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Gengis Khan

Delün Boldaq, vers 1162 - Qingshui, 1227
Source Encyclopédie Wikipédia


 



Gengis khan


Sommaire

     Biographie
         Naissance
         Enfance
         Union des tribus
         Fondation de l'Empire mongol
             Dynastie des Xia occidentaux
             Deuxième dynastie Jin
             Kara-Khitans
             Khwarezm
             Dynastie des Xia occidentaux et la Deuxième dynastie Jin
         Mort
     Famille
         Succession
         Étude sur les descendants
     Croyance religieuse
     Influence sur l'Histoire militaire
     Perception de Gengis Khan aujourd'hui
         Perception négative de Gengis Khan
         Perception positive de Gengis Khan
         Gengis Khan comme symbole de la Mongolie
         En Chine
         Dans diverses publications
         Films sur Gengis Khan
     Musiques sur Gengis Khan

 

Gengis Khan, d'abord nommé Temüdjin, né vers 1155/11622 dans l'actuelle province de Hentiy (Mongolie), mort en 1227 dans l'actuel district de Qingshui (Chine), est le fondateur de l'Empire mongol, le plus vaste empire contigu de tous les temps. Né Temüdjin ou Temüjin dans le clan Bordjigin, il utilisa son génie politique et militaire pour unifier les tribus turques et mongoles de l'Asie centrale et ainsi fonder son empire, le plus vaste empire contigu de tous les temps.

Gengis Khan est une figure légendaire et fortement respectée en Mongolie, où il est vu comme le père de la nation. Cependant, dans beaucoup de régions de l'Asie et du Moyen-Orient, où lui et ses successeurs ayant été responsables de nombreuses guerres et conquêtes entraînant la mort de dizaines de millions de personnes, il représente un conquérant impitoyable et sanguinaire.

Avant de devenir khan puis khagan, Temüdjin unit plusieurs tribus nomades de l'Asie de l'est et de l'Asie centrale sous une nouvelle identité commune en tant que « mongoles ». Commençant par l'invasion de la dynastie des Xia occidentaux et de la deuxième dynastie Jin en Chine du nord puis par de nombreuses conquêtes dont l'Empire des Khwârazm-Shahs en Perse, les Mongols dominèrent l'Eurasie et y changèrent radicalement la démographie et la géopolitique.

Gengis Khan régna sur une majeure partie de l'Asie, incluant la Chine, la Russie, la Perse, le Moyen-Orient et l'Europe de l'est. Après sa mort en 1227, ses fils et petit-fils ont dirigé et développé l'empire pendant plus de 150 ans. Son petit-fils, Kubilai Khan, devint le premier empereur de la dynastie Yuan en Chine.

Biographie

Naissance

La rivière Onon en automne, une région qui a vu naître et grandir Temüdjin est une région d Asie centrale couverte de steppes.
La rivière Onon en automne, une région qui a vu naître et grandir Temüdjin est une région d'Asie centrale couverte de steppes.

« Gengis Khan » écrit en mongol traditionnel
« Gengis Khan » écrit en mongol traditionnel

Il y a très peu d'informations vérifiables sur Gengis Khan avant qu'il ne commence ses conquêtes. Les quelques sources sur cette période ne sont pas toujours en accord. Fondées sur des légendes transmises par ses biographes, les jeunes années du futur conquérant sont difficiles à cerner.

Initialement prénommé Temüdjin (du turco-mongol temür, tömör : fer, le « plus fin acier »), il est né vers 1155 ou plus tard (1162 ou 1165) dans une tribu mongole près de la province de Hentiy, à proximité de la montagne Burkhan Khaldun, non loin de l'actuelle capitale de la Mongolie, Oulan-Bator.

L’Histoire secrète des Mongols indique que Temüdjin est né en tenant un caillot de sang dans son poing, ce qui, dans le folklore mongol traditionnel, est une indication que l'enfant est destiné à devenir un grand chef. Temüdjin est le fils aîné de Yesügei, le chef du clan des Qiyat de la tribu Bordjigin (mongol : ????????). Il était le vassal de Toghril, le chef des Kéraït. Yesügei est également le petit-fils de Khabul Khan. La mère de Temüdjin, Hö'elün, épouse principale de Yesügei, fut enlevée de la tribu Merkit.

