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Colomb, Christophe

Gênes, 1451 - Valladolid, 1506
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 Un projet longuement réfléchi
 Le premier voyage (1492-1493)
 Le deuxième voyage (1493-1496)
 Le troisième voyage (1498-1500)
 Le dernier voyage (1502-1504)

 



Christophe Colomb
Portrait de Ridolfo Ghirlandaio


Navigateur espagnol d'origine génoise. Christophe Colomb, en italien Cristoforo Colombo  ; en espagnol Cristobal Colón.

Des marins bretons, basques ou scandinaves avaient déjà accosté dans le nord de l'Amérique, à Terre-Neuve ou au Labrador ; le Dieppois Jean Cousin avait, dit-on, abordé à l'embouchure de l'Amazone dès 1488 ; mais on n'avait retiré de ces voyages ni profit ni enseignement.

Colomb, sur la foi de cartes planisphères représentant l'image que le Moyen Age se faisait du monde, crut à la possibilité d'atteindre par l'ouest, à travers un seul océan relativement étroit, les Indes orientales et Cipango, le Japon de Marco Polo.

Il y fut poussé par un singulier mélange de considérations géographiques et astronomiques - il était convaincu de la sphéricité de la Terre -, d'intérêt pratique - procurer à ses commanditaires, Portugal puis Espagne, une nouvelle route des épices -, et personnel - faire fortune. Enfin, il croyait venu le temps de réaliser certaines prophéties de l'Ecriture. Il n'était donc pas désintéressé, mais il est possible qu'il ait voulu consacrer une partie des richesses qu'il retirerait de ses découvertes à une nouvelle croisade pour reprendre Jérusalem aux Turcs.    


Un projet longuement réfléchi
La jeunesse de Christophe Colomb est mal connue, difficile à retracer avec exactitude car deux récits assez contradictoires la concernant coexistent : le premier d'un de ses fils, Fernando Colomb, le second de Bartolomé de Las Casas, fils d'un compagnon du navigateur et historien de la conquête espagnole en Amérique. Fernando Colomb affirmait que son père aurait très tôt été attiré par la navigation et la cartographie ; il insista sur l'érudition de son père et chercha à démontrer que sa découverte n'était en rien le fruit du hasard. Las Casas assurait lui aussi que Colomb était, en s'embarquant, «certain de découvrir ce qu'il a découvert», mais il se montra plus critique sur ses talents de gouverneur.  

Cristoforo Colombo, selon son nom italien, était issu d'une famille modeste, fils de tisserand et tisserand lui-même jusqu'au début des années 1470. Mais Colomb ne se contenta pas de l'horizon étroit que lui offrait le travail artisanal, et il souhaita se lancer dans le commerce lointain ; aussi voyagea-t-il bientôt pour le compte de la firme commerciale et bancaire des Centurioni, participant à des voyages en mer du Nord, vers l'Islande - qu'il aborda peut-être - et vers les côtes africaines. En 1477, il se rendit à Lisbonne, qui était alors la cité pionnière en matière de voyages et de découvertes, et aussi le meilleur port pour trouver navires et financement. Il s'y maria avec Felipa Perestrello, dont le père était capitaine. Colomb héritera de ses cartes et documents.  

Dès cette époque, Colomb lisait beaucoup, et il était un familier de quelques auteurs anciens, tel Pierre d'Ailly, qui, dans son Imago mundi, défendait l'idée de la rotondité de la Terre. Colomb croyait alors que l'océan séparant l'Europe des Indes n'était pas très large, et il forma peu à peu le projet de le traverser.  
 

Le premier voyage (1492-1493)
Colomb proposa d'abord son projet aux Portugais, qui, ayant découvert la route des Indes via le cap de Bonne-Espérance, le rejetèrent ; il négocia alors avec l'Espagne des Rois catholiques. Les pourparlers durèrent près de quatre ans ; Colomb se montrait sans scrupules, réclamant le titre d'amiral, la vice-royauté des terres découvertes et un dixième des richesses éventuelles. Afin de réaliser son entreprise, Colomb, sans doute plus opportuniste que sincère si l'on en juge par le traitement qu'il fit subir aux indigènes, donna à son projet une tournure religieuse, propre à plaire aux Rois catholiques : il insista sur l'entreprise d'évangélisation. Il avait également reçu le soutien de puissants personnages, comme le duc de Medina Celi, qui participa au financement du voyage.  

Les capitulations de Santa Fé
Le projet de Colomb arriva à un moment crucial de l'histoire de l'Espagne, son Annum mirabile, car 1492 est une «année merveilleuse» du point de vue des Rois catholiques : le 2 janvier, Grenade tombe et les musulmans sont chassés de la péninsule Ibérique, puis les juifs en sont expulsés à la fin du mois de mars. Isabelle la Catholique peut ainsi croire que le rôle de l'Espagne n'était rien de moins qu'évangéliser le monde. Poussé par Isabelle II, le roi Ferdinand accepta, par les capitulations de Santa Fé signées en avril 1492, d'armer des navires pour Colomb et de lui conférer le titre de vice-roi des terres à découvrir.  

