Les Etats-Unis demeurent la première
puissance mondiale sur les plans militaire et économique, mais
ses bases ne sont plus aussi fermes qu'au lendemain de la
Seconde Guerre
mondiale. Certes, depuis 1989, ils n'ont plus à
craindre le danger soviétique et peuvent être satisfaits
d'avoir «gagné la guerre froide», mais cette
victoire est arrivée comme par surprise, après un regain
de tension consécutif à l'invasion de
l'Afghanistan par l'URSS en 1979.
La prospérité des années 1980,
correspondant aux deux mandats du président républicain
Ronald Reagan, est restée fragile. Le développement des
activités de services a conduit au déclin des firmes
industrielles traditionnelles. Le budget fédéral est
caractérisé par un important déficit, à un
moment où de nombreux Américains ont à se plaindre
de la qualité des systèmes scolaire et de la santé.
Enfin, les mesures prises depuis 1960 pour éradiquer la
pauvreté et le racisme n'ont pas eu tous les effets
désirés: les émeutes de Los Angeles, en
mai 1992, attestent la permanence de ces problèmes.
Ces problèmes sont à
l'origine de l'élection à la présidence en
novembre 1992 du démocrate Bill Clinton. Ce dernier se voit
confier un second mandat en 1996, malgré la très nette
reprise en main du Congrès par les républicains en
1994. Mais ces difficultés ne doivent pas dissimuler les
nombreuses ressources dont disposent encore les Etats-Unis, le
dynamisme d'une population de plus de 263 millions
d'habitants, non plus que la capacité du pays à
exporter partout dans le monde sa culture et son mode de vie.
Elles indiquent toutefois la nécessité d'une
nouvelle prise de conscience collective permettant de faire face
aux défis du XXI
e
siècle, à commencer, sur
le plan économique, par l'émergence des puissances
de la façade orientale de l'Asie et, à
l'intérieur des frontières, par la désunion
sociale née du rejet du melting-pot.
Une mise à jour sur la
période américaine de 1995 à 2003 est
prévue.
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