Selon l’Histoire secrète des Mongols, Gengis tient son nom d'un chef de clan tatar que son père venait de capturer. Le nom suggère également que sa famille ait pu être des descendants d'une famille de forgerons.

À sa naissance, les quarante clans mongols sont déchirés par des guérillas intestines et divisés face à leurs parents et rivaux, Turcs et Tatars. Comme beaucoup d'autres tribus, ils étaient nomades.

Puisque son père est un chef de clan, de même que ses prédécesseurs, Temüdjin est d'origine noble. Cette position sociale, relativement plus élevée, lui servira lorsqu'il demandera le soutien d'autres tribus. Néanmoins, le mythe lui attribuera comme ancêtres un loup gris-bleu, une biche blanche et « Alan Qo'a », une femme fécondée par un rayon de soleil.

Enfance

À neuf ans, en 1164, il est fiancé à Börte « La Céruléenne », du puissant clan des Khongirats et doit vivre auprès de sa belle famille afin de gagner par son travail, selon la coutume, le prix de sa fiancée. La même année, il aurait tué un ours à mains nues. Son père meurt peu après, empoisonné dans la steppe lors d’un festin partagé avec les Tatars. Temüdjin étant alors trop jeune, le clan ne se soumet pas à lui et c’est le clan des Tayitchiout (Taïdjioutes) qui s’empare du pouvoir. Ils excluent la veuve de Yesügei et ses quatre enfants (les trois frères et la sœur de Temüdjin).

Il passe les années suivantes avec sa famille en suivant le mode de vie des nomades. Capturé un jour par la tribu rivale des Tayitchiouts et par leur chef Targutaï, il réussit à s'échapper peu de temps après avec l'aide d'un de ses ravisseurs. Pendant ces années de misère, se battant pour manger, Temüdjin et son frère Kassar tuent leur demi-frère Bekter. Petit à petit, il reconstitue un patrimoine.

Genghis Khan et Ong Khan.  Illustration provenant d un manuscrit de Jami al-tawarikh (XVe siècle.
Genghis Khan et Ong Khan. Illustration provenant d'un manuscrit de Jami al-tawarikh (XVe siècle.

Le fort caractère de Temüdjin lui permet d'avoir des amis fidèles dont Bo'ortchu et Djamuqa, même si ce dernier finira par le trahir, et des ennemis.

Vers 1181, il épouse Börte, obtenant un statut social grâce à sa belle-famille, mais elle est enlevée par la tribu des Merkit. Temüdjin, avec l’appui de Toghril et de Djamuqa, chef des Djadjirat, écrase les Merkit sur les bords de la Buura, affluent de la Selenga, et délivre sa famille. Son premier fils Djötchi naît en 1182, quelques mois après la libération de sa femme, entretenant des doutes quant à sa paternité.

En 1184, Temüdjin a un deuxième fils Djaghataï, suivi deux ans plus tard par un troisième nommé Ögödeï, puis en 1193, un quatrième nommé Tului.

Temüdjin, que les historiens dépeignent comme grand, sec et musclé, est un farouche guerrier mais aussi un habile politicien, ce qui va lui servir dans sa tentative d'unification des tribus mongoles. Sa renommée grandit et de nombreux jeunes gens avides d'aventures le rejoignent. Parmi eux, Qubilai, Djelmé, Djebé la Flèche, Subötai resteront toujours ses quatre chiens féroces.

Union des tribus

Nations d Eurasie vers 1200.
Nations d'Eurasie vers 1200.

À cette période, les peuples nomades d'Asie centrale sont divisés et facilement manipulés par les peuples sédentaires dirigés par de puissants monarques, tels ceux de la dynastie Jin au nord de la Chine.

Se forgeant de solides amitiés parmi les chefs des clans mongols, Temüdjin réussit, après une série de guerres et d'alliances mouvantes, à se faire nommer Khan vers 1195 ou 1197 par le qüriltaï (assemblée plénière). Son élection le brouille avec Djamuqa.

Gengis met rapidement en place des lois qui deviendront par la suite le Yasaq, un code politique et moral teinté de traditions ancestrales, qui servira de référence à ses successeurs.

