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Benito Mussolini
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Mussolini
Le 27 octobre 1922, les fascistes tentent un coup de bluff: la marche sur Rome. Exaltée ensuite par le régime, elle regroupe moins de 30'000 hommes mal armés, tandis que la ville est défendue par 28 000 soldats bien équipés. Mais Victor-Emmanuel III craint pour sa couronne et écoute militaires, nationalistes et grands industriels profascistes, si bien qu'il ne proclame pas l'état de siège et nomme Mussolini chef d'un gouvernement où se côtoient fascistes et libéraux.
De 1922 à 1926, Mussolini renforce son pouvoir: il interdit la grève et reçoit les pleins pouvoirs du Parlement (novembre 1922). Lors des élections de 1924, la coalition fasciste obtient la majorité absolue. L'assassinat du député socialiste Matteotti par des sicaires fascistes (1924) met le régime en crise: les députés d'opposition refusent de siéger et se retirent sur l'Aventin, tandis que de nombreux fascistes se désolidarisent de leur chef.
Mais les opposants ne parviennent pas à s'unir, et Mussolini renonce à la fiction parlementaire: le 3 janvier 1925, il déclare assumer la responsabilité de cet acte et défie les députés de le poursuivre en justice. Les journaux d'opposition sont suspendus, les ministres libéraux démissionnent. Mussolini gouverne par décrets: l'initiative parlementaire disparaît, l'administration est épurée et les conseils municipaux supprimés.
A tous les échelons, l'autorité remplace le principe démocratique. Les lois fascistes de 1926 couronnent l'édifice en niant toutes les libertés, en annulant les passeports et en interdisant journaux, partis et organisations d'opposition. La totalité du pouvoir se trouve dans les mains du Duce (Mussolini), assisté du Grand Conseil du fascisme; le roi ne possède plus que l'apparence du pouvoir.
Le parti fasciste
La population est fortement encadrée
par le régime: le parti fasciste compte plus de
1,5 million de membres; les jeunes sont enrégimentés
dans des formations paramilitaires et les loisirs organisés
par l'Opera nazionale dopo lavoro. La direction des esprits
s'opère par l'enseignement, dont les membres sont
épurés, et par la propagande, qui utilise tous les moyens
modernes d'information (presse, radio, affiche).
Après 1936, le régime se durcit, à
l'imitation de l'Allemagne nazie, et adopte une
législation raciale contre les israélites.
La politique économique suit une
évolution similaire: de 1922 à 1926,
l'économie libérale est favorisée par le
démantèlement de l'appareil dirigiste du temps de
guerre (fin du contrôle des prix et des loyers) et le retour
à l'équilibre budgétaire. Mais, de 1926
à 1930, Mussolini prend des mesures dirigistes pour faire
de la lire une monnaie forte, diminuer les importations et
augmenter la production nationale de matières
premières.
La crise de 1929 accentue le
dirigisme, qui aboutit à une politique d'autarcie
économique (1930-1940): les droits de douane élevés
dissuadent d'importer, et un rigoureux contrôle des
changes limite les échanges. A la demande des industriels et
des banquiers, l'Etat crée l'IRI (Istituto per la
ricostruzione industriale), qui distribue du crédit et
acquiert des entreprises en difficulté; ainsi se constitue la
base d'un capitalisme d'Etat.
Les accords du Latran et la seconde guerre mondiale
La question romaine est réglée
par les accords du Latran, en 1929, entre le Saint-Siège
et Mussolini; ils reconnaissent le catholicisme comme religion
d'Etat, abrogent la loi des Garanties du 13 mai 1871
et créent l'Etat du Vatican.
Partout ailleurs, la force
l'emporte: après avoir pacifié la Libye,
l'Italie attaque
l'Ethiopie,
membre de la Société des Nations, à
l'automne 1935, puis s'allie à
Hitler, aux
côtés duquel elle entre en
guerre
en 1940 (l'Italie a signé le pacte d'Acier
avec
le III
e
Reich
).
Durant la
Seconde Guerre
mondiale en 1943, le débarquement
anglo-américain en Sicile entraîne la chute de Mussolini,
qui se réfugie dans le Nord, où il fonde la
République de Salo. L'Italie subit alors deux guerres:
l'une civile, entre les fascistes de la République de Salo
et les antifascistes; l'autre entre Allemands et Alliés,
qui occupent l'Italie. Le maréchal Badoglio signe un
armistice avec les Alliés, et, en 1944,
Victor-Emmanuel III est contraint d'abdiquer en faveur de
son fils Humbert II, qui devient lieutenant général
du royaume. En 1945, Mussolini est arrêté et
exécuté sommairement.
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