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Haendel, Georg Friedrich

Halle, 1685 - Londres, 1759
© Hachette Multimédia/Hachette Livre

Sommaire

 Une carrière européenne
 La consécration londonienne
 Synthèse et harmonie de styles chez Händel

 



Georg Friedrich Haendel

(ou Georg Friedrich Händel). Compositeur allemand naturalisé anglais.

Figure marquante du baroque et du classicisme européens, le compositeur, né la même année que Jean-Sébastien Bach et Domenico Scarlatti, fut le maître incontesté de l'opéra et de l'oratorio anglais.

Son œuvre, particulièrement expressive, appartient à la dernière phase des recherches musicales entreprises depuis la Renaissance.

Né en 1685, à Halle, dans une famille aisée, Georg Friedrich Händel est resté très attaché tout au long de sa vie à son père, barbier-chirurgien, et à sa mère, fille d'un pasteur, de vingt-six ans plus jeune que son époux.

Présenté au duc de Saxe-Weissenfels, qui remarque ses facultés musicales, il est initié dès l'âge de huit ans à la connaissance de l'orgue, du clavecin, du violon et du hautbois par Friedrich Wilhelm Zachow, l'organiste de l'église Sainte-Marie. Aussi apprend-il auprès de son premier maître l'art du contrepoint, de la fugue, ainsi que les principes de l'instrumentation. Ces techniques et procédés de composition vont apparaître dans ses trois Arias allemandes (1698) et reviendront constamment dans ses œuvres de maturité.


Une carrière européenne

Avant de s'installer dans la ville prospère et cosmopolite de Hambourg, il obtient un contrat d'organiste à la Domkirche de sa ville natale et fait la connaissance de Georg Philipp Telemann, avec qui il nouera une amitié durable. A l'âge de dix-huit ans, Händel maîtrise déjà presque tous les genres musicaux, mais il est particulièrement attiré par l'opéra. Cette nouvelle forme théâtrale baroque, née au début du XVIIe siècle à Florence, apparaît tardivement en Allemagne : inauguré en 1678, le premier théâtre d'opéra du pays se trouve à Hambourg. Händel entre dans l'orchestre de l'Opéra grâce à l'appui de Johann Mattheson, compositeur et théoricien de la musique, qui l'introduit également dans les cercles culturels hambourgeois.

La création, en 1705, de son premier opéra, Almira, remporte un succès retentissant, mais il est rapidement effacé par l'accueil réservé que reçoit Nero. Händel choisit alors de composer un oratorio (Il Trionfo del Tempo), une cantate (Aci), des sonates, des concertos pour hautbois, un livre d'initiation aux instruments à clavier, mais il ne renonce pas à son ambition d'écrire des oeuvres de plus grande envergure.

Dans l'espoir de trouver des conditions de travail favorables, le compositeur se rend en Italie, en 1706, à l'invitation de Jean-Gaston Médicis, fils du grand-duc de Toscane. Vite déçu de la vie musicale à Florence, Händel décide alors d'aller à Rome, où il est accueilli par le prince Ruspoli, qui reçoit des compositeurs aussi réputés qu'Arcangelo Corelli et Domenico Scarlatti. C'est pourtant à Florence qu'il donnera son Rodrigo, dont le succès est tel que Händel sent venu pour lui le moment de partir à la conquête de Venise, capitale de l'art lyrique. En 1709, le succès sans précédent du nouvel opéra, Agrippina, de ce jeune compositeur (il était alors à peine âgé de vingt-cinq ans) confirmera définitivement sa renommée internationale : l'ouvrage fut vraisemblablement représenté 27 soirées consécutives. Pour autant, la carrière européenne de Händel ne faisait que commencer.


La consécration londonienne

Händel se rend pour la première fois à Londres en 1710, quinze ans après la mort de Henry Purcell, dont la disparition a signifié le déclin de la vie musicale anglaise. La création de Rinaldo au Queen's Theatre, quelques semaines après son arrivée, remporte un tel triomphe qu'au printemps 1712 le compositeur décide de s'installer définitivement dans la capitale anglaise, rompant son contrat de maître de chapelle à la cour de Hanovre. Händel saura gagner la faveur de la reine Anne en composant une ode pour son anniversaire. La souveraine lui commande une œuvre pour commémorer la paix d'Utrecht (Te Deum, 1713), qui marque la fin de la guerre de la Succession d'Espagne.

Considéré comme un compositeur national, Händel voit sa position privilégiée compromise dès l'accession au trône de George Ier, l'ancien Electeur de Hanovre, qu'il avait quitté précipitamment quelques années plus tôt. Cherchant à tirer profit du prestige international de Händel, le monarque lui augmente sa pension et, en 1716, lui demande de l'accompagner à Hanovre.

Pendant son séjour à Cannons, de 1717 à 1719, le compositeur s'initie au genre qui contribuera à sa notoriété : la musique d'inspiration religieuse, en langue anglaise. Il compose alors, dans le fastueux palais ducal, les Chandos Anthems, inspirés de psaumes bibliques.