En 1202, Temüdjin vainc les Tatars avant de dominer la Mongolie orientale puis centrale.

En 1206, un nouveau qüriltaï proclame Gengis empereur, prenant le titre de Tchingis Qaghan qui signifie en turco-mongol : « Souverain Océanique », ou plutôt « souverain universel » (de Tchingis = « océan » (cf. mongol tengis et turc deniz : mer, océan) et Qaghan = « souverain », c’est-à-dire en mongol moderne : Cingis Xaan). Il est désormais connu sous le nom de « Gengis Khan ». La Mongolie est née.

Fondation de l'Empire mongol

Dynastie des Xia occidentaux

Empire du Grand Khan (Dynastie Yuan)}}
Empire du Grand Khan (Dynastie Yuan)

Entre 1206 et 1209, Gengis lance sa première campagne sur la Dynastie des Xia occidentaux après avoir envoyé son fils Djötchi soumettre une tribu du nord. Cette conquête aboutit à un accord de paix, l'empereur du Xia occidental reconnaît son infériorité et promet d'associer ses troupes à celles de Gengis en cas de besoin.

Diverses tribus se rallient spontanément à Gengis Khan comme les Qarluq et les Ouïghours dont l'alphabet, encore en usage de nos jours en Mongolie, est intégré. Par la suite, suivent les Khitans et les Kara Khitaï.

Deuxième dynastie Jin

Dynastie des Xia occidentaux, dynastie Jin (jaune), dynastie Song (rouge) et royaume de Dali en 1142.
Dynastie des Xia occidentaux, dynastie Jin (jaune), dynastie Song (rouge) et royaume de Dali en 1142.

Cependant, la cible principale de Gengis reste la Deuxième dynastie Jin, tant pour des raisons de revanche que pour s'accaparer les richesses de la Chine du nord. La guerre est déclarée en mars 1211. Malgré sa préparation, il est bloqué deux années près de la Grande Muraille mais en profite pour prendre la Mandchourie. Victorieux en campagne, les Mongols voient leurs assauts repoussés dans la conquête des grandes villes jusqu'au développement d'armes de siège.

Il avance ensuite avec trois armées au cœur du territoire, entre la Grande Muraille et le Huang He. Après avoir dévasté le nord de la Chine et pris de nombreuses villes, il capture Pékin en 1215 mais refuse d'entrer personnellement dans la ville. Ses successeurs y seront ensuite vaincus, mais pas avant 1234.

Kara-Khitans

Entre-temps, certains de ses adversaires se réfugient vers l'ouest et se cachent dans le royaume des Kara-Khitans (ou Qara Khitaï), pourtant allié occidental de Gengis. Le Khan envoie Djebe, l'un de ses généraux, à sa poursuite par la conquête du territoire, qui, selon lui, conspirait contre-lui. De population majoritairement musulmane mais sous la coupe des bouddhistes, les Mongols sont accueillis comme des libérateurs. En 1217, Gengis quitte la Chine, laissant son général Muqali en charge des régions conquises.

Khwarezm

Le royaume des Khwârazm-Shahs (1190–1220)
Le royaume des Khwârazm-Shahs (1190–1220)

En 1218, Gengis envoie des émissaires dans une province orientale du Khwarezm afin de parlementer avec le gouverneur. Ceux-ci sont exécutés. Gengis réplique en envoyant une force de 100'000 à 200'000 hommes et en pénétrant en Sogdiane. Dès 1220, le Khwarezm est vaincu, Boukhara et Samarcande sont occupées.

En 1221, il occupe Bactres (Balkh) et arrive jusqu'à l'Indus où, près de quinze siècles auparavant, un autre conquérant, Alexandre le Grand, s'était arrêté en provenance de Grèce. Son petit-fils, Mütügen meurt à Bâmiyân.

Dynastie des Xia occidentaux et la Deuxième dynastie Jin

L Empire de Gengis Khan.
L'Empire de Gengis Khan.

L'empereur du Xia Occidental (Xixia) ayant refusé de prendre part à la guerre contre le Khwarezm, Gengis lui promet un châtiment. Alors qu'il est en Iran, le Xia Occidental et Jin s'allient contre les Mongols.

