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La marque de l'islam en Inde


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Sommaire

 La première conquête de l'Inde
 Les vagues turques
 Le sultanat de Delhi
 L'Empire moghol

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La première conquête de l'Inde
L'islam profite de l'instabilité chronique de l'Inde pour s'enfoncer, au fil des siècles, un peu plus profondément dans le Nord-Ouest, où il est cependant contenu pendant un demi-millénaire. La première conquête de l'Inde par les musulmans est celle du Sind en 712, mais elle est aussitôt arrêtée. Les divers royaumes indiens, à défaut de retrouver la voie de l'unité (dynastie des Gurjara, en Inde du Nord, etc), retrouvent au moins, grâce au redémarrage économique favorisé par l'islam, celle de leur prospérité. C'est ainsi que, avec le IXe et le Xe siècle, l'Inde, rendue forte par le dynamisme politico-économique de ses divers royaumes et de leurs brillantes dynasties, comme celle des Candella, entre dans une période où les différences régionales se marquent davantage. En même temps, le bouddhisme laisse la place au brahmanisme.

Les vagues turques
Au début du XIe siècle, la pression de l'islam arabo-iranien est remplacée par celle des Turcs nouvellement islamisés: avec Mahmud de Ghazni, ils prennent le contrôle de l'Inde du Nord-Est autour de Lahore, capitale du Pendjab. Mais la vague retombe bientôt, et la frontière avec l'islam se stabilise à nouveau pour un siècle et demi (de 1030 à 1191), pendant que les thalassocraties de l'Inde du Sud (les Cola) tentent de prendre le contrôle des voies maritimes en direction du Sud-Est asiatique, poussant leurs expéditions jusqu'à Sumatra.  

Une nouvelle vague turque, celle de Muhammad de Rhur, s'avance à partir de 1175, prend pied dans la vallée du Gange, défait (1192) les hindous de Prithvi Raj. Elle va faire disparaître en Inde du Nord la brillante civilisation hindoue, car le général Qutb al-Din Aybak, qui s'installe à Delhi avec le titre de sultan, s'étant fait reconnaître par le calife de Bagdad, cherche à étendre l'autorité du sultanat à toute l'Inde du Nord.

Cinq dynasties musulmanes se succèdent sur le trône de Delhi: celles des Mamelouks, dite des Esclaves (1206-1290), des Khaldji (1290-1320), des Turhluq (1320-1414), des Sayyid (1414-1450) et des Lodi (1451-1526). Elles sont contraintes de contenir par trois fois (1221, 1241 et 1292) la pression mongole. Le Deccan reste aux mains des hindous, dont les multiples dynasties continuent à prospérer.  


Le sultanat de Delhi
Le sultanat de Delhi, malgré une histoire dynastique troublée, entreprend alors de «nettoyer» l'Inde du Nord (1296), faisant disparaître les derniers princes bouddhistes de la péninsule, les Pala et les Sena du Bengale; il se lance ensuite à la conquête du reste de l'Inde, mais le coût de la guerre est tel que, malgré les pillages, une crise économique interne au sultanat est difficilement maîtrisée, par un très strict et remarquable contrôle.

Si la dynastie des Turhluq tente de maintenir la vocation impériale du sultanat au milieu de difficultés croissantes, elle ne peut empêcher sa féodalisation (et l'indianisation corrélative de l'islam), ni la reconstitution de grands pouvoirs hindous (fondation en 1336, dans le Mysore, du royaume de Vijayanagar, en lutte, pendant plus de deux siècles, contre l'islam), ni la terrible invasion turco-mongole de Timour Lang (Tamerlan), qui ravage l'Inde du Nord-Ouest en 1398.  Le sultanat de Delhi sort affaibli de l'épreuve au point que, déchiré par les révolutions de palais, les changements dynastiques et les guerres de succession, il n'a plus les moyens de maintenir son rôle unitaire. Pendant plus d'un siècle et demi, l'Inde redevient une mosaïque féodale, partagée en royaumes prospères et souvent bien gouvernés, qui favorisent l'éclosion des arts.

Dans un climat qui n'est pas sans rappeler celui de l'Europe de la Renaissance, après près d'un millénaire d'interruption des relations directes, l'Occident refait son apparition aux Indes. Au terme d'un siècle d'une méthodique expansion maritime, qui a permis aux Portugais de maîtriser la circumnavigation de l'Afrique, Vasco de Gama atteint Calicut en 1498. Hollandais, Danois, Anglais et Français suivront bientôt, mais ils seront animés d'intérêts essentiellement commerciaux. Leur rôle demeure secondaire jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. D'autant plus qu'un petit prince du Ferghana, Baber (1483-1530), descendant de Timour Lang par son père et de Gengis Khan par sa mère, allait jeter les bases d'une restauration d'un ordre impérial qui devait durer plus de deux siècles.


L'Empire moghol
Au terme de trente-cinq ans de raids aux fortunes alternées (1525-1561), les princes de la lignée de Baber s'imposent à l'Inde en la personne de son petit-fils Akbar (1542-1605); il double sa politique impériale de conquête (il met fin au dernier grand Etat de l'Inde du Sud, celui de Vijayanagar, en 1565) d'un partage tolérant des responsabilités politiques entre personnalités des diverses religions.

Pendant un siècle, les Moghols contrôlent la quasi-totalité de l'Inde, mais, après la mort d'Aurangzeb (1658-1707), qui avait infléchi la politique impériale dans le sens d'un respect dévot et intolérant des préceptes de l'islam, l'Empire, affaibli, est décomposé par les guerres de succession.  

Bien que le raid du roi perse Nader Chah sur Delhi (1739) soit une parenthèse sans lendemain - en effet, l'Empire ne disparaîtra en titre qu'en 1858 -, l'autorité de l'administration impériale, après cette date, tend à être nulle. L'Empire moghol est démembré, les pouvoirs hindous renaissent, et les puissances occidentales, qui s'étaient contentées de gérer au mieux leurs comptoirs commerciaux, sont alors insérées dans le réseau de pouvoirs indiens.  
C'est alors que Dupleix, devenu gouverneur de Pondichéry en 1742, envisage tout à la fois de créer un empire européen sur les ruines de l'Empire moghol et, par contagion des conflits franco-anglais de l'Europe, de ruiner les positions britanniques aux Indes. Après de notables succès, Dupleix est rappelé en France en 1754. Sa politique est récupérée par son adversaire Clive, qui l'inaugure par une première grande victoire sur le nabab du Bengale, à Plassey en 1757; elle marque le début d'une ascension qui sonnera le glas de l'Inde française et s'achèvera par la prise en main de l'ensemble du sous-continent indien par les Britanniques.


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