 L'Inde sous l'administraton britanique Carte Hachette Un développement économique
Les Indes seront alors administrées
par un vice-roi et l'Indian Civil Service. Peu nombreux,
environ 100'000, pour dominer un si grand ensemble (4,7
millions de kilomètres carrés),
les Britanniques
adoptent un système mixte: les deux tiers du subcontinent sont
sous administration directe; le tiers restant est laissé aux
princes (environ 600 au début du XX
e
siècle), vassaux de la Couronne,
localement représentée par un résident qui jouit
d'un droit de regard sur les affaires intérieures et
extérieures. Une véritable idéologie coloniale,
fondée sur la «supériorité culturelle des
conquérants», se développe. Lorsque
la reine Victoria
prend le titre d'impératrice des Indes, en 1876, la
suprématie «impériale» légitime toute
intervention dans les successions princières.
Le développement des chemins de fer
permet de mettre en valeur des régions entières
spécialisées dans les cultures d'exportation (jute,
thé, coton), lesquelles alimentent les usines britanniques.
Avec l'imposition du monopole des cotonnades, les
«indiennes» sont désormais fabriquées dans le
Lancashire, et les usines locales sont ruinées.
L'émergence d'une pensée politique
Le développement d'une
bourgeoisie indienne anglicisée, mais exclue de l'appareil
politique (en 1879, le nombre de fonctionnaires indiens est
limité à un sixième des effectifs) et
économiquement brimée, aboutit à la naissance de
deux courants, qui perdureront après l'indépendance,
l'un nationaliste et l'autre traditionaliste hindou.
A la différence des
traditionalistes, dispersés en une multitude de groupes, le
parti du Congrès (fondé en 1885 par un Britannique)
réussit à structurer le nationalisme en s'appuyant
sur deux des trois premières castes indiennes: les brahmanes
et les vaiçya (caste marchande), les castes princières
«collaboratrices» restant à l'écart.
La question est alors de savoir si
l'Inde est une nation ou un simple concept géographique.
En partageant le Bengale en deux entités, l'une
musulmane et l'autre hindoue, lord Curzon (vice-roi de 1898
à 1905) affirme de facto l'inexistence de la nation
indienne. Il pousse ainsi les musulmans, qui constituent la
première des minorités de l'Empire (plus du quart
de la population), à s'organiser, et la Ligue musulmane
est créée en 1906.
Lorsque les nationalistes étendront
leur action au domaine économique en prônant le boycott
des marchandises anglaises, l'agitation deviendra permanente,
et les Britanniques y répondront par une série de
réformes ambiguës: en 1909, la généralisation
et le renforcement des conseils provinciaux, mesure
contrebalancée par la création d'un électorat
séparé pour les musulmans; puis l'élection en
1919 de la majorité des membres des conseils
législatifs provinciaux, compensée par un arsenal
répressif largement utilisé, comme en témoigne le
massacre d'Amritsar, qui généralise les
procédures d'exception.
C'est dans ce contexte que, en 1914,
le retour de
Gandhi (avocat au
barreau de Londres et de caste marchande) d'Afrique du Sud
inverse le rapport de forces avec les Britanniques.
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