Avec le temps, Gengis prend l'avenir avec plus de considération et s'assure une sélection de successeurs parmi ses descendants. Il choisit son troisième fils Ögödei comme héritier et établit une méthode de sélection de ses sous-chefs spécifiant qu'ils doivent provenir de sa descendance directe. Dans un même temps, il étudie les rapports de ses espions sur le Xia Occidental et Jin et prépare une force de 180000 hommes pour sa nouvelle campagne.

En 1226, Gengis Khan attaque les Tangoutes sous le prétexte qu'ils hébergeaient des ennemis des Mongols. En février, il s'empare des villes de Heisui, Gan-zhou et Suzhou. À l'automne, il prend Xiliang-fu. Un général de Xixia défie les Mongols dans une bataille près de la montagne Helanshan, mais son armée est vaincue. En novembre, Gengis mène le siège contre la ville tangoute de Ling-zhou puis traverse le Fleuve Jaune et anéantit le reste de l'armée tangoute. Un alignement de cinq étoiles est observé le soir de cette bataille.

En 1227, il attaque la capitale tangoute et s'empare de Lintiao-fu en février. En mars, il prend Xindu-fu et la préfecture de Xining. En avril, la préfecture de Deshun. À Deshun, le général Xixia Ma Jianlong résiste aux Mongols pendant plusieurs jours et mène personnellement les attaques pour les maintenir en dehors de la ville. Ma Jianlong meurt peu après sous les assauts des archers mongols. Après avoir conquis Deshun, Gengis se dirige vers la montagne Liupanshan pour passer l'été. Sur la montagne, il décrète que les Mongols ne doivent plus tuer aveuglément, conformément à la parole qu'il avait eue un an auparavant, lors de l'alignement des cinq étoiles.

Mort

Monument commémoratif de Gengis Khan à Hohhot
Monument commémoratif de Gengis Khan à Hohhot

Gengis meurt des suites d'une chute à cheval lors d'une partie de chasse. Il aura le temps d'exposer à son plus jeune fils, Tolui, les plans qui seront plus tard utilisés pour achever la destruction de l'empire de Jin.

Son corps est ramené en Mongolie. Sur le chemin du retour, son escorte tue tout témoin du cortège afin que le lieu de sa dernière demeure reste secret. Ce lieu n'ayant pas été découvert, le mausolée de Gengis Khan n'est en fait qu'un cénotaphe.

Le nouvel empereur de Xixia se rend aux Mongols. Les Tangoutes capitulent probablement le 12/août/1227, après 190 ans d'existence. L'empereur tangoute et la famille royale sont exécutés.

Famille

Extension maximale de l Empire Mongol.
Extension maximale de l'Empire Mongol.

Temujin avait trois frères et une sœur :
 Khasar (frère)
 Khajiun (frère)
 Temüge (frère)
 Temülen (sœur)

Avec son épouse Borte fille de Dei Seichen, Onggirat, et de Tchotan ; mariée en 1180 ; morte après 1206/1207, il eut quatre fils et cinq filles:

 Djötchi (1182–1227) (paternité douteuse)
 Djaghataï (1184 —1241)
 Khojen Beki, ° (1185) ; fiancée en 1202 à Tusakha, fils de Senggum, fils d’Ong Khan, chef Kerait ; mariée avant 1206 Botu, fils de Nekün, Ikire
 Ogedei (1186—1241)
 Alaqai Beki, ° (1187/1190) mariée I 1207 Alaqush Digit Quri, chef des Ongüt, + 1211 ; mariée II 1211 Jingue, neveu de Alaqush Digit Quri, + (1221) ; mariée III Boyaohe, ° 1208 ; fils de Alaqush Digit Quri
 Tolui (1190–1232)
 Tümelün, ° (1192) ; mariée avant 1206 Chigu, fils d’Anchen, fils de Dei Sechen, chef des Onggirat
 Altalun, ° (1193) ; mariée I avant 1206 Olar, chef Olqunu’ut ; mariée II Taichu, fils d’Olar, chef des Olqunu’ut ; mariée III après 1227 (fiancée 1209) Barshuq Art Tegin, chef des Uighurs ; + peu après 1227
 Checheyigen, ° (1194) ; mariée 1207 Törölchi, fils de Quduka beki, chef des Oirat

Succession

Ögödei, le troisième fils de Gengis, sera celui qui le remplacera en tant que « Grand Khan ».
Ögödei, le troisième fils de Gengis, sera celui qui le remplacera en tant que « Grand Khan ».

