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Portrait fictif de Tacite.
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En latin Publius Cornelius Tacitus. Historien romain. Tacite était issu d'une famille de l'ordre équestre de la Gaule transalpine, cette classe sociale dynamique et prospère qui servait de soutien à l'Empire Romain depuis le déclin des familles patriciennes romaines.
Maîtrisant parfaitement l'éloquence, il fit une brillante carrière politique: questeur, puis préteur (88); toutefois, pour ne pas attirer sur lui l'attention de l'empereur Domitien (81-96), toujours prêt à exiler ou à faire assassiner les personnages illustres de l'Empire.
Il n'accepta le consulat qu'en 97, sous l'empereur Nerva.
Bien que provincial et appartenant à l'ordre équestre, il entra au Sénat. Malgré une vive critique de la rhétorique désuète et stérile des sénateurs, il reproduisit implicitement les préjugés traditionnels de la classe dirigeante et défendit avec fierté son appartenance à la «caste sénatoriale» qui retrouva son lustre sous Trajan (98-117). C'est à cette situation qu'il dut de connaître constamment une vie calme.
Sa production littéraire, s'inscrivant dans le cadre de son amitié pour Trajan et Pline le Jeune, était appréciée par le milieu impérial. Tacite fut l'historien officieux du régime, ce qui ne l'empêcha pas d'être aussi un historien critique. Dans son Dialogue des orateurs, dont la date de publication n'est pas connue avec certitude, mais qui a dû être écrit vers 81, il se montre déjà un subtil historien et critique littéraire. Etudiant les causes du déclin de l'éloquence à Rome, il introduit la liberté comme élément d'explication, et tend à montrer que le régime impérial, en limitant la liberté politique et en subordonnant le talent des orateurs à la louange de l'empereur, déplace et pervertit la fonction de l'éloquence. Au temps de Cicéron, la rhétorique était un moyen d'arriver au pouvoir; sous Trajan, seule une rhétorique déférente permettait de s'assurer les bonnes grâces de l'empereur, donc un certain pouvoir. Le discours de Tacite est teinté d'un regret du temps de la liberté. Cette critique subtile fut tolérée par le régime de Trajan, qui se voulait libéral pour faire oublier le despotisme de Domitien.
Après la Vie d'Agricola (98), éloge funèbre de son beau-père, il publia la Germanie (vers 98), un traité sur les mœurs des Germains. Ces deux œuvres sont l'occasion d'une étude sociologique sur les «Barbares».
Le récit des campagnes d'Agricola en Bretagne (la Grande-Bretagne actuelle), et la compilation des récits des campagnes romaines en Germanie permettent à Tacite de brosser un tableau socio-historique de ces populations frontalières qui, à partir du moment où l'on commence à s'y intéresser, n'ont de barbare que le nom : dépassant les préjugés traditionnels, Tacite tend à reconnaître l'existence de cultures et de sociétés non romaines. Cette reconnaissance indirecte de la spécificité des Bretons et des Germains détruit l'image d'une barbarie homogène se définissant par opposition à la culture méditerranéenne.
Après les Histoires (publiées en 106), dont il ne reste que quatre livres, et qui décrivaient l'Empire de 69 à 96 (depuis la mort de Néron jusqu'à la chute de Domitien), Tacite publia les Annales (écrites vers 115-117), qui constituent, sans doute, sa grande œuvre historique. Elles sont consacrées à la période qui suit la mort d'Auguste; seuls nous sont parvenus les livres I à IV, un fragment des livres V et VI (sur Tibère) et les livres XI à XVI (deuxième partie du règne de Claude et quasi-totalité de celui de Néron). A la fois historien et moraliste, Tacite y dépeint avec pessimisme, dans un style d'une saisissante concision, les mentalités et les mœurs des hommes de son temps.
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