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Bèze, Théodore de

Vézelay (Bourgogne), 1519 - Genève, 1605
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia


 



Théodore de Bèze
© Centre d'iconographie genevoise - col. BPU


Ecrivain et réformateur. Après avoir abjuré le catholicisme en 1548, il embrassa le calvinisme et s'établit à Lausanne, où il fut professeur de grec à l'Académie.

A la suite de la condamnation au bûcher de Michel Servet, et pour réfuter le traité en faveur de la tolérance de Sébastien Castellion, Bèze publia en 1554 De haeriticis a civili magistratu puniendis, dont la traduction française paraîtra en 1560 sous le titre Traité de l'autorité du magistrat en la punition des hérétiques, plus connue sous le nom de Traité des hérétiques ; Bèze s'y montre un partisan des châtiments les plus extrêmes contre les hérétiques, les punitions ne pouvant de toute façon correspondre «à l'énormité d'un tel forfait».  

En 1558, il quitta Lausanne et s'installa à Genève où il retrouva un poste à l'Académie ; il devint alors le principal collaborateur de Calvin. En août 1561, il représenta les calvinistes lors du colloque œcuménique réuni à Poissy, sur les instances du chancelier Michel de L'Hospital, qui espérait parvenir à une entente entre catholiques romains et réformés ; de Bèze, en affirmant son refus tant de la transsubstantiation (catholique) que de la consubstantiation (luthérienne), ruina les espérances du chancelier. Il ne rentra cependant pas immédiatement à Genève, et Catherine de Médicis, qui voulait encore croire à une entente possible, le retint quelque temps auprès d'elle, le consultant sur ses décisions de politique religieuse.  

En 1564, à la mort de Calvin, de Bèze lui succéda dans les charges qu'il occupait à Genève. En 1574, il publia Du droit des magistrats sur leurs sujets ; il y développe l'idée que le but de l'Etat est d'œuvrer au bonheur des sujets, et que, en matière religieuse, le pouvoir civil doit se mettre au service de l'Eglise et réprimer les hérésies.  

On lui doit une tragédie, Abraham sacrifiant (1550), et de nombreuses œuvres à caractère religieux : Psaumes (1553-1563), Vie de Calvin (1563), Cours sur les épîtres aux Romains et aux Hébreux (1564-1566), les Vrais Portraits des hommes illustres (1573), Histoire ecclésiastique des Eglises réformées du royaume de France (1580). En outre, sa correspondance, très volumineuse, a été conservée et publiée.

 
Pour en savoir plus
Les débuts de la Réforme à Genève
Calvin et la "Rome protestante"




 
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