Le Khagan successeur ne pouvait avoir de réelle légitimité que s'il était du même sang que Gengis Khan, limitant donc les successeurs potentiels à la seule famille du dernier Khagan. Tolui assura la régence de la mort de Gengis en 1227 à la nomination d'Ögödei en 1229 après une autre assemblée plénière.

Les quatre fils de Gengis Khan avaient participé aux campagnes de leur père et occupèrent donc des rôles de première importance dans l'empire. Si Ögödei devint Khagan, ses trois frères devinrent Khan de différents Khanats

À partir de 1260, l'Empire Mongol se divisait en quatre ulus (mongol ulus, uls : pays, région) :
 au nord-ouest, les steppes russes, territoire de la Horde d'Or où régnaient les descendants de Djötchi
 au sud-ouest, le domaine des Ilkhans de Perse descendants de Hülegü, fils de Tolui
 au centre, le khanat de Djaghataï, fief des descendants de Djaghataï
 à l'est, englobant la Mongolie, la Chine des Yuan, dynastie fondée par Kubilai Khan

Étude sur les descendants

Pièce mongole  Grands Khans , frappée à Balk en Afghanistan, vers 1221.
Pièce mongole "Grands Khans", frappée à Balk en Afghanistan, vers 1221.

Statue de Gengis Khan devant son mausolée
Statue de Gengis Khan devant son mausolée

Tatiana Zerjal et d'autres chercheurs déclarent en 2003 avoir identifié une lignée de chromosome Y sur environ 8% des hommes d'une grande partie de l'Asie (soit environ 0.5% du total mondial des hommes). L'étude démontre que la forme des variations génétiques trouve son origine il y a 1000 ans en Mongolie. Une expansion aussi rapide n'a pas pu se faire par simple dérive génétique mais par sélection naturelle. Les auteurs supposent que cette lignée est portée par des descendants de Gengis Khan et qu'elle s'est répandue par sélection sociale.

En plus des Khanats et d'autres descendants, la mère de l'empereur moghol Bâbur était une descendante de Gengis Khan. Tamerlan, chef militaire du XIVème siècle, prétendit aussi descendre de Gengis Khan.

Croyance religieuse

Les traditions animistes des Mongols étaient assez profondes. La relative absence de pratiques religieuses ne masquait pas leur attachement à Tengri, le dieu du Ciel. Certains auteurs rapportent que Gengis Khan était un strict monothéiste faisant preuve d'une grande tolérance vis-à-vis des autres croyances.

Influence sur l'Histoire militaire

Reconstitution historique d un mouvement militaire mongol.
Reconstitution historique d'un mouvement militaire mongol.

Gengis Khan récupère et met en exergue les atouts des Mongols, ce sera la base des conquêtes mongoles. Mais Gengis Khan participe en de nombreux points au développement des stratégies et des tactiques de combat.

L'armée repose sur un système décimal sans doute d'origine achéménide, le « tümen », les armées étant divisées en groupes de 10, 100, 1000 et 10000 hommes. Les liens étroits des clans mongols sont adaptés aux unités de combat, mettant l'accent sur le collectif avec les recrues au centre et les vétérans sur les ailes.
Le mausolée de Gengis Khan situé dans la région de l Ordos
Le mausolée de Gengis Khan situé dans la région de l'Ordos

Dès 1217, Gengis s'intéresse au problème des attaques de places fortifiées. Aidés par des artilleurs chinois qu'il forme en corps d'armée, ils bâtissent progressivement les techniques qui feront d'eux de redoutables meneurs de sièges, en particulier grâce à l'utilisation de poudre à canon.

L'arc réflexe (très ressemblant à un arc recourbé), précis et maniable, est réputé être l'arc le plus efficace.

Les chevaux originaires des steppes sont endurants. Ils peuvent parcourir jusqu'à 100 kilomètres par jour en conditions optimales. Ils se nourrissent facilement avec ce qu'ils trouvent. Les campagnes d'hiver sont préférées, les chevaux étant reposés et rassasiés.

