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L'art byzantin


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Sommaire

 L'architecture
 La mosaïque et la peinture
 Les arts décoratifs

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Le Christ Pantocrator
Célèbre mosaïque byzantine du XIIe siècle se trouvant dans l'Église de la Sainte Sagesse (Hagia Sophia) à Istanbul.


On appelle généralement « byzantin » l'art produit entre la création de l'Empire byzantin (330) et la prise de Constantinople par les Turcs (1453). Si, à partir du XII e  siècle, l'Empire byzantin ne comprend plus, hormis sa capitale, que quelques enclaves, son influence artistique et culturelle dépasse encore à cette époque très largement ses anciennes frontières.

L'architecture
Si elle connaît de nombreuses variantes régionales aux IV e et V e  siècles, l'architecture sacrée byzantine se développe selon les deux structures de base de l'architecture chrétienne des origines: le plan longitudinal des basiliques, destinées à la célébration des offices, et le plan rayonnant d'édifices comme les baptistères ou les martyria, sanctuaires - en rotonde, cruciformes ou polygonaux - où sont conservés et vénérés les reliques ou le corps d'un martyr.

Les basiliques
Le plan basilical romain est utilisé jusqu'au VIe siècle, comme à Sant'Apollinare in Classe (vers 549) près de Ravenne, en Italie, et au monastère de Sainte-Catherine au mont Sinaï (vers 560), qui présentent une abside ornée, au-dessus de l'autel, de somptueuses mosaïques. Pendant le règne de l'empereur Justinien Ier, on commence à adopter pour les églises le plan rayonnant des martyria. C'est le cas à Saints-Serge-et-Bacchus de Constantinople (527-536), ainsi qu'à San Vitale de Ravenne (532-547), au plan octogonal.  

Le sanctuaire le plus remarquable est sans doute Sainte-Sophie de Constantinople (532-537), due aux architectes Anthémios de Tralles et Isidore de Milet; son axe longitudinal est dominé par une immense coupole centrale, et son aspect extérieur massif contraste avec l'apparence de légèreté de la construction intérieure, où pénètre généreusement la lumière. D'après des textes syriens du VII e siècle, cette église représente le monde dominé par la voûte céleste d'où descend le Saint-Esprit pendant l'office. A partir de cette époque, la plupart des églises byzantines héritent de ce plan rayonnant dominé par une vaste coupole - sans qu'aucune n'atteigne une telle complexité de l'agencement - ainsi que du symbolisme cosmique, tandis que se renforce le rapport entre architecture, ornementation et liturgie.  

Eglises en croix grecque
Les trois siècles de chaos qui suivent la mort de Justinien, en 565, sont marqués par peu de projets architecturaux importants. Toutefois, pendant la renaissance de la fin du IX
e  siècle, qui se poursuit au X e  siècle, sont édifiées les églises byzantines classiques, généralement petites mais très richement ornées de mosaïques. L'église type, dont l'agencement intérieur devient visible extérieurement, comprend alors une coupole centrale entourée de quatre voûtes disposées de façon à former une croix dite «grecque», aux branches d'égale longueur. C'est aussi à cette époque qu'apparaît de plus en plus fréquemment l'iconostase, une cloison recouverte d'icônes (images du Christ, de la Vierge ou des saints, souvent peintes sur bois et recouvertes d'or ou d'argent) et percée d'une porte centrale, séparant le chœur du reste de l'église. Cette disposition est intimement liée à la liturgie byzantine: le mystère de la messe, célébrée à huis clos mais accompagnée de somptueuses processions symbolisant les manifestations divines, s'en trouve intensifié. Entre le milieu de la période classique et l'époque moderne, l'église byzantine en croix grecque ne connaît aucun changement fondamental. Son modèle sera appliqué, jusqu'au XVIII e  siècle, aux églises orthodoxes de Russie et des régions balkaniques.  

