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Dossier(s) : Epoques > Moyen Age > Le Saint Empire romain germanique > 

Consolidation de l'Empire romain germanique


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Sommaire

 Charles IV
 Les nécessaires qualités politiques de l'empereur
 L'apogée des Habsbourgs
 Charles Quint
 Le financement de l'Empire
 La Réforme
 La fin du Saint Empire

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Reliure du XIe siècle, art ottonien
Musée du Louvre. Photo Urban

Charles IV

Charles IV consolida et en même temps ruina l'Empire. Il en fit une affaire strictement allemande, et c'est ainsi qu'au XV e  siècle (la première mention approximative date de 1409, la formulation achevée de 1474) se répandit l'expression de «Saint Empire romain de la nation allemande» (Heiliges römisches Reich deutscher Nation).

Mais il distribua trop généreusement les biens royaux, sur lesquels reposaient les seules ressources des souverains. Jusque-là les rois avaient pu ajouter les ressources de leur patrimoine aux biens fiscaux, qu'ils inféodaient parfois, mais ne cédaient jamais en toute propriété. A ces biens, qui consistaient en palais, villages, forêts et mines répandus dans tout l'Empire, s'ajoutaient des droits exclusifs, notamment d'ordre économique.  

En s'en privant, Charles IV s'obligeait à vivre surtout de ses Etats - Bohême, Moravie, Luxembourg - et annonçait des jours difficiles à ses successeurs, à une époque où tout le nord du pays était placé sous l'autorité des riches villes de la Hanse. Chacun devrait en outre s'endetter lourdement pour séduire les Electeurs.


Les nécessaires qualités politiques de l'empereur
Longtemps centré sur l'Ouest allemand, l'Empire glissait de plus en plus vers l'est, vers le monde slave, où l'ordre des chevaliers Teutoniques avait créé à son service un véritable Etat, assis sur des terres conquises, colonisées, mises en valeur.  

L'autorité de l'Empire ne pouvait plus dès lors subsister que dans la mesure où les titulaires avaient des capacités politiques. Ce ne fut pas le cas de Wenceslas, fils de Charles IV. En revanche, le choix fut plus heureux avec Sigismond, frère de Wenceslas, élu roi des Romains en 1411, empereur en 1433, mort en 1437. Ce souverain sut en effet jouer un rôle capital dans la résolution du Grand Schisme, qui partageait la chrétienté entre partisans d'Avignon et soutiens de Rome: dans le concile de Constance, qu'il convoqua en 1414, il tint une place considérable et son autorité fut réelle.

L'apogée des Habsbourgs
Son successeur, Albert II d'Autriche, ne fit que passer (1438-1439), mais il inaugura la prise en main de l'Empire par les Habsbourgs. Le XV e  siècle fut dominé par Frédéric III (1440-1493), empereur durant quarante et un ans et dernier souverain allemand consacré à Rome: on vit que son titre n'était pas vain quand Charles le Téméraire, le plus puissant duc d'Occident, fit tout pour obtenir de lui un titre royal, destiné à concrétiser la réunion de ses possessions bourguignonnes et lotharingiennes.

Charles Quint
Le demi-siècle suivant est celui des empereurs Maximilien et Charles Quint. Il y a dès lors identification de l'Empire et de la maison d' Autriche, dont les succès politiques redorèrent le blason impérial. Charles Quint, grâce à toute une série de hasards mais aussi de calculs politiques, était devenu, en 1519, le maître d'un immense ensemble territorial, qui portait le nom de l'empereur au-delà des océans. A l'époque de la crise religieuse, un empereur fort pouvait être très précieux pour aider le pape à réformer l'Eglise et à contrarier les progrès du protestantisme.

Le financement de l'Empire
La première moitié du XVI e  siècle est ainsi marquée par une volonté réelle de redonner vie à l'Empire. Certes, il était trop tard pour doter d'un gouvernement centralisé un pays éclaté en plusieurs centaines d'unités politiques, jalouses de leurs privilèges: principautés laïques et ecclésiastiques, villes, duchés, comtés et seigneuries, landgraviats et margraviats. Les villes d'Empire (Reichsstädte), par exemple, représentaient des entités typiques, car tout en s'affirmant impériales, elles se défendaient contre toute intrusion d'un pouvoir extérieur, y compris celui de l'empereur: elles faisaient volontiers composer la chronique de leur histoire, qui les confirmait dans leur destin exceptionnel et autonome.  

Cependant, pour assurer la survie économique du prince, on institua un gemeiner pfennig («pfennig commun»), contribution collective à la bonne marche des institutions. Une assemblée générale fut instaurée, une diète d'Empire (Reichstag), qui réunissait des représentants de trois groupes: les Electeurs, les princes, les villes immédiates (c'est-à-dire relevant directement de l'empereur). Une paix générale fut décrétée, dans la ligne de ces paix régionales et castrales fréquentes depuis le XIII
e  siècle (Burgfriede et Landfriede): ainsi devaient cesser les guerres privées et les excès des chevaliers brigands. Il fallait davantage, un tribunal, une armée. Une chambre de justice d'Empire (Reichskammergericht) fut créée, et une de ses tâches principales fut d'analyser les archives pour vérifier l'appartenance à l'Empire de territoires qui voulaient s'en détacher; un Conseil de la cour (Hofrat) tint auprès du souverain un rôle plus limité. Aucune armée d'Empire ne fut mise en place.

La Réforme
L'irruption de la Réforme ne simplifia pas les choses; le pays se partagea en deux blocs confessionnels irréductibles, ce qui ajouta à la confusion générale. Chaque prince faisait le choix religieux qui lui convenait, l'imposait à ses sujets, et créait une université pour le défendre. L'Empire n'avait plus pour histoire et destin que ceux que l'Autriche lui donnait. Rien ne put empêcher au début du XVII e  siècle les conflits sanglants de la guerre de Trente Ans, qui affaiblirent encore davantage l'Empire. Si bien qu'après les traités de Westphalie, les institutions impériales cessèrent d'exister au profit de l'autorité territoriale (Landeshoheit).

La fin du Saint Empire

Après 1648, le titre impérial fut porté sans discontinuer par la maison d'Autriche. Ce titre ne donnait aux empereurs aucune autorité réelle sur l'espace géographique qui constituait théoriquement l'Empire, et, hors de l'Autriche, principautés et royaumes développaient des politiques indépendantes.

Les Habsbourgs ne purent en particulier empêcher la montée en puissance du royaume de Prusse, qui devint l'Etat le plus redoutable d'Allemagne. En outre, quand Napoléon I intervint pour opérer une réorganisation territoriale de l'Empire et provoqua la constitution de la Confédération du Rhin (traité de Paris, 12 juillet 1806), François II en tira les conséquences et se contenta dès lors du seul titre d'empereur d'Autriche (6 août 1806), qu'il avait pris dès le 11 août 1804.

En 1871, le roi de Prusse restaura à son usage personnel le titre impérial, mais pour l'appliquer à la seule Allemagne, sans référence à la tradition romaine. Pourtant son souvenir demeurait et demeure encore vivace dans l'espace et l'historiographie de l'Allemagne.


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Pour en savoir plus
La guerre de Trente Ans




 

 

 
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