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Gengis khan
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Le fondateur de l'Empire mongol
Conquérant mongol. Gengis Khan, Khan des Mongols étendit sa puissance sur l'Asie centrale, la Chine septentrionale et le Turkestan russe. Fondateur d'une lignée de dominateurs, il est l'un des personnages les moins bien connus, mais aussi l'un des plus célèbres, de l'histoire des hommes.
Après avoir unifié la Mongolie (l'Ulus mongol) sous son autorité, Gengis Khan organise son empire sur lequel il fait régner une discipline sévère.
La conquête du pouvoir
A l'époque où naît
Témudjin Uge (le «plus fin acier»), les quarante
clans mongols sont déchirés par des guérillas
intestines et divisés face aux nomades rivaux, Turcs et
Tatars.
Une renommée précoce
Agé de 9 ans, Témudjin a déjà une
étonnante réputation: il aurait tué un ours à
mains nues. Son père, Yèsugèi, chef du clan des
Torrents, le fiance à Bortë, du puissant clan des
Khongirats. Yèsugèi meurt bientôt, empoisonné
par un Tatar. Craignant pour sa propre vie, Témudjin
s'enfuit dans les montagnes mais il est capturé par
l'ennemi de sa famille, Targutaï, du clan des
Taïdjioutes. Il s'échappe. Sa renommée grandit
et de nombreux jeunes gens avides d'aventures le rejoignent.
Parmi eux, Bortchou, Djelmé, Djebé «la
Flèche», Subötai resteront toujours ses
«quatre chiens féroces».
Guerrier et stratège
A 19 ans, Témudjin, que les historiens nous
dépeignent grand, sec et musclé, est un farouche guerrier
mais aussi un habile politique. Il rassemble les clans autour de
lui. La partie décisive se joue en 1201. Grâce
à une tactique déconcertante, reprise aux cavaliers
scythes
, Témudjin défait tous ses
ennemis, les Turcs naïmans, les Tatars et surtout, à la
bataille des Soixante-Dix Manteaux, ses rivaux mongols, les
Taïdjioutes. Le Kouriltaï (Grand Conseil) de 1206 le
consacre chef suprême des Mongols. Il sera désormais
connu sous le nom de Tchinkkiz Khan (Gengis Khan), le
«souverain universel».
Le code de Gengis Khan
Le Yassak est le code promulgué par
Gengis Khan au lendemain du Kouriltaï de 1206 pour tenter
de donner une cohésion au peuple mongol (les peuples vaincus
n'y furent pas soumis). Dans ce code, Gengis insiste sur le
principe de sa souveraineté absolue et sur la
nécessité de l'union des Mongols. Le Yassak constitue
par ailleurs un code pénal exhaustif et rigoureux qui surprend
par son sens de la justice (tout délit doit être
attesté par trois témoins).
Les grands qui oppressent les faibles
sont condamnés sans appel. Le Yassak s'étend à
tous les domaines de l'existence et il nous fait voir Gengis
Khan sous un aspect méconnu. L'adultère est
sévèrement puni, les beuveries sont
autorisées. une fois par mois. Il est interdit
d'uriner en public et de se baigner pendant un orage
(?).
Code civilisateur, le Yassak insiste sur
les vertus chères aux nomades: quiconque ne partagera pas son
repas avec le voyageur sera puni. Ce code s'étend à
tous mais, faveur spéciale, les quatre compagnons fidèles
du Khan verront leurs huit premiers délits pardonnés.
Le conquérant de la haute Asie
En quelques années, Gengis va emmener
à la conquête du monde un peuple numériquement
faible, déchiré par les luttes fratricides et à
peine sorti de l'hégémonie turque. Les Mongols vont
briser l'élan de l'islam vers l'est et mettre la
chrétienté en danger.
La conquête de la Chine
Ayant réussi à unifier son peuple, Gengis Khan
lance, en 1215, ses cavaliers à l'assaut de la
Chine du Nord. La guerre est d'une sauvagerie sans
égale: les civils sont massacrés, les champs
retournés, les digues arasées, les canaux comblés.
Pékin brûle pendant 70 jours. Les cités
résistent farouchement. Gengis crée un embryon de
gouvernement avec les «quatre bureaux ouïgours».
Il se tourne alors vers l'ouest et conquiert l'empire des
Turcs Kara K'itaï (Kara-Khitaï, aujourd'hui
Turkestan oriental): il est désormais maître de toute
la haute Asie (1218).
La conquête du Kharism
En 1220, il détruit l'empire turc (rival du
Kara K'itaï) du Kharism (ou Kharezm, aujourd'hui
Turkménistan); il rend les populations musulmanes à leurs
imans, tandis que Djebé et Subutaï contournent la
Caspienne en un raid éclair et défont les Bulgares de la
Volga et les Russes: l'Europe entend parler pour la
première fois de Gengis Khan. Au Kharism, Gengis se montre
moins dur qu'en Chine: les musulmans ne sont pas soumis à
la sévère loi mongole.
L'incarnation du péril jaune
Cet homme alors âgé, bon vivant,
amateur de festins, est aussi un personnage complexe. Il serait
faux de voir en lui un barbare inculte: dans Karakorum, sa
capitale, nestoriens, musulmans chiites et sunnites, mazdéens,
bouddhistes, brahmanistes, taoïstes et même
chrétiens romains viennent discuter religion et philosophie;
Gengis les écoute avec intérêt.
Il aura une fin digne de lui.
En 1227, il se dirige vers le royaume des Tangoutes du Kan
Sou, pour assouvir une vengeance vieille de vingt ans,
malgré la malédiction d'un moine tibétain. Il
meurt au soir de la victoire, le 18 août 1227. On
ne sut jamais si ce fut de maladie ou d'empoisonnement.
Toujours est-il qu'il eut sa revanche: 300'000 têtes
tangoutes étaient tombées dans la journée.
Outre le retentissement considérable
de ses conquêtes sur l'Asie et même sur l'Europe,
on peut affirmer que l'influence de ce conquérant a
été plus grande encore par-delà les siècles.
Personnalisation anticipée du «péril jaune», il
a sans doute fortement contribué à remuer les
imaginations et à donner à l'Europe sa cohésion
face à l'Asie.
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