|

La porte de Xerxès à Persépolis Photographie Ramin Dehdashti
|
La seconde guerre médique
Roi achéménide de Perse (486-465). Xerxès, en perse Khshayarsha, était le fils aîné et le successeur de Darius I. Par sa mère, Atossa, fille du grand Cyrus, il était le descendant direct du fondateur de l' Empire achéménide.
Devenu empereur en 486, Xerxès dut réduire aussitôt une révolte égyptienne (486) et un soulèvement en Babylonie (482). Puis il reprit le projet de son père: soumettre la Grèce (seconde guerre médique). Ses préparatifs gigantesques y semèrent l'effroi. Rien d'étonnant si les historiens grecs dépeignent Xerxès comme un fou, passant de la fougue à l'indolence, capable de toutes les générosités comme des pires cruautés. En fait, il fut seulement un souverain absolu, irrité de la moindre résistance, qu'il tenait pour un sacrilège.
L'expédition vers la Grèce
L'expédition maritime de Darius
avait échoué. Xerxès emprunta la voie de terre. Le
«génie» réalisa d'énormes travaux: au
détroit des Dardanelles, on jeta un pont de bateaux,
bientôt emporté par la tempête; Xerxès fit
alors jeter dans les flots des entraves, signe de la soumission de
la mer au Grand Roi. Au printemps de 480, à Abydos,
Xerxès, assis sur son trône de marbre blanc, regarda son
armée s'engager sur deux nouveaux ponts de bateaux et
marcher vers la Grèce.
Les historiens grecs ont parlé de
6 millions d'hommes; 360'000 semble un maximum. La
diplomatie perse avait conclu des traités avec de nombreux
peuples grecs, et peut-être une alliance avec
Carthage pour
neutraliser les Grecs d'Occident.
La défaite de Salamine
La gigantesque armée perse
pénétra sans coup férir en
Grèce du
Nord, força le passage des Thermopyles (malgré
l'héroïsme de Léonidas), incendia Athènes.
Mais le Péloponnèse était
un camp retranché. La mauvaise saison approchait. Les Perses
attaquèrent la flotte grecque dans le détroit de Salamine
le 20 septembre 480. Les vaisseaux perses, trop nombreux, se
gênèrent, et Xerxès, qui assistait à la
bataille, sur un trône, du haut d'un promontoire, dut
contempler la destruction de sa flotte. Il rentra en Perse,
laissant derrière lui une partie de ses hommes, qui furent
encore battus, sur terre, à Platées, et sur mer, à
Mycale (479). Ces victoires donnèrent le signal de la
révolte aux Grecs d'Asie, qui, au bout de treize ans de
lutte,
Bilan de son règne
La Grèce ne serait jamais une
satrapie. Mais cette défaite, sur la périphérie,
n'affecta en rien l'immense Empire perse, mosaïque de
peuples s'étendant de l'Asie Mineure aux
frontières de l'Inde. Darius l'avait divisé en
satrapies, gouvernées par des nobles perses. Xerxès
renforça la centralisation et, malgré la tolérance
traditionnelle des Achéménides, lutta contre les
«faux dieux», sans doute pour briser l'opposition
politique des grands temples et en distribuer les dépouilles
aux «fidèles» (nobles de la cour). Il acheva les
palais de Persépolis, commencés par son père, et les
destina non à la résidence mais aux réceptions.
La fin de sa vie se passa en intrigues de
palais. Il fut assassiné par deux chefs de sa garde, Artaban
et Aspamithres, à l'instigation de son fils
Artaxerxès, qui lui succéda. Son tombeau se trouve à
Naqsh-I-Roustem, à cinq kilomètres de Persépolis.
|