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Hannibal

?, 247 avant J.-C. - Bithynie, 183 avant J.-C.
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 L'homme de guerre
 Le général en chef
 La seconde guerre punique
 Les défaites
 L'exil

 



Hannibal Barca

L'homme de guerre


Homme de guerre carthaginois. Hannibal ou Annibal. Fils d'Hamilcar Barca, qui avait mené la première guerre punique contre Rome, Hannibal devait, en prenant sa suite, montrer une audace et une ténacité qui font de lui un des grands stratèges de l'Antiquité.

L'enfant, éduqué dans la haine de Rome, reprendra plus tard à son compte la grande idée d'Hamilcar: conduire Carthage à prendre sa revanche sur sa rivale pour effacer la paix humiliante de 241, qui prive la cité punique d'une partie de son empire. A cette fin, Hannibal est élevé dès l'âge de 9 ans dans les camps militaires d'Espagne, pays dont les Barca ont entrepris la conquête.

A la rude école de la guerre, il montre très tôt de grandes qualités d'endurance et de sang-froid, sachant aussi se faire apprécier et admirer de ses soldats. L'historien romain Tite-Live écrit: «Jamais esprit ne se plia avec plus de souplesse aux deux choses les plus opposées: savoir obéir et savoir commander.» Outre ces «leçons pratiques de guerre», Hannibal reçoit une éducation soignée qui lui fait connaître la culture grecque, et il étudie avec minutie les campagnes militaires des grands généraux hellénistiques.  
 


Le général en chef
A la mort de son père en 229, il seconde son beau-frère Hasdrubal, et après l'assassinat de ce dernier (221) est élu général en chef. Il met aussitôt en application un plan grandiose: porter la guerre au cœur de l' Empire romain, en Italie même, non par la voie maritime mais par la voie terrestre, en prenant pour base l'Espagne et en traversant la Gaule, puis, en Italie, soulever les peuples récemment soumis à Rome; prise dans un étau, la ville, coupée de son arrière-pays, devait tomber.

De 221 à 219 il s'attaque aux peuplades à l'ouest de l'Èbre, puis accroît ses possessions en épousant une princesse de Castulon. Les opérations militaires commencent en 219-218 et se terminent en 201; elles correspondent à la seconde guerre punique, qui aboutit à la défaite de Carthage; mais Rome a connu des moments très difficiles et s'est vue à maintes reprises proche de sa perte.

La seconde guerre punique
En 219, Hannibal prend Sagonte, ville alliée de Rome, déclenchant sciemment la deuxième guerre punique, puisque cette opération viole le traité entre Rome et Carthage. En trois mois, Hannibal et ses troupes franchissent les Pyrénées, traversent le sud de la Gaule et les Alpes.  

La traversée des Alpes
La célébrité d'Hannibal s'est perpétuée grâce à l'exploit qu'il accomplit en traversant les Alpes, par le col du Petit-Saint-Bernard, avec une armée de 60'000 hommes et une cinquantaine d'éléphants. Seule la moitié des effectifs parvint dans la plaine du Pô, après un parcours rendu éprouvant tant par le froid que par le harcèlement de bandes de pillards auxquelles l'armée dut faire face, alors que la région lui était inconnue, ou n'était que partiellement reconnue.  

La victoire de Cannes
Sur le sol de l'Italie, à la Trébie, au Tessin, à Trasimène, Hannibal utilise au mieux le reste de ses troupes pour infliger à Rome de sévères défaites. A Cannes (en 216), les armées romaines connaissent un désastre sans précédent. L'ennemi étant supérieur en nombre, Hannibal décide de le disloquer. Pour cela, il dispose des troupes légères en rideau rectiligne devant la masse de son armée, rangée en arc de cercle, qu'il cache ainsi aux généraux romains. Aussi ceux-ci attaquent-ils le centre des troupes légères au centre, qui, bien appuyé, résiste. Hannibal laisse glisser sur les flancs de son armée les ailes des forces adverses; leur avance trop rapide les coupe de leur centre, et Hannibal saisit l'occasion pour les couper en deux. Il lance aussitôt son excellente cavalerie numide contre les îlots de l'armée romaine, qu'il anéantit, 45'000 Romains sont tués; 20'000 sont faits prisonniers.


Les défaites
Après sa victoire, Hannibal préfère ne pas attaquer Rome elle-même, soit par excès de prudence, soit par calcul justifiable.  

Toujours est-il qu'Hannibal s'enlise dans la conquête des villes du sud de l'Italie et que Rome réussit à reprendre l'initiative de la guerre. Les efforts d'Hannibal pour dresser contre elle l'Orient hellénistique échouent. Ses frères Hasdrubal et Magon sont battus alors qu'ils tentent de le secourir (207). Le général romain Scipion l'Africain inflige en Espagne de lourdes pertes aux Carthaginois, puis porte la guerre directement contre Carthage, qui rappelle Hannibal, finalement défait à Zama en 202.

L'exil
Sa forte popularité auprès de la plèbe et des soldats lui permet de rester comme suffète (magistrat suprême) un chef de la cité punique, qu'il réorganise habilement malgré les dures conditions de paix imposées par le vainqueur. Mais l'oligarchie marchande, qui craint ses désirs de revanche, s'appuie sur Rome, en sorte qu'Hannibal est contraint à l'exil pour ne pas être livré à ses ennemis (vers 195).

Toujours animé de la volonté de les combattre, il gagne Ephèse, où il mène la flotte d'Antiochus le Grand contre celle de Rome. En 190, Antiochus est vaincu, et Hannibal fuit à nouveau, en Crète puis en Bithynie. Il se met au service de Prusias, qui, sous la pression romaine, lui retire peu à peu sa protection. Sur le point d'être trahi et livré aux Romains, il s'empoisonne.

 
Pour en savoir plus
La conquête du bassin méditerranéen
Les guerres puniques




 
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