 Colonisation et exploration en Amérique du Nord Carte Hachette L'arrivée des Blancs
L'arrivée des Blancs entraîna maladies, massacres, dépossessions - pour l'Amérindien la terre appartient à tout le monde et la notion de frontière administrative n'a aucune signification -, et rébellions: celle de la région de la rivière Rouge en 1869, celle du Nord-Ouest en 1885. Les revendications de la fin du XXe siècle témoignent du mécontentement profond de ces peuples et de leur volonté de voir respectés leurs droits ancestraux, leur histoire et leur culture.
Leif Erikson, le fils du Norvégien Erik le Rouge (qui avait découvert le Groenland vers 981), visite Terre-Neuve et le Labrador vers l'an mille. Après le Vénitien Jean Cabot (1497) - pour le compte des Anglais - et le Florentin Giovanni Verrazano (1525) - au service du roi de France -, les Français sont les premiers à prendre véritablement possession du pays.
La présence de la France
C'est sur le site de Gaspé que le français Jacques Cartier, en 1534 pour la première fois, puis à nouveau en 1541, prend pied au Canada au nom de François I. Parti découvrir le passage du Nord-Ouest vers la Chine, le navigateur français découvre que le golfe du Saint-Laurent se prolonge par un fleuve, pénétrant à l'intérieur du Nouveau Monde. Mais il faut attendre 1608, lorsque son compatriote Samuel de Champlain fonde Québec, pour parler de colonisation. Soutenue par le cardinal de Richelieu et l'Eglise catholique, qui y envoie de nombreux missionnaires, la Nouvelle-France est née.
Les établissements français, déjà intéressés par les ressources halieutiques, se concentrent le long des rives du Saint-Laurent et en Acadie. Mais le peuplement de ces deux ensembles reste modeste par rapport à celui des colonies anglaises du Sud: 3'000 habitants en 1660, 10'000 en 1685, 37'000 en 1734, 70'000 en 1765, alors qu'au sud, plus de 1 million de Britanniques peuplent déjà la Nouvelle-Angleterre (les futurs Etats-Unis). Leur faiblesse numérique n'enlève toutefois rien au dynamisme des colons; tournés à la fois vers l'océan et l'Europe et vers l'intérieur du continent, les Acadiens (Poitevins, Vendéens et Angevins pour l'essentiel) entretiennent des rapports étroits avec les zones maritimes et lacustres (construction de digues, pêche).
Les Canadiens (le nom que se donnent les habitants français de la vallée du Saint-Laurent), pour leur part, vendent à la France des fourrures, des peaux et du bois, qu'ils se procurent à l'intérieur auprès des Amérindiens. La plupart des établissements permanents sont en fait des comptoirs à fourrures. La découverte de l'intérieur du sous-continent permet d'ouvrir de nouveaux accès de chasse et de «trappage». Ainsi seront découvertes les voies menant aux Grands Lacs, à l'Ontario (nom indien qui signifie «belle eau», pour désigner l'extrémité orientale des Grands Lacs).
Les conflits franco-anglais
L'encerclement des colonies
britanniques par
les Français et les conflits opposant les deux pays en Europe
attisent les tensions en Amérique du Nord. En 1629, les
Anglais prennent Québec (peuplé par une centaine de
personnes), mais rendent la province aux Français trois ans
plus tard (traité de Saint-Germain-en-Laye, 1632). Le
traité d'Utrecht (1713) leur livre l'Acadie (partie
orientale de la Nouvelle-France), dont ils font la Nouvelle-Ecosse,
mais ils ne fondent Halifax qu'en 1749.
Les conflits franco-anglais deviendront
de plus en plus violents, tout d'abord en Acadie, où, en
1755, les Britanniques organisent la déportation (le Grand
Dérangement) des Acadiens vers les colonies
américaines. Alors que
la guerre de Sept
Ans (1756-1763) oppose en Europe la France et l'Autriche
à la Prusse et à l'Angleterre, cette dernière
attaque la Nouvelle-France, qui, grâce au général
Montcalm, résiste vaillamment (victoire du fort Carillon en
1758).
En 1759, l'Anglais Wolfe vainc
Montcalm près de Québec (bataille des plaines
d'Abraham); la bataille coûte la vie aux deux
généraux. En s'assurant la maîtrise de la
porte du Saint-Laurent, les Anglais en terminent avec la
Nouvelle-France, qui capitule, le 8 septembre 1760, à
Montréal. En Europe, les armes sont également
défavorables à la France qui, par le traité de
Paris (1763), cède officiellement à l'Angleterre la
Nouvelle-France et l'est de la Louisiane.
Le 7 octobre 1763, la Nouvelle-France est
divisée en plusieurs territoires. La région du
Saint-Laurent, de Gaspé à la rivière Outaouais,
forme la province du Québec.
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