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Tite-Live
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Historien latin. En latin Titus
Livius.
Sa vie nous est mal connue. Des
études de rhétorique, commencées dans sa ville
natale, le conduisirent à Rome où, dédaignant la
carrière des honneurs, il se consacra tout entier aux lettres.
L'histoire de Rome
Tite-Live écrivit des Dialogues et
des Traités philosophiques aujourd'hui perdus, mais
s'adonna surtout à l'histoire. Malgré ses
convictions républicaines, il fut aidé et reçu
même dans son intimité par la famille impériale.
L'empereur
Auguste avait
compris très tôt que cette évocation des hauts faits
de
l'ancienne
Rome pouvait servir son prestige et son pouvoir.
Après la mort d'Auguste (14 ap.
J.-C.), Tite-Live quitta Rome et revint à Padoue. Son
Histoire de Rome (Ab Urbe condita libri) devait aller de la
fondation de la ville (754 av. J.-C.) à la mort
d'Auguste, et comporter 150 livres. Tite-Live commença
son travail dès 27 av. J.-C., mais ne put
l'achever (son récit s'interrompt à la mort de
Drusus en 9 av. J.-C.). Sur les 142 livres
qu'il a effectivement composés, nous n'avons
conservé que les dix premiers, ou première décade
(qui vont des origines à la troisième guerre samnite),
les livres XXI à XLV (qui traitent de la seconde guerre
punique et de l'annexion de la Macédoine) et quelques
fragments. L'ampleur de l'œuvre, difficile à
reproduire in extenso, explique ces lacunes importantes. Des
sommaires, ou periochae (comme celui de Florus au IIe
siècle), apparurent très tôt, constituant des
«manuels d'histoire nationale» (Jean Bayet) qui
témoignent de la faveur et du rôle presque officiel de
l'histoire livienne.
Le climat politique et idéologique de
la fin du premier siècle avant l'ère chrétienne
n'est pas étranger à cette conception d'une
Histoire générale de Rome que Tite-Live a su
développer. Au moment du passage délicat de la
République à l'Empire, il s'agit non seulement,
comme on l'a souvent écrit, d'élever «un
monument à la gloire de Rome», mais surtout de rappeler
l'ancienneté et la continuité sans faille de
l'histoire de la ville. Tandis que l'empereur restaure les
anciens temples, que les poètes comme Virgile ou Horace
évoquent les anciennes vertus des peuples du Latium,
l'historien exalte l'antiquité de la grandeur romaine.
L'histoire, selon Tite-Live, édifie plus qu'elle
n'explique. Elle n'est pas objective, même si la
probité de l'historien n'est pas en cause. Elle
idéalise les grands hommes et reste pleine de prévention
à l'égard des démocrates, qui offrent un exemple
trop dangereux.
Une histoire morale
On reproche souvent à Tite-Live de
recourir aux annalistes qui l'ont précédé
(Valerius Antias, Claudius Quadrigarius, Fabius Pictor, Caelius
Antipater, Polybe), sans les critiquer. Mais son but était de
dresser une fresque moralisatrice, et non d'établir
exactement des faits. On fait aussi grief à son classicisme
d'avoir édulcoré les textes légendaires ou
religieux de la Rome primitive. C'est oublier que les Latins de
l'époque augustéenne étaient incapables de
comprendre les rites et les coutumes des temps archaïques. En
revanche, son récit est souvent très vivant, pittoresque,
coloré. La composition générale de son ouvrage,
alternant avec soin les récits d'actes héroïques
et les discours fictifs à la manière des historiens
grecs, son style riche, régulier et majestueux (parfois
très proche de la période cicéronienne) montrent
à l'évidence que Tite-Live voulait, avant tout, faire
une «œuvre oratoire». Son admiration pour
Démosthène
et
Cicéron
éclaire sa conception de l'histoire en tant que genre
littéraire; comme l'orateur, l'historien doit toucher
par son éloquence dramatique.
Pendant toute la fin de
l'Antiquité
et jusqu'à
l'Epoque moderne
(voir le Discours sur la première décade de Tite-Live par
Machiavel), il
restera un des grands modèles, avec Plutarque, d'une
histoire davantage tournée vers l'édification morale
que vers l'analyse du changement.
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