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L’Austrasie

(ou royaume de l'Est)
© Hachette Multimédia/Hachette Livre

Sommaire

 Les Mérovingiens
 De la mort de Clovis à celle de Clotaire (511-561)
 La domination de Brunehaut (561-613)
 L'ascension des maires du palais (613-714)
 Charles Martel et la fin du royaume d'Austrasie (714-751)

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Le partage de 561 : le Royaume d'Austrasie est attribué à Sigevert I

Depuis la période des Mérovingiens, le royaume était constitué de quatre parties : l'Austrasie, la Neustrie, la Bourgogne et l'Aquitaine.

Royaume constitué en 511, à la mort de Clovis, réuni en 751 au royaume carolingien.

L'Austrasie, royaume résultant des partages de l'époque mérovingienne, fut le joyau de l'Empire franc dans les décennies qui suivirent la mort de Clovis. Au VIIe siècle, le pouvoir des derniers Mérovingiens s'étiola, et l'Austrasie vit l'ascension de la famille carolingienne. Les descendants de Pépin l'Ancien accaparèrent les charges de maires du palais, imposèrent leur propre conception du pouvoir monarchique, fondé sur les liens de vassalité, et finirent par conquérir le trône (751). L'Austrasie se fondit alors dans l'empire de Pépin le Bref.


Les Mérovingiens

A la mort de Clovis, son royaume fut partagé entre ses quatre fils, et l'Austrasie, ou «royaume de l'est», fut dévolue à Thierry, peut-être parce que sa mère, la première épouse de Clovis, était une Rhénane.

Cependant, le royaume de Clovis ne fut pas à proprement parler «divisé» dans la mesure où ne subsista qu'un seul «royaume des Francs» ; l'établissement des quatre capitales dans la région parisienne (Reims, Orléans, Paris, Soissons) confirma en outre la volonté de Thierry et de ses demi-frères de maintenir l'unité de l'héritage de Clovis, unité à laquelle contribua également Clotilde, jusqu'à sa mort, en 545.


De la mort de Clovis à celle de Clotaire (511-561)

L'Austrasie, qui correspond à l'ancien royaume des Francs Rhénans ou Ripuaires, comprenait les anciennes provinces romaines de Germanie Première et Seconde, de Belgique Première, et le sud-est de la Belgique Seconde ; elle englobait les bassins de la Meuse et de la Moselle et s'étendait jusqu'au cours inférieur du Rhin ; elle était séparée de la Neustrie par la forêt Charbonnière, et de la Burgondie (Bourgogne) par la forêt vosgienne. L'Austrasie constituait la partie la plus germanisée de la Gaule franque, mais, grâce à la politique d'ouverture de Thierry et de ses fils vers le sud - Burgondie, Provence -, elle se romanisa rapidement. Thierry fixa sa capitale à Reims - sa part comprenait en outre une partie de l'Aquitaine, marge mal assurée du royaume, et les territoires qu'il avait conquis en Auvergne.

A la mort de Thierry, en 534, ses demi-frères - Childebert et Clotaire, les deux fils survivants de Clovis et de Clotilde - tentèrent de s'emparer de l'Austrasie, mais le fils de Thierry, Théodebert (ou Thibert) Ier, reçut le soutien de l'aristocratie austrasienne et conserva son royaume, qu'il avait augmenté du nord de la Burgondie en 534. Théodebert mourut en 548 d'un accident de chasse, et son fils Théodebald (ou Thibaut) lui succéda ; ce dernier mourut sans héritier en 555, et l'Austrasie revint alors à son grand-oncle Clotaire, le dernier des fils de Clovis, qui réunifia ainsi le royaume de son père.


La domination de Brunehaut (561-613)

A la mort de Clotaire, en 561, le royaume fut de nouveau divisé, et l'Austrasie revint à Sigebert Ier. Celui-ci épousa Brunehaut. En 575, Sigebert ayant été assassiné et Brunehaut capturée, leur fils Childebert II, âgé de cinq ans, fut proclamé roi à Metz. Brunehaut parvint à s'échapper et continua d'inspirer la politique austrasienne, jusqu'à la mort par empoisonnement de Childebert, en 596. Brunehaut, assumant toujours de fait le pouvoir au nom de rois trop jeunes, partagea son royaume entre ses deux petits-fils, et Théodebert II succéda à Childebert II sur le trône d'Austrasie. Mais la politique d'expansion de Théodebert lui attira l'hostilité de Thierry II, l'autre fils de Childebert II, qui finit par vaincre son frère Théodebert en 612 et par reconstituer l'héritage leur père, avec la Burgondie et l'Austrasie.

En 613, Thierry II mourut. Contre la volonté de Brunehaut, qui avait placé Sigebert II sur le trône, l'aristocratie austrasienne, emmenée par Arnoul et Pépin Ier (ou Pépin l'Ancien, ou encore Pépin de Landen) se révolta et assassina Brunehaut et le jeune roi (613). Les deux familles d'Arnoul et de Pépin scellèrent ensuite leur alliance par le mariage d'Anségisel, fils d'Arnoul, avec Begga, fille de Pépin, duquel naquit Pépin II, le père de Charles Martel. Les événements de 613 en Austrasie marquent ainsi une étape essentielle de la montée en puissance de la famille des Pippinides, les futurs Carolingiens.


