefois se
replier légèrement. En revanche, les Arabes maintiennent
leur hégémonie jusqu'aux confins de l'Asie
centrale grâce à leur victoire sur des princes du
Turkestan et leurs alliés chinois, à Talas, en 751.
L'échec de la prise de Constantinople
Leur objectif majeur reste cependant la
prise de Constantinople: entre 680 et 716, plusieurs
expéditions maritimes précèdent le grand siège
de 716-717.
Vaincus par les
Byzantins, les
Arabes doivent renoncer à cette conquête, qui reste
néanmoins un rêve, réalisé en 1453 par les
Ottomans.
La conquête du Maghreb
La conquête du
Maghreb est
conduite à partir de l'Egypte. La fondation de Kairouan,
en 670, marque définitivement l'installation des
Arabes en Ifriqiya, nom donné à l'ancienne province
romaine d'Afrique, qui correspond approximativement à la
Tunisie et au
Constantinois actuels.
Après la conquête
définitive de Carthage en 698 et la victoire sur les
Berbères en 702, le nouveau gouverneur, Moussa ibn
Nossayr, soumet le Maghreb jusqu'à l'Atlantique
en 708.
L'Espagne
L'Espagne tombe bientôt sous la domination arabe. Tariq ibn Ziyad, chef berbère devenu lieutenant de Moussa ibn Nossayr, franchit le détroit de Gibraltar en 711, bat le roi wisigoth Rodrigue et occupe Cordoue et Tolède. Vers 714, Moussa ibn Nossayr le rejoint en Espagne et prend Saragosse. Les deux chefs occupent la majeure partie de la péninsule Ibérique. En 716, une nouvelle province musulmane, al-Andalous (l'Andalousie), est constituée.
La Gaule
Ce pays est à son tour soumis aux
incursions des Arabes. Pendant plusieurs décennies, ils
lancent des raids sur le Languedoc, la Provence et la vallée
du Rhône.
Une expédition plus audacieuse, dont
le but est sans doute l'abbaye Saint-Martin de Tours, est
arrêtée par
Charles Martel
à Poitiers en 732, date célèbre qui marque
moins l'arrêt des conquêtes arabes que la victoire de
l'ancêtre des
Carolingiens.
En effet, les Arabes se maintiennent pendant plusieurs
décennies dans certaines villes du Sud, dont Narbonne, reprise
en 759 par
Pépin le
Bref.
Les facteurs de l'expansion
Malgré ces coups d'arrêt et
ces replis, le résultat des conquêtes est extraordinaire:
en l'espace d'un siècle, les Arabes se sont rendus
maîtres d'un immense empire; ils ont reconstitué
l'œuvre
d'Alexandre le
Grand en réunissant sous une même bannière les
territoires de l'Orient perse, du Proche-Orient
gréco-sémitique et du Bassin méditerranéen. Un
tel succès s'explique par la conjonction de plusieurs
facteurs.
Religion et société
Les conquêtes arabes ont souvent été
analysées comme l'expression d'un grand zèle
religieux, voire d'un fanatisme, qui aurait animé des
hommes nouvellement convertis à une religion: avec
l'enthousiasme des néophytes, ils auraient voulu gagner
tous les peuples à l'islam. La réalité de ces
conquêtes dément cette vision.
D'une part, elles ne furent pas
systématiquement suivies de conversions forcées;
d'autre part, les conditions climatiques difficiles de
l'Arabie ont entraîné, de tout temps,
d'importantes migrations vers les régions du Croissant
fertile. Mais ces facteurs ne peuvent rendre compte, à eux
seuls, de ce vaste mouvement d'expansion. La politique de
conquêtes mise en œuvre par les califes permet de
canaliser l'agitation chronique des tribus nomades et
d'étendre la domination de l'islam. Elle va de pair
avec la prédication coranique: appel à la guerre contre
les infidèles et promesse de butin.
La cause profonde de l'expansion arabe
réside sans doute dans le lien entre le message
prophétique et le phénomène social et politique
qu'il a suscité. La guerre de conquêtes est bien
constitutive de la Révélation que Dieu a transmise aux
hommes par l'intermédiaire du prophète
Mahomet.
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