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Gengis Khan

Delün Boldaq, vers 1162 - Qingshui, 1227
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 Le fondateur de l'Empire mongol
 La conquête du pouvoir
 Le code de Gengis Khan
 Le conquérant de la haute Asie
 L'incarnation du péril jaune

 



Gengis khan

Le fondateur de l'Empire mongol


Conquérant mongol. Gengis Khan, Khan des Mongols étendit sa puissance sur l'Asie centrale, la Chine septentrionale et le Turkestan russe. Fondateur d'une lignée de dominateurs, il est l'un des personnages les moins bien connus, mais aussi l'un des plus célèbres, de l'histoire des hommes.

Après avoir unifié la Mongolie (l'Ulus mongol) sous son autorité, Gengis Khan organise son empire sur lequel il fait régner une discipline sévère.


La conquête du pouvoir
A l'époque où naît Témudjin Uge (le «plus fin acier»), les quarante clans mongols sont déchirés par des guérillas intestines et divisés face aux nomades rivaux, Turcs et Tatars.

Une renommée précoce
Agé de 9 ans, Témudjin a déjà une étonnante réputation: il aurait tué un ours à mains nues. Son père, Yèsugèi, chef du clan des Torrents, le fiance à Bortë, du puissant clan des Khongirats. Yèsugèi meurt bientôt, empoisonné par un Tatar. Craignant pour sa propre vie, Témudjin s'enfuit dans les montagnes mais il est capturé par l'ennemi de sa famille, Targutaï, du clan des Taïdjioutes. Il s'échappe. Sa renommée grandit et de nombreux jeunes gens avides d'aventures le rejoignent. Parmi eux, Bortchou, Djelmé, Djebé «la Flèche», Subötai resteront toujours ses «quatre chiens féroces».  

Guerrier et stratège
A 19 ans, Témudjin, que les historiens nous dépeignent grand, sec et musclé, est un farouche guerrier mais aussi un habile politique. Il rassemble les clans autour de lui. La partie décisive se joue en 1201. Grâce à une tactique déconcertante, reprise aux cavaliers scythes
, Témudjin défait tous ses ennemis, les Turcs naïmans, les Tatars et surtout, à la bataille des Soixante-Dix Manteaux, ses rivaux mongols, les Taïdjioutes. Le Kouriltaï (Grand Conseil) de 1206 le consacre chef suprême des Mongols. Il sera désormais connu sous le nom de Tchinkkiz Khan (Gengis Khan), le «souverain universel».  
 

Le code de Gengis Khan
Le Yassak est le code promulgué par Gengis Khan au lendemain du Kouriltaï de 1206 pour tenter de donner une cohésion au peuple mongol (les peuples vaincus n'y furent pas soumis). Dans ce code, Gengis insiste sur le principe de sa souveraineté absolue et sur la nécessité de l'union des Mongols. Le Yassak constitue par ailleurs un code pénal exhaustif et rigoureux qui surprend par son sens de la justice (tout délit doit être attesté par trois témoins).

Les grands qui oppressent les faibles sont condamnés sans appel. Le Yassak s'étend à tous les domaines de l'existence et il nous fait voir Gengis Khan sous un aspect méconnu. L'adultère est sévèrement puni, les beuveries sont autorisées. une fois par mois. Il est interdit d'uriner en public et de se baigner pendant un orage (?).

Code civilisateur, le Yassak insiste sur les vertus chères aux nomades: quiconque ne partagera pas son repas avec le voyageur sera puni. Ce code s'étend à tous mais, faveur spéciale, les quatre compagnons fidèles du Khan verront leurs huit premiers délits pardonnés.

Le conquérant de la haute Asie
En quelques années, Gengis va emmener à la conquête du monde un peuple numériquement faible, déchiré par les luttes fratricides et à peine sorti de l'hégémonie turque. Les Mongols vont briser l'élan de l'islam vers l'est et mettre la chrétienté en danger.  

La conquête de la Chine
Ayant réussi à unifier son peuple, Gengis Khan lance, en 1215, ses cavaliers à l'assaut de la Chine du Nord. La guerre est d'une sauvagerie sans égale: les civils sont massacrés, les champs retournés, les digues arasées, les canaux comblés. Pékin brûle pendant 70 jours. Les cités résistent farouchement. Gengis crée un embryon de gouvernement avec les «quatre bureaux ouïgours». Il se tourne alors vers l'ouest et conquiert l'empire des Turcs Kara K'itaï (Kara-Khitaï, aujourd'hui Turkestan oriental): il est désormais maître de toute la haute Asie (1218).  

La conquête du Kharism
En 1220, il détruit l'empire turc (rival du Kara K'itaï) du Kharism (ou Kharezm, aujourd'hui Turkménistan); il rend les populations musulmanes à leurs imans, tandis que Djebé et Subutaï contournent la Caspienne en un raid éclair et défont les Bulgares de la Volga et les Russes: l'Europe entend parler pour la première fois de Gengis Khan. Au Kharism, Gengis se montre moins dur qu'en Chine: les musulmans ne sont pas soumis à la sévère loi mongole.

L'incarnation du péril jaune
Cet homme alors âgé, bon vivant, amateur de festins, est aussi un personnage complexe. Il serait faux de voir en lui un barbare inculte: dans Karakorum, sa capitale, nestoriens, musulmans chiites et sunnites, mazdéens, bouddhistes, brahmanistes, taoïstes et même chrétiens romains viennent discuter religion et philosophie; Gengis les écoute avec intérêt.  

Il aura une fin digne de lui. En 1227, il se dirige vers le royaume des Tangoutes du Kan Sou, pour assouvir une vengeance vieille de vingt ans, malgré la malédiction d'un moine tibétain. Il meurt au soir de la victoire, le 18 août 1227. On ne sut jamais si ce fut de maladie ou d'empoisonnement. Toujours est-il qu'il eut sa revanche: 300'000 têtes tangoutes étaient tombées dans la journée.  

Outre le retentissement considérable de ses conquêtes sur l'Asie et même sur l'Europe, on peut affirmer que l'influence de ce conquérant a été plus grande encore par-delà les siècles. Personnalisation anticipée du «péril jaune», il a sans doute fortement contribué à remuer les imaginations et à donner à l'Europe sa cohésion face à l'Asie.

 
Pour en savoir plus
L'histoire prémongole
Les Mongols gengiskhanides
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Lieux à visiter

Hongrie


 

 
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