À l'Académie royale de musique, société de souscripteurs dont il occupe le poste de directeur musical en 1719, Händel se trouve en concurrence avec les compositeurs italiens Giovanni Battista Bononcini et Filippo Amadei, qui soulèvent l'enthousiasme du public avec des œuvres d'une grande sensualité sonore. Mais, grâce à quatre nouveaux opéras, cette joute s'achève par la consécration définitive de Händel. Deux fois réorganisée, l'Académie royale de musique connaît des difficultés grandissantes pour financer ses représentations au King's Theatre, ce qui conduit à sa réorganisation, en 1728, puis à sa dissolution, en 1737.

A la suite d'une attaque cardiaque, le musicien connaît un regain de ferveur religieuse et finit par abandonner l'opéra pour l'oratorio : le Messie (1742) sera suivi d'une demi-douzaine d'œuvres écrites «non pour divertir, mais pour rendre meilleur le public». Mais le maître incontesté de l'oratorio ne se cantonne pas dans ce genre musical : la création de sa Musique pour les feux d'artifice royaux (1749), qui célèbre la fin de la guerre de la Succession d'Autriche, attire plus de 12 000 spectateurs dans les jardins de Vauxhall.

Opéré de la cataracte en 1752, le compositeur devient aveugle, mais il poursuit une intense activité jusqu'à la fin de sa vie : il se consacre, avec l'aide de son secrétaire, à la correction d'anciennes partitions. Il assiste encore à une audition du Messie au Covent Garden, mais il meurt huit jours après, le samedi saint 14 avril 1759, laissant derrière lui une œuvre qui reste jusqu'à nos jours, et sans interruption, au programme des concerts et des théâtres d'opéra.


Synthèse et harmonie de styles chez Händel

Comme Jean-Sébastien Bach, Händel acquit l'essentiel de ses connaissances musicales en étudiant et en recopiant des partitions. Quand il quitte l'Allemagne pour l'Italie, il est donc familiarisé avec les œuvres de Froberger, Kerll, Pachelbel ou Keiser. Il a parfaitement assimilé les langages musicaux de l'Allemagne du Nord et du Sud : le contrepoint, le rythme rigide, la mélodie simple des cantiques. En Italie, Händel achève sa formation au contact de ses confrères et, outre la musique instrumentale, il développe l'usage de la mélodie séduisante que l'on peut chanter dans les rues ; aussi découvre-t-il la nature et la pastorale idyllique. En Angleterre, il apprend à composer dans le style de Purcell. Il connaît aussi le style accentué et rythmé des musiciens français.

Händel a su assimiler les principaux styles à l'honneur à son époque, qu'il a coordonnés selon la destination de ses œuvres, employant la sonate italienne dans une ouverture instrumentale ou imitant l'antienne anglaise dans une œuvre religieuse. Mais sa musique, enrichie par une grande invention mélodique, une exubérance et une liberté créative, ne manque jamais d'originalité. Le compositeur sait varier la couleur de l'orchestre, les timbres instrumentaux et, dans ses nombreux opéras, parvient à traduire toutes les émotions et les passions humaines, comme dans la scène de la folie d' Orlando ou dans la scène du cachot de Rodelinda.

Grand improvisateur à l'orgue ou au clavecin, Händel a composé très vite : il a parachevé le Messie en trois semaines. Il gardait toujours auprès de lui ses propres manuscrits et de nombreuses copies d'œuvres d'autres musiciens, ce qui lui a permis de puiser fort souvent dans ses anciennes compositions (comme pour Israël en Egypte), mais aussi dans celles des autres. Composant surtout au clavecin, Händel a cherché inlassablement à améliorer et à enrichir ses œuvres, qu'il a sans cesse remaniées.

Le nouveau catalogue HWV (Händel Werke Verzeichnis) répertorie 610 œuvres authentiques. Händel a abordé tous les genres de musique. Il a composé des opéras, des odes, des oratorios, de la musique sacrée, des cantates profanes, des duos et trios vocaux avec accompagnement, des chansons et des hymnes. Son œuvre pour orchestre comprend des concertos grossos, des concertos pour divers instruments, en particulier pour orgue, des suites et des ouvertures. Dans le domaine de la musique de chambre, outre des sonates pour divers instruments, on trouve de très nombreuses pièces pour clavier. Mais ce qui domine, c'est le nombre impressionnant des opéras et des oratorios.

Par sa maîtrise exceptionnelle de l'opera seria, en langue italienne, Händel est un des plus grands compositeurs de musique de scène, et ses œuvres, qui annoncent Gluck et Mozart, sont toujours représentées avec succès. Les oratorios de Händel, en langue anglaise, sont moins des œuvres religieuses que de véritables drames bibliques ou mythologiques, très proches de l'opéra. Händel fut aussi le successeur de Purcell comme compositeur officiel chargé de célébrer les cérémonies de la famille royale ou les victoires des armées anglaises.





 

 
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