Les soldats disposent de plusieurs chevaux, généralement au moins trois, afin d'avoir une monture fraîche toujours disponible.

La tactique, loin des clichés de hordes barbares, est très travaillée. Évitant les grands affrontements, ils préfèrent le harcèlement pour démoraliser. Ainsi, une technique appliquée est la charge directe avec un repli avant le contact simulant une fuite, les ennemis se lancent de manière désordonnée à la poursuite des fuyards en rompant la formation. Une fois arrivés sur un terrain favorable, les cavaliers mongols décochent des flèches par-dessus leur épaule, décimant les adversaires. Cette technique de tir sera appelée « flèche de Scythe ou du Parthe ».

Perception de Gengis Khan aujourd'hui

La porte du mausolée de Gengis Khan
La porte du mausolée de Gengis Khan

Perception négative de Gengis Khan

En Irak et en Iran, il est vu comme un seigneur de guerre sanguinaire et génocidaire qui causa d'immenses destructions. Un descendant de Gengis, Hulagu Khan, détruira une grande partie du nord de l'Iran. Il est l'un des conquérants les plus haïs des Iraniens, avec Alexandre le Grand et Tamerlan.

Il en est de même en Afghanistan, au Pakistan ainsi que dans d'autres pays non turcs à majorité musulmane, bien que dans certains pays il faille nuancer le tableau. On raconte que l'ethnie des Hazaras d'Afghanistan descend d'une grande garnison mongole qui stationnait autrefois sur leur terre d'origine. Les sacs de Bagdad et de Samarcande causèrent des massacres et le sud du Khuzestan fut complètement détruit. En Russie, Ukraine, Pologne et Hongrie, Gengis Khan, ses descendants et les Mongols et/ou Tatars sont généralement décrits comme de grands destructeurs.

Aujourd'hui, Gengis, ses descendants, ses généraux et les Mongols en général restent connus pour leurs forces militaires féroces, leur endurance, leur cruauté et leurs conquêtes destructives dans les livres d'histoire du monde entier.

Perception positive de Gengis Khan

Genghis Khan représenté sur le revers d une pièce de monnaie kazakhe de 100 Tenge.
Genghis Khan représenté sur le revers d'une pièce de monnaie kazakhe de 100 Tenge.

La perception négative de Gengis Khan est donc très courante, beaucoup d'historiens citant souvent la cruauté de son règne et la destruction provoquée par les troupes mongoles, mais certains mettent l'accent sur les aspects positifs des conquêtes de Gengis Khan. Il est parfois crédité d'avoir mis la route de la soie sous un système politique cohérent. Ce système aurait ainsi théoriquement accru la communication et le commerce entre le monde occidental, le Moyen-Orient et l'Asie en étendant les horizons de chacun. Plus récemment, des historiens remarquent que Gengis Khan a instauré certains niveaux de méritocratie, et qu'il semblait assez tolérant envers les religions. Aujourd'hui, en Turquie, on voit en Gengis Khan un grand chef militaire et beaucoup de garçons sont nommés en son honneur.

Gengis Khan comme symbole de la Mongolie

Gengis Khan a longtemps été énormément respecté par son peuple pour ses victoires militaires et son association avec la culture et les systèmes politique et militaire mongols. Durant la République populaire mongole, il deviendra un symbole encombrant. Gengis Khan et les Mongols étaient des sujets sévèrement réprimés par un gouvernement qui craignait probablement un regain de ferveur nationaliste. Par exemple, en 1962 la construction d'un monument sur son lieu de naissance et une conférence en son honneur mena à des critiques de la part de l'URSS et le licenciement de Tömör-Ochir, un secrétaire du Comité central du Parti révolutionnaire du peuple mongol.

Statue équestre de Genghis Khan, la plus grande au monde (40 mètres de haut), près d Oulan Bator, en Mongolie.
Statue équestre de Genghis Khan, la plus grande au monde (40 mètres de haut), près d'Oulan Bator, en Mongolie.

