L'Etat d'Israël
Le 14 mai 1948, alors que les derniers soldats britanniques
quittent le territoire, David Ben Gourion proclame la création
de l'Etat d'Israël dans le cadre des frontières
délimitées par les Nations unies. Le nouvel Etat est
immédiatement reconnu par de nombreux Etats, dont la France,
les Etats-Unis et l'URSS. Dès le lendemain, il est
menacé de tous côtés par les armées de la Ligue
arabe.
Au cours des neuf mois qui suivent, les
forces arabes ne parviennent à occuper que les territoires qui
n'ont jamais été sous contrôle juif, à une
seule exception près : la légion de Transjordanie
investit Jérusalem. Les Nations unies délèguent sur
les lieux un médiateur, le prince Bernadotte de Suède,
pour tenter de mettre un terme aux hostilités. Mais il est
assassiné le 17 septembre 1948, sans doute par le groupe
Stern. L'Américain Ralph Bunch lui succède dans son
entreprise et parvient à obtenir un accord d'armistice en
février 1949. L'accord donne à Israël un
territoire légèrement plus étendu que celui que
prévoyait le découpage de l'ONU.
L'Egypte
conserve la bande de Gaza et le el-Auja sur le Néguev. Quant
à la Transjordanie, rebaptisée Jordanie, elle annexe la
majeure partie de la Samarie et de la Judée, sur la rive
droite du Jourdain. Jérusalem reste coupée en deux. Le
territoire arabe sous contrôle de l'ONU est désormais
partagé entre
Israël et la
Jordanie.
La question d'un Etat palestinien
L'une des conséquences de la naissance d'Israël et de la guerre qui s'ensuivit fut l'exode d'un grand nombre d'Arabes, les uns chassés par les hostilités ou par les extrémistes des deux bords, les autres craignant pour leur sécurité dans un Etat juif. Si une petite partie de ces réfugiés gagna les pays arabes environnants, la majorité d'entre eux fut relogée dans des camps - notamment en Syrie, en Jordanie et dans la bande de Gaza.
Le sort de ces réfugiés et de leurs descendants est aujourd'hui au centre du drame palestinien, et de l'hostilité permanente qui oppose Israël à ses voisins arabes. Leurs porte-parole, organisés en divers groupes sous l'égide de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) réclament pour ces réfugiés le droit de regagner leur terre natale et la création d'un Etat palestinien. Une étape majeure de ce processus intervint le 10 septembre 1993, lorsque Yasser Arafat, dirigeant de l'OLP, et Yitzhak Rabin, premier ministre d'Israël, signèrent des lettres de reconnaissance mutuelle, par lesquelles Israël reconnaissait l'OLP comme le représentant du peuple palestinien. Trois jours plus tard, un premier accord prévoyant de former un gouvernement palestinien provisoire pour contrôler la ville de Jéricho, sur la rive ouest du Jourdain, et la bande de Gaza fut signé. Au terme d'un traité signé le 4 mai 1994, les Palestiniens bénéficièrent d'une forme limitée d'autonomie, et les Israéliens s'engageaient à retirer leurs forces armées de la bande de Gaza et de Jéricho.
Après les accords conclus à Taba et signés à Washington le 28 septembre 1995, l'armée israélienne évacua les principales villes de Cisjordanie, à l'exception d'une partie d'Hébron, qui fait l'objet d'un statut particulier, et de Jérusalem-Est dont le statut n'a pas été abordé. Un Conseil palestinien de l'autonomie, présidé par Yasser Arafat, fut élu au suffrage universel en 1996.
Les négociations sur le statut définitif des territoires occupés devaient débuter au printemps 1996. Elles devaient aussi régler le sort de Jérusalem, des réfugiés et des colonies israéliennes de Cisjordanie et de Gaza. Mais l'assassinat du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin en novembre 1995, puis la défaite électorale de Shimon Peres face au leader de la droite Benyamin Netanyahou, en mai 1996, ralentirent considérablement le déroulement du processus de paix. Celui-ci, après la reprise des implantations juives à Jérusalem-Est et des attentats des islamistes du Hamas, en juillet-août 1997, paraît aujourd'hui bloqué.
Le 4 septembre 1999, Yasser Arafat signait à Charm el-Cheikh (Égypte) un nouvel accord avec le Premier ministre israélien, Ehud Barak, sur la mise en œuvre des accords déjà conclus à Wye River, en 1998. Selon les termes de ces accords, 11 % de territoires supplémentaires devaient être restitués aux Palestiniens, opération leur permettant de contrôler, avant le 20 janvier 2000, 42 % de la Cisjordanie dans les frontières d'avant 1967, non compris Jérusalem-Est. Outre l'autorisation d'Israël pour entreprendre la construction du port de Gaza, l'Autorité palestinienne obtenait également l'ouverture de passages protégés et placés sous sa juridiction entre Gaza et les territoires de Cisjordanie, ainsi que la libération de trois cent cinquante combattants palestiniens détenus en Israël. Soutenu par une partie de la communauté internationale et par le pape Jean-Paul II, avec qui il avait signé, le 15 février 2000, un accord historique de coopération, en vertu duquel le Vatican s'engageait à s'opposer à toute action unilatérale d'Israël à Jérusalem, le chef de l'Autorité palestienne s'employa alors à accélérer les discussions pour un règlement de paix définitif, une date butoir ayant été fixée au 20 septembre 2000.
Cependant, à la fin de septembre 2000, une visite controversée d'Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem provoquait une nouvelle intifada qui, en l'espace de quatre ans, ponctué par de sanglants attentats-suicides perpétrés par le Djihad islamique, suivis d'actions de représailles israéliennes, allait provoquer la mort de plus de 2600 Palestiniens. Malgré l'adoption par lONU, en mars 2002, d'une résolution historique mentionnant pour la première fois « la vision d'une région dans laquelle deux États, Israël et Palestine, vivent côte à côte à l'intérieur de frontières reconnues et sûres », la situation de la population palestinienne demeure catastrophique.
Afin de répondre aux pressions internationales réclamant le règlement du conflit, le Conseil législatif palestinien a adopté en mars 2003 une loi créant le poste de Premier ministre. Celui-ci doit prendre en charge l'ordre public et la sécurité intérieure. Mahmoud Abbas (dit Abou Mazen), secrétaire général du comité exécutif de l'OLP, fut le premier à occuper ce poste, de mai à septembre 2003. Démissionnaire, il fut remplacé par Ahmed Qoreï, qui occupait la fonction de président du Parlement.
Cependant, la mort de Yasser Arafat, en 2004, devrait modifier l'horizon politique et la question de l'existence d'un État palestinien, tout comme celle du processus de paix, qui semblaient compromises depuis la reprise des attentats, sont aujourd'hui susceptibles de connaître de nouveaux développements.
En janvier 2005, Mahmoud Abbas était élu à la présidence de l'Autorité palestinienne avec une large majorité des suffrages (66 %). Le 25 janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives palestinienne.
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