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Histoire |
Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Contemporaine > Corot, Camille >
Corot, Camille
Paris, 16.07.1796 - id., 22.06.1875
© Hachette Multimédia/Hachette Livre
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Peintre français
Deux types de productions
Les faux Corot
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Jean-Baptiste Camille Corot Photographié par Nadar
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Peintre français
Baudelaire, dont la perspicacité en matière d'art ne s'exerça pas seulement à propos de Delacroix, a peut-être dit l'essentiel en écrivant au sujet de Corot : «Il étonne lentement, je le veux bien, il enchante peu à peu ; mais il faut savoir pénétrer dans sa science, car, chez lui, il n'y a pas un papillotage, mais partout une infaillible rigueur d'harmonie».
Jean-Baptiste Camille Corot, qui deviendra la figure centrale du paysage français à partir du deuxième tiers du XIXe siècle, naît en 1796 dans une famille de négociants parisiens, qui ne facilitent pas l'épanouissement de sa vocation.
Il commence à peindre à l'âge de vingt-six ans et sa formation s'effectue auprès d'Achille Etna Michallon – premier bénéficiaire, en 1817, du prix de Rome du paysage historique –, puis de Jean Victor Bertin, également peintre de paysages historiques. Sans toutefois suivre le parcours qui conduit au prix de Rome, il se rend en Italie en 1825. Le séjour, presque essentiellement romain, sera d'une extrême importance, car c'est au contact de la Ville éternelle et de sa lumière qu'il s'émancipe des modèles classiques qui se sont d'abord imposés à lui. Les œuvres romaines possèdent d'extraordinaires qualités luministes, tout en étant fort solidement construites.
Deux types de productions
On distingue alors chez Corot deux types de productions : l'une, officielle, destinée aux expositions, au Salon, et l'autre privée. Le peintre se livre à des études d'une liberté aussi franche que celles de Constable. Ainsi, à Paris, il présente en 1827 le Pont de Narni, composition très élaborée, dans l'esprit de Poussin et du Lorrain, alors que l'esquisse manifeste des qualités strictement modernes que ne conserve plus la toile «officielle». La Cathédrale de Chartres est de 1830. Il est de retour à Paris en 1834, d'où des périples picturaux le conduisent en Normandie, dans la Nièvre, en Auvergne, avant de s'établir à Ville-d'Avray.
C'est insensiblement, sans aucun souci d'être novateur, que Corot se détache de la tradition académique et qu'il se crée un langage personnel. Une grande fraîcheur d'observation, une capacité de rendre la première impression au moment de l'exécution de l'œuvre sont mises au service de paysages dont la «réalité» est transfigurée par la poésie.
Des compositions historiques (Danse des nymphes) et des portraits (Femme à la perle, 1870 ; Femme en bleu, 1874) caractérisent également l'œuvre de ce peintre évocateur de la nature, dont les tableaux présentent une sorte de transition entre Poussin et Monet, et ouvrent la voie à l'impressionnisme.
A ces qualités d'artiste s'ajoute une grande valeur humaine : généreux, Corot aide Daumier et la veuve de Millet. Corot s'éteint en 1875.
Les faux Corot
L'œuvre de Corot, d'après le catalogue de Robaut, comprendrait 2500 peintures. Pourtant, à la fin des années 1970 déjà, la douane des États-Unis, à elle seule, n'en avait pas moins enregistré 103’227 «Corot» à l'entrée dans ce pays.
Il est vrai que, du vivant de l'artiste déjà, les imitateurs ne manquaient pas. Les peintres Devillers et Morel-Lamy pastichèrent ses œuvres, et Corot, trop complaisant, authentifia souvent leurs toiles. Il n'est pas non plus impossible que certaines œuvres de son élève André-Julien Prévost portent, sur quelques centimètres carrés, des interventions de la main du maître, celui-ci collaborant souvent aux travaux de ses disciples par ces petites retouches susceptibles de modifier considérablement l'aspect général d'un tableau. On comprend, dans ces conditions, que le doute soit assez souvent permis. Le Château Saint-Ange à Rome (musée de Lille), dont l'auteur véritable est Caruelle d'Aligny, fut longtemps attribué à Corot, qui peignit exactement le même site à la même époque. De nombreux «Corot» sont en réalité des œuvres de Fleury (1804-1858), de Lapito (1803-1874) ou de Jules Coignet (1798-1860), contemporains du maître. En un sens, les faussaires de la fin du XIXe siècle n'ont donc fait que continuer une «tradition».
Malheureusement pour bien des collectionneurs, si de nombreux faux tableaux ont acquis une certaine valeur marchande (par exemple les faux Vermeer peints par Van Meegeren, ou les «Rembrandt» exécutés par Gerrit Vylenburg, parent de l'artiste), ce ne fut jamais le cas pour une toile fallacieusement signée Corot.
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