L'ascension des maires du palais (613-714)

En récompense de leur entreprise contre Brunehaut, Arnoul (ou Arnulf) obtint en 640 l'évêché de Metz, devenue capitale d'Austrasie, tandis que Pépin Ier devint le maire du palais d'Austrasie, Clotaire II se contentant de régner en Neustrie. En 623, les aristocrates austrasiens exigèrent que Clotaire II leur donnât pour roi son fils, le jeune Dagobert Ier, qui avait eut pour précepteur Arnoul et qui gouverna sous la tutelle de Pépin Ier. Celui-ci fut maire du palais d'Austrasie de 623 à 629 avant d'être écarté du pouvoir. À la mort de Clotaire II, en 629, Dagobert reconstitua un temps l'unité du royaume franc. En 634, Dagobert, qui régnait à Paris, donna pour roi à l'Austrasie son fils aîné Sigebert III, qui était alors âgé de trois ans. À la mort de Dagobert, en 639, Sigebert dut faire face à la révolte des Thuringiens, qu'il ne put mater.

La royauté mérovingienne entra alors dans une crise de laquelle elle ne parvint plus à sortir, d'autant que Sigebert III n'avait pas d'héritier. Le pouvoir réel appartenait de fait au maire du palais. Grimoald (ou Grimaud), fils de Pépin I, s'était emparé de cette charge décisive en 643 par l'assassinat d'un rival, et avait fait adopter son propre fils, Childebert, par Sigebert afin qu'il héritât du trône - on le connaît sous le nom de Childebert l'Adopté. Sigebert finit cependant par avoir un fils, mais, à la mort du roi en 656, Grimoald parvint à faire couronner son propre fils - Dagobert II, le fils de Sigebert, fut exilé en Irlande. Childebert l'Adopté fut ainsi le premier roi de la famille des Pippinides, mais il ne fut sans doute pas accepté par l'aristocratie austrasienne ; aussi, vers 662, Grimoald et Childebert furent assassinés, et le trône d'Austrasie revint à Childéric II, petit-fils de Dagobert Ier et fils de la reine Bathilde. À son tour, Childéric II fut assassiné au cours d'une conspiration menée par le maire du palais de Neustrie, Ebroïn. De 675 à 679 lui succéda Dagobert II, «saint Dagobert», qu'une partie de l'aristocratie austrasienne avait tiré de son exil en Irlande. En 679, Dagobert II fut lui aussi assassiné, et Pépin II (ou d'Héristal, ou encore d'Herstal), le fils d'Anségisel et de Begga, profita de la vacance du pouvoir, devint maire du palais et duc d'Austrasie ; en 687, Pépin réunit les mairies du palais d'Austrasie, de Neustrie et de Burgondie, et régna alors au nom de Thierry III, le dernier petit-fils de Dagobert Ier, qui mourut en 691. Lui succédèrent ses fils Clovis III (691-694) et Childebert III (ou IV selon que l'on tient compte ou non de Childebert l'Adopté), qui régna de 694 à 711, puis le fils de Childebert III, Dagobert III (711-715).

Pépin fut dès lors le véritable maître de l'Austrasie et de l'ensemble du royaume franc ; son pouvoir s'appuyait d'abord sur ses possessions austrasiennes de la région mosellane : Herstal, Jupille et Chèvremont, sur la Vesdre. À sa mort, en 714, son successeur à la mairie du palais fut l'un de ses petits-fils, qu'il avait eu d'un premier mariage, Théobald (ou Théudoald) ; son fils Charles Martel fut alors écarté de la succession, car il était le fils d'une concubine.

 


Charles Martel et la fin du royaume d'Austrasie (714-751)

Un enfant se trouvant à la tête de la mairie du palais d'Austrasie, les aristocrates de Neustrie en profitèrent pour se révolter, et envahirent l'Austrasie. À la mort de Dagobert III, ils proclamèrent roi d'Austrasie Chilpéric II (715-721), fils supposé de Childéric II. Dans le même temps, Charles Martel remporta une importante victoire sur l'armée de Neustrie en 717 et proclama roi d'Austrasie Clotaire IV, qui régna deux années, en 718-719.

A la mort de Clotaire IV, Charles Martel, qui cumulait les mairies du palais d'Austrasie et de Neustrie, reconnut Chilpéric II pour roi, puis, à la mort de ce dernier, le fils de Dagobert III, Thierry IV (721-737). De 737 à 743, le trône d'Austrasie resta vacant, Charles Martel étant alors désigné par certaines sources comme «vice regulus» (vice-roi). Le centre de gravité du royaume franc se déplaça alors de l'Austrasie vers la Neustrie, où Charles Martel résidait le plus souvent. Il attribua à son fils Carloman la mairie du palais d'Austrasie, Pépin recevant la Neustrie. Les deux frères installèrent sur le trône le fils de Chilpéric II, Childéric III (743-751), qui fut le dernier roi d'Austrasie, de Neustrie et de Burgondie — donc le dernier roi mérovingien.

Les deux fils de Charles Martel convoquèrent des conciles (en 742-743 en Austrasie, en 744 en Neustrie), et engagèrent de profondes réformes religieuses (réforme de la vie des clercs notamment), qui leur assurèrent le soutien durable de la papauté. Lorsque Carloman abandonna sa charge de maire du palais pour se retirer dans un monastère, Pépin, qui jouissait du soutien de l'Église, parvint à se faire proclamer roi des Francs à la mort de Childéric III (751). Le royaume d'Austrasie disparut alors dans l'ensemble carolingien.


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