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L'apogée du British Raj

1858 - 1920
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 Un développement économique
 L'émergence d'une pensée politique

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L'Inde sous l'administraton britanique
Carte Hachette
Un développement économique
Les Indes seront alors administrées par un vice-roi et l'Indian Civil Service. Peu nombreux, environ 100'000, pour dominer un si grand ensemble (4,7 millions de kilomètres carrés), les Britanniques adoptent un système mixte: les deux tiers du subcontinent sont sous administration directe; le tiers restant est laissé aux princes (environ 600 au début du XX e siècle), vassaux de la Couronne, localement représentée par un résident qui jouit d'un droit de regard sur les affaires intérieures et extérieures. Une véritable idéologie coloniale, fondée sur la «supériorité culturelle des conquérants», se développe. Lorsque la reine Victoria prend le titre d'impératrice des Indes, en 1876, la suprématie «impériale» légitime toute intervention dans les successions princières.

Le développement des chemins de fer permet de mettre en valeur des régions entières spécialisées dans les cultures d'exportation (jute, thé, coton), lesquelles alimentent les usines britanniques. Avec l'imposition du monopole des cotonnades, les «indiennes» sont désormais fabriquées dans le Lancashire, et les usines locales sont ruinées.

L'émergence d'une pensée politique
Le développement d'une bourgeoisie indienne anglicisée, mais exclue de l'appareil politique (en 1879, le nombre de fonctionnaires indiens est limité à un sixième des effectifs) et économiquement brimée, aboutit à la naissance de deux courants, qui perdureront après l'indépendance, l'un nationaliste et l'autre traditionaliste hindou.  

A la différence des traditionalistes, dispersés en une multitude de groupes, le parti du Congrès (fondé en 1885 par un Britannique) réussit à structurer le nationalisme en s'appuyant sur deux des trois premières castes indiennes: les brahmanes et les vaiçya (caste marchande), les castes princières «collaboratrices» restant à l'écart.  

La question est alors de savoir si l'Inde est une nation ou un simple concept géographique. En partageant le Bengale en deux entités, l'une musulmane et l'autre hindoue, lord Curzon (vice-roi de 1898 à 1905) affirme de facto l'inexistence de la nation indienne. Il pousse ainsi les musulmans, qui constituent la première des minorités de l'Empire (plus du quart de la population), à s'organiser, et la Ligue musulmane est créée en 1906.

Lorsque les nationalistes étendront leur action au domaine économique en prônant le boycott des marchandises anglaises, l'agitation deviendra permanente, et les Britanniques y répondront par une série de réformes ambiguës: en 1909, la généralisation et le renforcement des conseils provinciaux, mesure contrebalancée par la création d'un électorat séparé pour les musulmans; puis l'élection en 1919 de la majorité des membres des conseils législatifs provinciaux, compensée par un arsenal répressif largement utilisé, comme en témoigne le massacre d'Amritsar, qui généralise les procédures d'exception.

C'est dans ce contexte que, en 1914, le retour de Gandhi (avocat au barreau de Londres et de caste marchande) d'Afrique du Sud inverse le rapport de forces avec les Britanniques.  

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