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Bison dans la grotte d'Altamira, en Cantabrie
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La Préhistoire
L'Espagne est peuplée, de manière attestée, depuis un demi-million d'années. A Torralba et à Ambrona (dans la province de Soria, au nord-est de Madrid), on a retrouvé des squelettes d'éléphants qui avaient été piégés par des tribus d'hommes préhistoriques de l'espèce Homo erectus.
Il y a quelque 15'000 ans, des hommes de l'espèce Homo sapiens ornèrent les grottes d'Altamira (dans la province de Santander, sur le golfe de Biscaye) de superbes peintures représentant des chevaux, des biches et des bisons en ocre rouge cerné de noir.
La «révolution néolithique», marquée par l'introduction de l'agriculture et de l'élevage, eut lieu en Espagne vers 3000 av. J.-C. De nombreux dolmens et tombes mégalithiques subsistant dans le sud de l'Espagne, dans la région de Málaga, témoignent de la vitalité du faciès culturel appelé «almérien» (de «Almería»).
Vers 1000 av. J.-C., des immigrants arrivèrent par vagues. Les Celtes, peuple de langue indo-européenne, pénétrèrent par le nord, tandis que des colons issus du monde méditerranéen fondèrent des villes sur le littoral: les Phéniciens à Cadix, les Grecs à Málaga et à Ampurias, les Carthaginois à Carthagène.
La conquête romaine
Au cours du IIIe siècle av. J.-C., les Carthaginois venant d'Afrique du Nord étendirent leur domination à toute une partie de la péninsule Ibérique. Les ressources espagnoles en hommes et en chevaux furent vitales pour Carthage dans ses guerres incessantes contre Rome.
Au début de la deuxième guerre punique, en 218 av. J.-C., l'armée romaine des frères Scipion commença la conquête de l'Ibérie; si les Romains écrasèrent définitivement les Carthaginois en 201, ils mirent près d'un siècle à imposer leur domination aux indigènes, dont la résistance fut particulièrement farouche dans le Nord (Pays basque, Asturies, Galice actuels), qui ne fut pacifié qu'en 19 av. J.-C. La péninsule devint alors l'une des provinces les plus précieuses de l'Empire, fournissant Rome en or, argent, cuivre, fer, étain et plomb.
Deux des plus grands empereurs (Trajan et Hadrien) sont nés dans la péninsule, ainsi que certains écrivains latins de première importance, comme Sénèque et Quintilien.
L'Espagne wisigothique
Au début du Ve siècle, l'Empire romain fut envahi par des Barbares d'origine germanique, dont certains s'établirent en Espagne: les Vandales (qui passèrent en Afrique dès 429), les Suèves et les Wisigoths. Alors qu'ils étaient moins de 250 000, ces derniers réussirent à soumettre 6 ou 7 millions d'Ibères romanisés. Leur rôle fut décisif dans la formation du sentiment de l'identité espagnole (que célèbre Isidore de Séville dès le début du VIIe siècle).
A l'unification du territoire autour d'une capitale, Tolède, s'ajoutèrent l'uniformisation du droit, grâce au Liber judiciorum (vers 654) du roi Receswinthe, et la fusion de la population barbare avec les Hispano-Romains, lorsque le roi Léovigild (568-586) autorisa les mariages mixtes. L'union religieuse fut assurée par la conversion des Wisigoths ariens au catholicisme en 589.
La monarchie wisigothique accusait toutefois une certaine faiblesse; leur titre étant électif, les rois étaient continuellement en butte à des intrigues fomentées par les grandes familles nobles (sur les treize rois qui ont régné au cours du dernier siècle de la monarchie wisigothique, deux ont été assassinés, quatre déposés et six ont été des usurpateurs).
En 711, la famille du roi Wittiza, détrôné, qui voulait renverser le roi Rodrigue, demanda aux musulmans du Maroc leur concours. Le général musulman Tariq ibn Ziyad débarqua à Gibraltar en 711, écrasa Rodrigue (bataille du río Guadalete) et, tirant parti des divisions qui déchiraient les Wisigoths, se lança à la conquête de l'Espagne.
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