L'influence chinoise
La diffusion du
bouddhisme est
orchestrée par le prince impérial Shotoku Taishi, qui
fait, en 604, d'un syncrétisme
confucéano-bouddhique la trame du système politique et
envoie en 607 une première ambassade en Chine. Celle-ci
sera suivie de l'envoi régulier en Chine de
représentants de l'élite japonaise, de manière
à assimiler tous les domaines du savoir; de retour au Japon,
ces derniers transmettent leur science à la classe dirigeante.
En 645, cette élite sinisée met en place une
administration reproduisant celle de l'empire chinois
des Tang.
L'empereur est investi d'une
fonction politique, et l'Empire est administré par un
Conseil d'Etat: avec un grand chancelier, deux chanceliers
(senestre et dextre) et huit ministères (Maison
impériale, Fonction publique, Protocole, Intérieur,
Guerre, Justice, Finances et Trésor impérial).
L'émission monétaire ne débutera qu'à
la fin du VII
e
siècle, et le Japon
continuera à utiliser majoritairement du numéraire
frappé en Chine, ce qui montre les limites du changement.
En 710, la capitale est déplacée
à Nara, qui reproduit le plan de la capitale Tang de Changan
(actuelle Xi'an). Vecteur du modèle chinois, le
bouddhisme, à son apogée, contribue paradoxalement à
la diffusion d'une culture dont il n'est qu'un
élément périphérique, en particulier par
rapport au confucianisme et au taoïsme.
L'usage des caractères chinois pose
problème, le japonais étant, au contraire du chinois, une
langue polysyllabique avec de nombreuses flexions. Pour transcrire
le japonais, les caractères chinois prennent donc une seconde
valeur, phonétique et non idéographique, et, devant les
insuffisances du procédé, un premier syllabaire est
élaboré en 735.
Si le modèle chinois se répand
sans difficulté majeure dans l'entourage de la cour, sa
diffusion au-delà se heurte à la structure clanique de la
société japonaise. Le système fiscal ou la
conscription de type chinois sont inapplicables; le shintoïsme
règne en province.
La révolte des Aïnous
Les Aïnous se révoltent à
la fin du VIII
e siècle. On a longtemps
voulu rattacher les Aïnous au groupe des peuples
européens. Des études hématologiques (J.
Ruffié, 1978) ont montré qu'il n'en était
rien; ils sont probablement les derniers survivants des populations
paléo-asiatiques qui peuplaient l'Asie avant
l'arrivée des Mongoloïdes venus d'Asie centrale
au cours de la dernière glaciation.
A
la fin du XIX
e
siècle, ils vivaient encore de
pêche, de chasse et de cueillette. La population aïnoue
de Hokkaido et des Kouriles est aujourd'hui presque
complètement japonisée.
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