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Le Portugal depuis 1974


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Sommaire

 Après la dictature de Salazar
 Le Mouvement des forces armées (MFA)
 Mario Soares, le leader socialiste
 L'adhésion à la Communauté européenne

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Mario Soares
Photo EFE

Après la dictature de Salazar

La nature du nouveau régime fut moins nettement définie que celui qui avait été mis en place après la révolte de 1910 contre la monarchie. En 1910, la victoire du mouvement républicain avait été assurée ; bien que l'armée eût aussi joué un rôle déterminant, elle était désorganisée sur le plan idéologique, et n'avait pu intervenir de façon décisive qu'à partir de 1917 ; en 1974, la longue dictature de Salazar avait virtuellement éliminé tous les partis politiques, laissant un vide qui fut comblé par les militaires. La mobilisation populaire de 1910 se révéla beaucoup moins forte et moins étendue que celle de 1974 ; et, surtout, la classe ouvrière, qui ne constituait auparavant qu'une force secondaire, avait pris conscience de sa propre existence et acquit un véritable pouvoir.

 

Enfin, à la différence de 1910, en 1974, le Portugal fut obligé de prendre des décisions politiques urgentes par rapport aux colonies. C'est pourquoi le régime instauré en 1974 connut presque aussitôt nombre de turbulences alors que les factions militaires, les partis politiques naissants et les forces populaires enthousiastes tentaient d'agir et de s'influencer mutuellement.

 

La tentative du général Spínola de contenir la révolution pour qu'elle reste modérée, en limitant l'action des masses populaires et la décolonisation, échoua. Son éviction de la présidence le 30 septembre 1974, attribua le pouvoir au MFA, dirigé par le colonel Vasco Gonçalves, dont le gouvernement, bien que reconnaissant les avantages acquis par la classe ouvrière et l'indépendance totale des colonies, ne visa pas immédiatement un changement politique ou social plus radical.


Le Mouvement des forces armées (MFA)

A partir de janvier 1975 et jusqu'au 25 avril, tandis que le MFA se radicalisait progressivement et développait des liens étroits avec le parti communiste, il tenta de jouer un rôle politique dominant de façon permanente, malgré la résistance des socialistes et du parti populaire démocratique. La victoire remportée sur un coup d'État manqué, fomenté par la droite, en mars 1975, sembla assurer le triomphe du groupe MFA-communistes. Des nationalisations draconiennes s'ensuivirent, ainsi qu'un «pacte» imposé à tous les partis, garantissant au MFA un rôle institutionnel prédominant. En avril, cependant, les élections organisées pour choisir une assemblée constitutionnelle accordèrent la majorité aux partis prônant une prédominance civile, créant ainsi une double légalité.

 

Du 25 avril au 25 novembre 1975, une âpre lutte interne commença, lorsque la tendance pro-Gonçalves du MFA tenta d'assujettir les socialistes et le parti populaire démocratique. Cette tentative conduisit à une mobilisation de l'opinion catholique dans le nord ouvrier, contre Gonçalves, d'autres forces militaires de gauche dirigées par le général Otelo de Carvalho, et les communistes. La menace de guerre civile et le sentiment de répulsion devant l'éventualité d'une nouvelle dictature amenèrent les factions modérées du MFA et la plupart des autres dirigeants à se retourner contre Gonçalves, ce qui conduisit à son éviction en août.

 

Une confrontation décisive se produisit le 25 novembre : une révolte d'unités militaires de gauche s'acheva par leur reddition aux unités militaires commandées par le lieutenant-colonel António Ramalho Eanes. Carvalho perdit tout pouvoir, et les communistes furent contraints d'adopter une position plus modérée.

 

Après le 25 novembre 1975, toute tentative de mouvement nettement dirigé vers la droite se solda par un échec. Un compromis émergea progressivement, au sein duquel les militaires joueraient un rôle important mais non dictatorial, et la société, bien que conservant son objectif socialiste, resterait pluraliste en politique et diversifiée dans le domaine économique.


Mario Soares, le leader socialiste

La nouvelle Constitution portugaise fut promulguée en avril 1976, et des élections au Parlement furent organisées ce même mois. Les résultats semblèrent ratifier le compromis en maintenant la pluralité : Eanes, élu président en juin, choisit Mario Soares, le leader socialiste, comme Premier ministre.

 

Le gouvernement de Soares tomba en décembre 1977, à cause de ses propositions concernant les mesures d'austérité et de ses projets pour réformer la collectivisation de l'industrie et de l'agriculture. Il occupa encore ce poste en février 1978, mais quand les centro-démocrates se retirèrent en juillet de leur coalition avec les socialistes, il le perdit de nouveau.

 

En novembre 1978, Carlos de Mota Pinto, plus conservateur, forma un gouvernement, mais celui-ci s'effondra également, en juin 1979. Les élections organisées en décembre 1979 donnèrent la victoire à une coalition de centre droit, l'Alliance démocratique, composée des sociaux-démocrates, des centro-démocrates et d'un petit groupe de monarchistes, et Francisco Sá Carneiro fut nommé Premier ministre. La mort de Sá Carneiro dans un accident d'avion, trois jours avant l'élection présidentielle du 7 décembre 1980, contribua sans doute à la défaite du candidat de l'Alliance démocratique, le général António Soares Carneiro, et à la réélection de Eanes.

 


L'adhésion à la Communauté européenne

En 1986, le Portugal devint le douzième membre de la Communauté européenne. Malgré l'élection (puis sa réélection en 1991) du socialiste Soares à la présidence de la République, la fin des années 1980 fut marquée par l'accession au pouvoir, en novembre 1985, du social-démocrate Aníbal Cavaco Silva (centre droit). Ce dernier entreprit des dénationalisations et privatisa l'information.

 

Mais dès 1992, les tensions sociales s'avivèrent devant la rigueur de la politique économique qui cherchait à répondre aux critères de convergence du traité de Maastricht. Le Parti socialiste remporta ainsi les élections législatives de septembre 1995, avec Antonio Guterres qui devint Premier ministre, et l'élection présidentielle de janvier 1996, avec Jorge Sampaio. Cependant, malgré la réélection de ce dernier en 2001, le Parti socialiste essuyait une cinglante défaite lors des municipales du mois de décembre. Prenant acte de cette sanction de l'opinion publique, Antonio Guterres présentait sa démission du poste de Premier ministre.

 

En mars 2002, c'est le Parti social-démocrate (centre droit) qui sortait vainqueur des élections législatives anticipées, obtenant 40,12 % des suffrages (102 sièges), contre 37,85 % (95 sièges) pour le Parti socialiste. José Manuel Durao Barroso, président du PSD, a été appelé à former le nouveau gouvernement. Après la nomination de celui-ci à la présidence de la Commission européenne, en 2004, Pedro Santana Lopez lui a succédé, mais des remous au sein de sa coalition ayant entraîné l'instabilité du gouvernement, le président de la République prononça la dissolution du Parlement, tandis que le premier ministre annonçait sa démission et celle de son gouvernement à la fin de l'année.

 

Les élections législatives anticipées de février 2005 donnaient la victoire aux socialistes emmenés par José Socrates, qui, avec plus 45 % des voix, obtenaient la majorité absolue au Parlement (120 sièges sur 230). Cependant, c'est l'ex-premier ministre de centre-droit Anibal Cavaco Silva qui remportait l'élection présidentielle de janvier 2006.

 

Après avoir bénéficié des avantages de l'adhésion à la Communauté européenne, entre 1986 et 1992, le Portugal doit faire face aujourd'hui aux contraintes de l'intégration, ce qui provoque de vives inquiétudes.


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