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Portrait posthume d'Hérodote Datant du IVe siècle av. J.-C. Palais Massimo alle Terme
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Le «père de l'Histoire»
Historien grec. Hérodote, en grec Hêrodotos. Il est considéré, depuis Cicéron qui le premier lui a décerné ce titre, comme le «père de l'Histoire».
Il est né à Halicarnasse à un moment où la région, habitée par des Grecs, était dominée par les Perses, ce qui explique que son œuvre ne soit pas fermée aux cultures non helléniques. Surtout, c'est dans un climat de recherche intellectuelle qu'Hérodote fut élevé : aux alentours d'Halicarnasse, à Milet, Cos ou Mytilène, des érudits, conteurs d'histoires ou médecins, philosophes ou «géographes», faisaient de la région un foyer culturel majeur.
Une promenade triomphale
Issu d'une riche famille, Hérodote put, comme le firent la plupart des savants de son époque, consacrer une grande partie de sa vie à des voyages fructueux. Depuis l'Asie Mineure jusqu'en Sicile, à travers l'Egypte, la Cyrénaïque, la Babylonie, la Perse jusqu'à Suse, il rencontra des civilisations diverses, là où ses contemporains ne concevaient que la présence de «Barbares». Des régions (Afrique, territoire des Scythes) situées au-delà des limites du monde connu, considérées jusque-là comme le «néant», il recueillit et rapporta les mythes, parfois irrationnels, qui seront repris plusieurs siècles plus tard par les navigateurs portugais et espagnols.
Son voyage put se réaliser grâce à la rencontre d'hôtes grecs installés dans les pays visités ou d'étrangers hellénisés, qui lui donnèrent les renseignements qu'il recherchait, tant sur l'histoire, les coutumes ou les institutions des contrées traversées que sur la façon concrète de poursuivre son «reportage» vers une nouvelle étape.
Après plusieurs voyages et un long séjour à Athènes (446-443 av. J.-C.), au cours duquel il se lia avec Périclès et Sophocle, Hérodote se fixa finalement en Grande Grèce (Italie méridionale). C'est là qu'il entreprit la rédaction de son Enquête, ou Histoires, œuvre restée inachevée : il mourut pendant qu'il composait le récit des événements de l'année 478 av. J.-C.
L'Enquête ou les Histoires
Le mot grec historia signifie «recherche, exploration», d'où «connaissance», et le titre du récit d'Hérodote est traduit en français soit par « les Histoires», soit par «l'Enquête». L'Enquête a pour thème principal les guerres médiques et constitue le premier grand récit historique qui rompe avec la tradition du récit épique ; ainsi, Homère montre des hommes dirigés par les dieux, voire soumis à leurs volontés, tandis que les Grecs et les Barbares dont parle Hérodote sont des acteurs véritables, qui, certes, écoutent les oracles mais qui sont mus d'abord par leurs sentiments, et notamment par la vengeance. De plus, Hérodote, au contraire d'Homère, tâche de faire œuvre impartiale, puisqu'il ne critique pas de façon systématique les Barbares, au point qu'on lui reprocha d'être trop favorable aux Perses ; il n'hésite pas non plus à dire ce que sont, selon lui, les erreurs des Grecs, des Athéniens comme des Spartiates. Enfin, il écoute ce que lui racontent ses informateurs, mais cherche toujours à vérifier leurs dires ou alors s'en différencie en refusant d'endosser la responsabilité de leurs propos.
Esprit curieux et objectif, Hérodote ne s'est pas seulement efforcé d'établir la vérité et de montrer l'enchaînement des effets et des causes dans les événements qu'il évoque: il a mis également l'accent sur le cadre géographique et a donné sur les différents aspects de la vie des nations une multitude d'informations qui font aussi de son ouvrage le premier grand reportage. Il a été ainsi l'un des premiers Grecs à montrer que les Barbares ne forment pas un tout indifférencié, et que, sous ce terme, se trouvaient regroupés de multiples peuples avec leurs langues, leurs coutumes, leurs religions.