Quand la démocratie est instaurée en Mongolie après la révolution démocratique du début des années 1990, le souvenir de Gengis Khan et l'identité nationale mongole virent un renouveau ; Gengis Khan lui-même deviendra la figure centrale de cette identité. Il n'est pas rare d'entendre les Mongols appeler la Mongolie , eux-mêmes et Gengis Khan , surtout les plus jeunes.

Beaucoup de choses sont nommées en son honneur : produits, rues, immeubles, parcs... On peut voir son portrait sur des bouteilles de boisson alcoolisée ainsi que sur les billets de 500, 1000, 5000 et 10000 tögrög. Le principal aéroport du pays, près de la capitale, Oulan-Bator, fut rebaptisée , de grandes statues le représentant ont été érigées devant le parlement et près d'Oulan-Bator.

Il y a un débat continuel sur la surutilisation de son image et la crainte de la voir banalisée. La Mongolie le voit comme une figure centrale de la fondation de la nation mongole et comme le socle de l'idée de la Mongolie comme pays.

Aujourd'hui, Gengis Khan est largement reconnu comme l'un des leaders mongols les plus grands, les plus légendaires et les plus aimés. On le croit responsable de l'émergence des Mongols en tant qu'identité ethnique et politique, ainsi qu'à l'origine de l'écriture mongole et de la yassa, premier code juridique mongol.

Il y a une incompréhension sur la perception de sa brutalité, les Mongols croyant souvent que les documents historiques, écrits pour la plupart par des non-Mongols, sont injustement trop sévères envers Gengis Khan, exagérant sa barbarie et ses massacres et minimisant son rôle positif. Il renforça beaucoup de traditions mongoles et offrit la stabilité et l'unité aux Mongols à une époque très incertaine dû à des facteurs internes et externes.

En Chine

Monument à Hulunbuir
Monument à Hulunbuir

La République populaire de Chine considère Gengis Khan comme un héros national chinois. Pour justifier ce point de vue, on affirme le plus souvent qu'il y a plus de Mongols habitant la Chine que partout ailleurs, y compris en Mongolie. On affirme aussi que son petit-fils, Kubilai Khan, fonda la dynastie Yuan qui réunifia la Chine. Toutefois, les historiens (en particulier les Occidentaux), dressent une image contrastée de Gengis Khan en Chine. Car si ses descendants réussirent à conquérir militairement la Chine, il y eut aussi beaucoup d'œuvres d'art et de littérature le louant comme un grand chef militaire et un génie politique. En tout cas, les Mongols ont laissé des traces importantes et durables, quoique discutables, sur les structures sociales et politiques chinoises.

Dans diverses publications

L'influence de Gengis Khan est estimée dans plusieurs publications :
 Il est classé 29 dans « Classement des 100 plus influentes personnalités de l’Histoire » ( " 100, a ranking of the most influential persons in history "), compilée par Michael H. Hart en 1992;
 Il est élu par le journal The Washington Post le 31 décembre 1995 ;
 Il est élu l'une des en 1998 par G. Ab Arwel et cinq juges (D. Owain, G. Parry, C. Campbell, S. Evans et B. Parry).
 Il est aussi l'un des selon le magazine National Geographic.

Films sur Gengis Khan

 La Rose noire, film américain d'Henry Hathaway avec Orson Welles, 1950.
 Le Conquérant, film américain de Dick Powell avec John Wayne, 1955.
 Genghis Khan, film Royaume-Uni - Allemagne de l'Ouest>>-Yougoslavie de < Gengis Khan, film documentaire français, produit par Edward Bazalgette, sponsorisé par la BBC et FR2, 2005
 The Blue Wolf: To the Ends of the Earth and Sea (Aoki Ôkami : chi hate umi tsukiru made), film nippo-mongol de Shinichiro Sawai avec Takashi Sorimachi, 2007.
 Mongol de Sergei Bodrov Sr. Russie - Kazakhstan>>-Allemagne avec < Genghis Khan, film russe d'Andrei Borissov 2010.

Musiques sur Gengis Khan

 Genghis Khan pièce musicale instrumentale du groupe Iron Maiden sur l'album Killers et en face B du single Purgatory sorti en 1981.


Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Wikipédia en français

 
Pour en savoir plus
L'immense empire mongol
La dynastie Yuan
Tamerlan






 
Personnages liés

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