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Le pouvoir ottoman


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 La domination turque
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La domination turque
L'année 1453 marque, en principe, le début de la période de domination ottomane, qualifiée de turcocratie dans l'histoire de la Grèce. Toutefois, les forces ottomanes contrôlaient déjà la majeure partie de la Grèce continentale.

La conquête ottomane de la péninsule balkanique commença en 1365 avec la chute d'Andrinople (Edirne). La Macédoine connut l'occupation en 1380 et la Thessalie en 1393. Le reste de la Grèce tomba peu après sous le joug du nouveau conquérant. Si Venise gardait toujours la mainmise sur un certain nombre d'îles, de ports et de points stratégiques, l'Etat ottoman s'affirmait comme la puissance dominante du Proche-Orient.

En 1470, la Grèce proprement dite fut divisée en six sandjaks ou régions administratives. Au cours des quatre siècles suivants, Constantinople demeura, même sous le pouvoir ottoman, le foyer vital de la culture et de l'influence helléniques. La Grèce continentale soumise à la domination turque resta une région arriérée et appauvrie, comme au temps de l'hellénisme byzantin.

Le régime ottoman
A l'instar des autres populations chrétiennes des Balkans asservies, les Grecs furent soumis à un seul et unique système de gouvernement ottoman. Pour les Ottomans, la religion, et non pas la nationalité, constituait le fondement de la division politique. Les peuples conquis étaient libres d'embrasser la foi islamique.

Parmi les Grecs, seuls les Crétois avaient massivement suivi cette voie. Une fois islamisés, ils pouvaient devenir membres de la classe dirigeante et accéder à un poste privilégié au sein de l'Etat. Ceux qui choisissaient de rester chrétiens recevaient un statut subalterne et devaient se conformer au système du millet qui établissait une répartition des populations selon leur confession religieuse. Ainsi, les Grecs byzantins furent assimilés au millet orthodoxe qui formait le plus important de ces groupes. Ils relevaient de la juridiction du patriarche de Constantinople, considéré comme un haut dignitaire du gouvernement ottoman.  

Durant la première période de la domination ottomane, l'organisation religieuse reflétait les divisions nationales des Balkans. Les Serbes étaient placés sous l'autorité du patriarcat de Peo, les Bulgares étaient soumis à l'archevêché d'Ohrid (Okhrid). L'image du patriarche de Constantinople demeurait étroitement liée à l'identification des intérêts grecs.  

Dans un premier temps, le système ottoman n'imposa pas de lourdes charges aux populations asservies. A l'échelon local, le paysan et le villageois grecs jouissaient d'une grande autonomie. La gestion des affaires communales était confiée à des notables locaux. Quelques îles grecques et certaines régions de la Grèce continentale jouissaient de droits et de privilèges dans le cadre du pouvoir ottoman. A certains égards - par exemple, en matière de tolérance religieuse - le système était plus avancé qu'en Europe occidentale.

Par ailleurs, la fiscalité et le régime général de la terre étaient plus favorables aux paysans que sous la tutelle byzantine dans la mesure où leur statut ne les transformait pas en serfs, sur le modèle de la féodalité occidentale. Les sujets chrétiens payaient généralement la dîme pour leurs terres, un impôt individuel et quelques autres redevances. Ils éprouvaient une méfiance naturelle à l'égard de la puissance musulmane à laquelle ils étaient assujettis, mais à cette époque, leur Eglise se montrait plus hostile envers le catholicisme et l'Occident qu'envers l'islam, comme en témoigne l'adage populaire «mieux vaut l'épée des Turcs que le pain des Francs».  

A cette époque, les chrétiens convertis occupaient une place prépondérante dans l'administration publique, grâce à l'institution d'une taxe sur les enfants, le devçirme (devshirme). Un grand nombre d'enfants chrétiens fournis en tribut par les peuples vaincus étaient enlevés à leurs familles et conduits à Constantinople pour y être élevés dans l'islamisme. Les meilleurs d'entre eux étaient admis à la cour du sultan où ils recevaient une formation d'administrateurs de l'Empire. Les autres rejoignaient le corps d'élite des janissaires qui fondait la supériorité militaire ottomane. L'institution fut abolie en 1637.  

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L'apogée de l'Empire ottoman
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