La mosaïque et la peinture
Les débuts de l'art byzantin coïncident avec l'aube du christianisme. La condamnation de l'idolâtrie païenne s'accompagne d'un rejet de la représentation picturale de figures ou d'histoires saintes. Bien que les exceptions soient très nombreuses, on préfère aux scènes figuratives des représentations symboliques ou organisées de façon si complexe que la vénération d'une figure isolée devient pratiquement impossible.  

Les mosaïques de San Vitale
Les somptueuses mosaïques de San Vitale de Ravenne (546-548) ont pour thème principal l'offrande au Christ. Celui-ci est représenté recevant une reproduction miniature de l'église des mains de l'évêque Ecclesius et offrant une couronne de martyr à son patron saint Vital. Le même thème de l'offrande se retrouve dans des scènes de l'Ancien Testament représentant Abel, Abraham et Melchisédech, ainsi que dans le célèbre diptyque de l'empereur Justinien et de l'impératrice Théodora.  

La vénération des images
Après 550, les restrictions en matière de représentation s'estompent et, au VII
e  siècle, on trouve dans les églises Saint-Démétrios, à Thessalonique, en Grèce, et Santa Maria Antiqua, à Rome, de petits panneaux votifs suspendus à hauteur des yeux et représentant des figures de saints isolées. Ce style fait écho au diptyque de Théodora à San Vitale où les personnages longilignes, aux yeux immenses, sont représentés de face, en une pose hiératique. Ces panneaux votifs, comme les icônes - qui connaissent un développement particulier à cette époque -, invitent à la vénération des figures saintes.  

L'iconoclasme
Entre 726 et 843, avec la doctrine de l'iconoclasme, toutes les représentations de figures religieuses sont systématiquement détruites ou masquées, tandis que les insoumis sont impitoyablement persécutés. Ainsi l'art religieux se trouve-t-il réduit à la représentation de la croix, d'oiseaux et de plantes symboliques, comme on peut en voir sur les mosaïques du VIIIe siècle de l'église Saint-Irénée de Constantinople. C'est l'art profane qui permettra, au cours de la période suivante, la renaissance d'un art figuratif.  

Renaissance macédonienne
Vers la fin du IX
e  siècle, l'art sacré byzantin entre dans son second âge d'or, souvent appelé «renaissance macédonienne» en raison du nom de la dynastie régnante. Les artistes de cette époque puisent directement et abondamment dans l'héritage classique gréco-romain. L'art religieux représente alors à nouveau des figures en trois dimensions, bien modelées, dans un style plutôt naturaliste, souvent caractérisées par une grande retenue et un port noble, telle la mosaïque de la Vierge à l'Enfant (867), dans l'abside de Sainte-Sophie.

Au fur et à mesure que se répand le type de l'église en croix grecque s'y intègre ce type de représentation, comme dans les églises de Saint-Luc (vers 1000), en Phocide (Grèce centrale), et, près d'Athènes, dans celle de Dháfni (vers 1100). Dans cette dernière, le Christ Pantocrator (Christ en gloire) domine la coupole centrale, et la Vierge, instrument de l'incarnation du Christ, est représentée dans l'abside, au-dessus de l'autel. Au-dessous, l'Eglise est figurée par l'assemblée des saints et dans la partie la plus élevée des voûtes sont représentées les principales scènes de la vie du Christ. Ces scènes, qui correspondent aux principales fêtes religieuses byzantines, sont aussi appelées «cycle des fêtes» et sont là pour rappeler les événements de la vie du Christ qui ponctuent la pratique religieuse quotidienne.  

