 La Gaule romaine (I-IIIe s.) © Intercarto La fusion des civilisations
La conquête romaine n'a guère changé la composition ethnique de la population: quelques centaines de milliers d'immigrants se sont fondus dans une population qui reste gauloise. En revanche, la fusion des civilisations est indéniable, quoique limitée à la ville. La masse des ruraux reste non seulement ethniquement gauloise, mais encore de civilisation gauloise. Les Francs vont dès lors jouer un rôle prépondérant dans le destin de la Gaule.
La religion
La religion gallo-romaine permet
d'apprécier le mieux les limites de la fusion. Si le
druidisme a été pourchassé, les dieux et les
croyances gauloises sont restés, comme les divinités
animales (le taureau), la déesse cavalière Epona, le dieu
à ramure de cerf Cernunnos. Mais
des dieux romains
ont été adoptés: Mars, Apollon et Mercure, que
l'on trouve associés à Cernunnos sur une stèle
de Reims. Parfois, la fusion est complète (cas du Jupiter
taurin). Le maintien des traditions celtiques se manifeste encore
dans le temple gallo-romain, construit en pierre, mais selon le
plan carré qu'ont très généralement
adopté
les Celtes.
Le maintien de la langue gauloise
Cette spécificité gallo-romaine
dans le domaine religieux, cette sorte de résistance passive
du vieux fond celtique, s'accompagne du maintien de la langue
gauloise dans les campagnes jusqu'au VI
e
siècle. Seule l'élite
urbaine pratique le latin, langue de culture, de
l'administration, de l'armée, langue, pour tout dire,
de la promotion sociale et civique. Des écoles urbaines
nombreuses l'enseignent.
La pensée gallo-romaine
L'on ne doit pas se dissimuler la
médiocrité de la vie intellectuelle en Gaule romaine. Il
faut attendre le IV
e
siècle pour qu'un auteur
comme Ausone donne quelques titres de noblesse aux lettres
gallo-romaines. Le latin ne fait la conquête de la Gaule, et
sous la forme abâtardie du latin vulgaire, que sous
l'impulsion du
christianisme. Or
celui-ci ne pénètre que tardivement et timidement en
Gaule. L'évolution a été, de ce point de vue,
radicalement différente de celle de l'Espagne
celtibère, rapidement et profondément conquise à la
langue latine.
Malgré ces limites, malgré les
difficultés qui l'éprouvent à partir du
III
e
siècle, la Gaule romaine a
été une réussite dans la mesure où la
distinction vainqueur-vaincu s'est rapidement estompée,
sans que le second renonce à sa propre
personnalité.
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