
Sur les sentiers dominés par la chaîne du Pamir, les derniers chameaux de Bactriane sont seuls à nous rappeler que les caravanes qui se relayaient d'Ouest en Est débouchaient ici pour aller à Kashgar, grand centre d'échanges de tout l'Orient.
© Jocelyne Forgeot (site Carnet de voyages)
De
Chine en Occident
est supposée se dérouler, sur une dizaine de milliers de
kilomètres, une route dite «de la soie» en raison
d'un commerce dont le principal produit aurait été la
soie chinoise. Il s'agit là d'une schématisation
du problème majeur posé aux
civilisations
eurasiatiques: celui de leurs communications.
L'Eurasie comprend trois poches de
civilisation (le monde de l'Antiquité occidentale,
l'Inde et la
Chine), auxquelles la logique de leur fonctionnement impose
l'échange. Or, implantées à la
périphérie de l'Eurasie, elles sont
séparées par des étendues peu propices aux
communications. Il est donc vital pour ces civilisations
d'établir, malgré la géographie, des liens
entre elles.
La mer pouvait sembler le meilleur moyen
de relier
l'Asie à
l'Europe, mais
l'Afrique représente un tel obstacle que le recours à
la voie terrestre en devient rentable. Ce choix impose cependant
d'aménager sur des milliers de kilomètres au minimum
quelques pistes, appelées «route» par complaisance
linguistique. Il a existé d'autres itinéraires,
à travers les steppes du Nord ou les forêts par exemple,
mais qui répondaient à d'autres objectifs.
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