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Dossier(s) : Epoques > Moyen Age > L'Empire byzantin > 

Le nouvel Empire


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Sommaire

 Le cadre religieux
 Une économie longtemps prospère
 La société
 Une vie intellectuelle intense

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L'empereur Constantin I le Grand

Pour ses dirigeants, comme pour ses sujets, le nouvel Empire ne cessera jamais d'être «romain». Acclamé par l'armée, le sénat et le peuple, l'empereur reste avant tout un magistrat «romain». Par ailleurs, il prétendra toujours que son fils doit lui succéder, prenant la précaution de le couronner très jeune. Ce principe dynastique, qui n'avait à Byzance aucune base juridique, s'ancra de plus en plus solidement à partir de la dynastie d'Héraclius (610).

Le cadre religieux
La dimension chrétienne de la charge apparaît au cours des VIe et VIIe  siècles, lorsque la titulature impériale prend sa forme définitive: basileus autocrator et fidèle dans le Christ. Sur les monnaies, l'effigie du Christ ou de la Vierge, ou encore une représentation de la croix, remplace le motif traditionnel de la victoire impériale. De même que Dieu est unique, il ne peut régner qu'un seul empereur, son représentant sur terre, auquel tous les autres princes doivent respect et obéissance. Si par malheur un souverain ne suit plus les préceptes chrétiens de justice et de philanthropie, il devient alors un «tyran» et Dieu l'abandonne. Ainsi s'expliquent les usurpations réussies, Dieu ayant choisi un nouvel empereur plus conforme à l'idéal chrétien.  

Mise en place de l'Eglise
La période protobyzantine se caractérise par la mise en place des structures de l'Eglise, devenue officielle, et par la définition progressive du dogme orthodoxe. Le christianisme, religion impériale, voit sa propagation favorisée par l'espoir que l'Etat retrouvera son unité autour d'un culte unique. L'évêque de la nouvelle Rome, qui bénéficie de l'installation de l'empereur dans sa ville et finit par obtenir la parité avec le pape de l'ancienne Rome, concède toutefois à ce dernier le privilège de l'ancienneté.  

Dès Constantin I le Grand, l'empereur se croit autorisé à intervenir dans les affaires de l'Eglise, y compris sur les questions concernant la Trinité et la double nature, humaine et divine, du Christ. En 451, le concile de Chalcédoine, à l'origine du dogme orthodoxe, rejette à la fois le nestorianisme, qui nie la nature divine du Christ, et le monophysisme, qui refuse sa nature humaine: le Christ est à la fois pleinement homme et pleinement Dieu. Cependant, en Syrie et en Egypte, les monophysites restent dominants.  

Dès le V e  siècle, en partie en réaction contre l'Eglise séculière, le monachisme se développe dans les provinces orientales sous l'égide de saint Antoine et de saint Pacôme. D'abord le simple fait d'ascètes, dont les stylites sont les plus connus (saint Siméon), ce mouvement est ensuite repris en main par l'Eglise, qui favorise une organisation plus collective en créant les laures (dont celle de Saint-Sabas à Jérusalem), ainsi que les couvents cénobitiques où les moines vivent regroupés sous l'autorité d'un higoumène. Cette dernière forme, dominante dans l'Empire byzantin, notamment dans les montagnes isolées de l'Olympe, de Bithynie et de l'Athos en Chalcidique, n'a jamais été définie par une règle générale, mais s'est inspirée des écrits de Théodore, higoumène du Stoudios à Constantinople (IX e  siècle).  
 


Une économie longtemps prospère
Constantin crée le sou d'or, le nomisma (4,3 g), qui devient une des monnaies les plus stables que le monde ait jamais connues, puisqu'elle ne fut pas dévaluée avant le XI e  siècle. Elle soutient une économie d'échanges importants, assure la solde des troupes et constitue une arme diplomatique, par l'attraction qu'elle exerce toujours sur les chefs barbares. Le paiement de lourds tributs extérieurs, ou le versement de soldes à des étrangers, ne sont pas nécessairement une cause d'affaiblissement, car les bénéficiaires dépensent souvent ces sommes en achetant les prestigieux produits de luxe: ainsi Byzance récupère-t-elle une bonne partie de l'or exporté.  

Le ravitaillement de Constantinople détourne le trafic du blé égyptien, destiné à Rome, vers la nouvelle capitale. Seule innovation notable: le commerce de la soie, provenant de l'Asie centrale - par l'intermédiaire des Perses jusqu'aux ports de Palestine - qui passe aux mains de puissantes sociétés commerciales. Des vers à soie sont même soustraits aux Perses, ce qui donne naissance à la plus réputée des industries de Byzance.  

L'Orient n'échappe pas complètement aux effets des invasions, mais dans l'ensemble les provinces restent bien peuplées et bien cultivées. L'image, trop souvent négative du Bas-Empire, s'applique donc mal à la partie orientale de celui-ci, même si des différences régionales existent.  
 

La société
La croissance démographique se maintient aux IV e et V e  siècles, plafonne au siècle suivant, qui est surtout marqué par des catastrophes naturelles (tremblements de terre à Antioche, épidémies de peste) auxquelles s'ajoutent les incursions perses.  

La grande propriété se développe au détriment des paysans libres. Les grands bénéficiaires de cette évolution sont les sénateurs, le fisc, la couronne, l'empereur et l'Eglise. Cette dernière tire avantage des nombreuses donations reçues et du caractère inaliénable de ses biens; les évêchés et les fondations charitables en profitent plus que les monastères, encore peu nombreux.  
 

Une vie intellectuelle intense
La culture hellénique est sauvegardée et reste longtemps à l'honneur, même après le triomphe du christianisme. Dès le IV e  siècle, Constance II puis ses successeurs rassemblent les œuvres de la littérature grecque antique et dotent Constantinople d'une grande bibliothèque, opération qui se révélera capitale pour la conservation de ce matériel.  

La formation des agents de l'Etat et du haut clergé, en partie commune, exige le maintien d'un enseignement favorisé, sinon assuré, par l'Etat pendant tout le Moyen Age. Mais il apparaît, d'après les nombreux noms des professeurs qui nous sont parvenus, que c'est aux IVe et Ve siècles que règne la plus grande activité. La capitale ne monopolise pas encore la formation des élites, et des écoles importantes subsistent à Alexandrie, Antioche, Beyrouth (pour le droit), Edesse (centre de culture syriaque), à Athènes enfin où survit de plus en plus médiocrement un centre de culture païenne jusqu'à sa fermeture par Justinien (529).  

Ce sont les juristes de la capitale, sous la direction de Tribonien, qui rédigent le Code justinien dont l'influence se fait durablement sentir jusqu'en Occident. L'Eglise établit le droit canonique dont les rapports avec la législation impériale resteront complexes.  

Si les chrétiens gardent la paideia (préceptes grecs) pour l'éducation des jeunes enfants, l'étude des philosophes antiques cède la place à celle des Pères de l'Eglise (entre autres, les Cappadociens, Basile de Césarée, Grégoire de Nysse, Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople). La littérature byzantine y cherche désormais ses références et adopte de nouvelles formes, telle l'hagiographie.  
 

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Pour en savoir plus
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