Organisation du récit L'Enquête s'organise en deux parties, et nous la connaissons aujourd'hui divisée en neuf livres, qui portent arbitrairement le nom des Muses. La première (livres I à IV) sert de vaste préface au récit des guerres médiques qui constitue la substance des livres V à IX.
Les trois premiers livres relatent l'édification de l'Empire perse et les diverses guerres internes que celle-ci a entraînées. Ainsi, le livre II est-il plus particulièrement consacré à la description de l'Egypte. Habitants, coutumes et traditions sont passés en revue, tandis que le troisième livre, à caractère plus chronologique, décrit l'invasion de ce pays par le souverain perse Cambyse II, qu'Hérodote dépeint comme un tyran assoiffé de sang.
Le quatrième livre présente des considérations géographiques et ethnographiques relatives à l'expédition des Perses contre les Scythes (dont l'auteur étudie les lois et l'histoire) et contre les peuples de la Cyrénaïque (province grecque, à l'emplacement de l'actuelle Libye).
Le cinquième livre est consacré à l'arrivée des Perses dans le nord de la Grèce, avec la conquête de la Macédoine. Cet épisode marque le début des guerres médiques entre Grecs et Perses, qui fait l'objet d'une étude détaillée dans les livres V à VIII.
Enfin, le neuvième et dernier livre se termine par le récit de la libération du joug perse des cités grecques d'Asie Mineure.
Un précurseur des chroniqueurs
Hérodote compose son Enquête
afin, écrit-il lui-même, d'«empêcher que le
passé des hommes ne s'oublie avec le temps, et pour
éviter que d'admirables exploits, tant du côté
des Grecs que de celui des Barbares, ne tombent dans l'oubli ;
et il donne en particulier la raison du conflit qui mit ces deux
peuples aux prises».
Sa recherche s'applique d'abord
aux événements humains et au cadre naturel au sein
duquel ils se déroulent, d'où cette conception de
l'histoire qui, dans les premiers temps, englobe la
géographie. Si l'œuvre d'Hérodote
s'attache plus particulièrement à la rencontre des
deux civilisations grecque et perse, elle introduit
d'innombrables éléments de géographie,
d'ethnographie et de mythologie. La cohérence des faits
exposés et la puissance dramatique des «nouvelles»
mêlées au récit historique sont exceptionnelles.
Avec Hérodote, les caractères
du genre littéraire apparaissent désormais définis
pour l'essentiel: exposé des recherches de
l'historien, qui transcrit les grandes actions des hommes et
les sauve ainsi de l'oubli, l'ouvrage vise en même
temps à distraire et à instruire mais
l'objectivité du récit est toujours de règle.
Ainsi, Hérodote se rapproche davantage des chroniqueurs du
Moyen Age que d'un historien comme Thucydide, qui chercha
à analyser les événements historiques - en
l'occurrence la guerre du Péloponnèse - en ne se
fondant que sur des faits parfaitement attestés.
Pour la première fois, la
prose
L'œuvre d'Hérodote, tant au niveau de la
forme que du fond, est la première des œuvres de
l'Antiquité écrite en prose à nous parvenir.
Cela n'est pas un hasard: comme le fait remarquer
Plutarque,
l'emploi de la simple prose, dépouillée de tous les
ornements du style poétique et du soutien que le vers
apporte à la mémoire, marque un progrès sensible
dans l'exercice de la pensée rationnelle et traduit le
souci primordial de rechercher et d'exposer la
vérité.
L'Enquête, à
l'époque où elle fut composée, était
destinée plus à être écoutée qu'à
être lue, et l'on retrouve çà et là des
répétitions, qui permettaient de diviser le récit
sans que les auditeurs soient obligés de connaître
l'ensemble de l'œuvre pour comprendre le passage lu.
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