Mosaïques et fresques de l'époque des Paléologues
Après la prise et le sac de Constantinople lors de la quatrième croisade, en 1204, le développement de l'art byzantin se trouve sérieusement ralenti, mais pas de façon irréversible. Pendant la période qui suit la reconstruction de l'Empire (1261), Constantinople, où règne la dynastie des Paléologues, connaît une magnifique renaissance artistique. Les splendides mosaïques et les fresques de la petite église de Saint-Sauveur in Chora (Kahriye Camii), à Constantinople, datent du début du XIV
e  siècle et allient raffinement et sensibilité, tout comme, dans le narthex, les saisissantes fresques d'Anastase, représentant le Christ descendant en enfer. Dans sa phase ultime, la peinture byzantine gagne en expressivité et en qualités décoratives, que l'on retrouve dans les fresques des églises du despotat de Mistra, en Grèce du Sud. Ces fresques, qui datent de l'époque de la prise de Constantinople par les Turcs (1453), marquent la fin de l'art byzantin en tant que tel: à partir de la domination turque, cet art périclite dans son territoire d'origine, et ne trouvera plus à s'exprimer que dans le tout jeune Etat de Russie, où l'Eglise orthodoxe reste prépondérante.  

Les arts décoratifs
A Byzance, les arts décoratifs tels l'enluminure, le travail de l'ivoire et du métal, les émaux et la production de textiles atteignent un degré de perfection alors rarement égalé en Occident. Un grand nombre d'objets précieux sont produits pour la cour impériale, pour les autels des églises ou pour servir de présents diplomatiques à l'étranger: c'est le cas de la croix de Saint-Stéphane de Hongrie. Au Moyen Age, les monarques et les ecclésiastiques du monde occidental sont très friands de cette production, fréquemment copiée localement. Depuis que, en 555, l'empereur Justinien a fait rapporter de Chine des œufs de bombyx, Byzance est passée maître dans le tissage de la soie, très prisée, et servant notamment à envelopper les reliques.  

L'enluminure
L'enluminure des manuscrits joue un rôle décisif dans le développement de l'art byzantin, tout en perpétuant d'anciennes traditions. Deux somptueux manuscrits produits au cours de la période préiconoclaste, les Evangiles de Rossano (Musée archiépiscopal de Rossano, Italie) et le fameux manuscrit de la Genèse (Nationalbibliothek, Vienne), sont les plus remarquables exemples. Tous deux présentent de nombreuses miniatures peintes sur parchemin pourpre entre le VI
e et le VII e  siècle. Les ouvrages profanes sont eux aussi très abondamment illustrés, tels l'extrait de l'Iliade d'Homère (vers 500) conservé à la Biblioteca Ambrosiana de Milan, et la version du De materia medica (512), manuel de pharmacie dû au médecin grec Dioscoride (Ier siècle apr. J.-C.), conservé à la Nationalbibliothek de Vienne. Un des traits caractéristiques de ces ouvrages est le classicisme des enluminures, qui atteint la perfection durant la renaissance macédonienne au Xe siècle. Le «psautier de Paris» (vers 950, Bibliothèque nationale) renferme un portrait de David composant ses psaumes, qui s'apparente très nettement au style pictural pompéien.  

Ivoires et émaux
Sujets et style classiques se retrouvent également dans certains objets profanes en ivoire du X
e  siècle, comme le coffret de Veroli (Victoria and Albert Museum, Londres) représentant des scènes tirées des écrits d'Euripide et de la mythologie. L'ivoire entre, notamment, dans la décoration de reliures précieuses ou de garnitures d'autels. Les sujets chrétiens sont traités avec sobriété, sur le mode classique: ainsi le superbe triptyque d'Harbaville (musée du Louvre) présente-t-il ses figures de saints, en rangée, dans des poses hiératiques. Le classicisme du style est encore plus sensible dans le travail des émaux cloisonnés byzantins dont l'éclat profond, rehaussé par l'or bruni des cloisons, évoque celui des pierres précieuses. La somptueuse Pala d'oro, retable du XII e  siècle de la basilique Saint-Marc de Venise, en est un exemple aussi raffiné que le reliquaire de Limburg (Allemagne), datant de 965, recouvert d'émaux tant intérieurement qu'extérieurement.

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