La découverte
Le 3 août 1492, à la tête d'une flottille de trois caravelles, la Santa María, la Pinta et la Niña, Colomb embarqua au port de Palos et fit voile vers l'ouest. Après une escale aux Canaries, où l'on dut réparer un gouvernail, les trois navires s'élancèrent vers l'océan. Colomb, qui sous-estimait sa largeur, ne voyant pas la terre venir, trafiqua ses calculs pour laisser croire à son équipage qu'il maîtrisait sa route ; les pilotes des bateaux faisaient, eux, des calculs divergents ; tous se laissaient tromper par des végétaux qui dérivaient en provenance de terres que les marins pensaient être proches. A plusieurs reprises, l'équipage fut au bord de la mutinerie, mais Colomb parvint à calmer les esprits. Le 12 octobre 1492, un rivage fut atteint : Colomb crut alors avoir abordé aux Indes, mais il s'agissait en réalité de l'île de Guanahani (qu'il baptisa San Salvador), aux Bahamas.  

Un contact fut alors pris avec les indigènes, mais, ne trouvant ni or ni richesses, Colomb poursuivit son voyage, découvrit Cuba - dont les indigènes offrirent du tabac - puis Haïti, qu'il baptisa du nom d'Hispaniola ; il établit une garnison sur un site baptisé Navidad. En janvier 1493, poussés par le mauvais état des caravelles, les marins prirent le chemin du retour, qui fut marqué par de terribles tempêtes, et abordèrent au Portugal en mars.  
 


Le deuxième voyage (1493-1496)
L'accueil en Espagne fut triomphal, bien que les richesses ramenées fussent maigres. Doté désormais de moyens considérables, Colomb repartit, le 25 septembre 1493, à la tête de dix-sept navires. Il baptisa de nouvelles îles des noms de Dominique, Guadeloupe, Porto Rico. A Navidad, Colomb découvrit que la garnison avait été décimée par la syphilis et que les relations avec les indigènes s'étaient considérablement dégradées. Découvrant l'anthropophagie des populations locales, Colomb s'en servit comme prétexte pour justifier leur mise en esclavage, ce qui devait permettre de les évangéliser. Les richesses n'étaient toujours pas là, et Colomb rentra à Séville en juin 1496.  

Le troisième voyage (1498-1500)
Colomb repartit avec six caravelles. C'est lors de ce nouveau périple qu'il reconnut les côtes - déjà atteintes par Jean Cabot - du Venezuela, avec l'embouchure de l'Orénoque qu'il prit pour un fleuve issu du Paradis terrestre, car il ne parvenait pas à se le représenter comme issu des Indes ; il n'imaginait pas non plus qu'un autre continent se trouvait entre l'Europe et, précisément, ces Indes dont il pensait avoir atteint une région inconnue.  

Colomb avait dû vaincre nombre de critiques : on lui reprochait l'absence de rentabilité de son entreprise, mais aussi la mise en esclavage des indigènes. Il avait en effet institué le repartimiento, système de répartition des indigènes entre les Espagnols qui se développa par la suite dans les colonies espagnoles sous la forme de l'encomienda. Le repartimiento entraîna une mortalité élevée des indigènes, due à la fois au travail forcé, à l'insuffisance de la nourriture et à la rupture de la vie tribale et familiale ; les épidémies s'installèrent - rougeole et variole notamment - et les suicides devinrent fréquents.  

A Hispaniola, les colons espagnols se battaient entre eux, et Colomb ne parvint que difficilement à rétablir l'ordre. Les Rois catholiques envoyèrent un enquêteur, Francisco de Bobadilla, qui fit mettre Colomb aux fers et le renvoya en Espagne où il arriva le 25 novembre 1500. Non seulement il dut justifier de l'absence d'or dans les îles, mais également s'expliquer sur le trafic d'esclaves qu'il avait mis en branle vers l'Espagne, et qui semblait alors contraire aux premiers engagements. Il parvint cependant à retrouver quelque crédit, perdit son titre de vice-roi tout en conservant celui d'amiral, ce qui lui permit de partir une quatrième fois.

Le dernier voyage (1502-1504)
Avec quatre caravelles, Colomb explora les côtes du Honduras de 1502 à 1504, mais ne trouva toujours pas l'or escompté. Il ne comprit pas qu'il longeait un nouveau continent. Il s'enferma alors dans des considérations mystiques, se jugeant l'envoyé de Dieu tout en regrettant amèrement l'ingratitude de ses commanditaires. Enfin, il rentra en Espagne en novembre 1504.  

Colomb, malade, mourut à Valladolid le 20 mai 1506. En 1541, son corps fut transporté à Saint-Domingue pour y être enterré.

  • On trouvera sur le site dédié à Christophe Colomb "L'Amiral de la Mer Océane" une foule de renseignements sur le navigateur :une chronologie, une biographie détaillée, des portraits de Colomb, ses voyages, ses navires, les lieux en rapport avec Colomb, une documentation et des liens.

 
Pour en savoir plus
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