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Mahomet

La Mecque, vers 570 - Médine, 632
Source Encyclopédie Wikipédia


 



Mahomet et l'ange Gabriel
Miniature persane (XIVe siècle)


Sommaire

     Ses noms
         En arabe
         Le nom propre Mahomet dans la langue française
             Évolution de l'usage
             Variantes dans d'autres langues
     Contexte historique
         Le contexte en Arabie
             Au sud
             Le centre et le nord
             La Mecque
             La littérature
             Rites et religions
         Contexte étranger
     Biographie
         Sources
             Sur la première partie de sa vie
             Les hadiths
         Naissance et enfance
         Jeunesse
         Naissance d'une religion
             Premiers pas de l'islam
             Chef de guerre et fondateur politique de l'oumma
             Mort de Mahomet
     Diplomatie et batailles internes
     Aspects de la psychologie de Mahomet
     Autour de Mahomet
         Mahomet considéré comme intercesseur
         Annonce de la venue de Mahomet
         Miracles
         Mahomet, la médecine, la sorcellerie et les démons
         Armes
         Ses secrétaires
         Ses affranchis
         Son pèlerinage
         Sa vie maritale
         Description physique et représentations
         Reliques
         Ses descendants
             Princes arabes
             Noblesse européenne
     Mahomet dans la littérature
         Moyen Âge
         XVIIIème siècle
         XIXème siècle
         XXème siècle

 



Mahomet est un arabe de Quraysh, né à La Mecque en 570, le 12 du mois de Rabî`a al Awal, et mort à Médine en 632. Les non-musulmans le considèrent comme le fondateur de l'islam, et comme un chef religieux, politique et militaire arabe.

Les musulmans le considèrent comme le dernier des prophètes du monothéisme, au sens où il termine et scelle le cycle de la révélation monothéique abrahamique. Ses biographies rapportent qu'il récitait à ses premiers compagnons (sahabas) les versets du Coran qu'il présentait comme la parole même de Dieu (Allah en arabe), transmise à lui par l'archange Gabriel. Le Coran aurait été compilé après la mort de Mahomet, à partir de transcriptions sur des supports divers, par ses disciples. Par ailleurs, certaines de ses actions et de ses paroles forment la sunna qui est la seconde source à la base du droit musulman.

La fondation de l'islam et de la culture islamique en font un personnage historique de première importance.

Ses noms

Calligraphie arabe de محمد (Mouhammed) sur une assiette.
Calligraphie arabe de Mouhammed sur une assiette.

En arabe

Son nom qu'on peut traduire par «digne de louanges», et de façon plus complète Abou l-Qâsim Mohammed ibn `Abd Allâh ibn `Abd al-Mouttalib ibn Hâchim soit « père de Qasim, Mohammed, fils de `Abdallah, fils de `Abd al-Mouttalib, fils de Hachim ».

De nombreux autres noms lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte deux cent un, dont Al-Mustafâ et Al-Mukhtâr qui signifient « l'élu », Al-Amine qui signifie « le loyal », Ahmad et Mahmoud qui sont dérivés de la même racine que Mohammed.

Dans le Coran et les hadiths, Mahomet est habituellement appelé «le messager de Dieu» (rasoul), ar-rasūl, « le messager », « l'envoyé »), plus de deux cents fois dans le Coran. Il est également désigné par l'expression (Nabi) an-nabīy, traduit « le Prophète »). Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission apostolique ; les messagers de Dieu, appelés aussi envoyés de Dieu, sont, d’après la terminologie islamique, les personnages qui auraient reçu la révélation de lois abrogeant les lois des messagers précédents, avec l'ordre de le transmettre aux hommes, tandis que les prophètes auraient reçu une révélation par les mêmes voies et l'ordre de transmettre aux hommes un message du messager précédent. Selon cette classification, tout messager est un prophète, mais tout prophète n'est pas messager. Les uns comme les autres auraient reçu la révélation, mais seuls les messagers amèneraient un livre ou une loi nouvelle. Selon la tradition musulmane il y aurait cent vingt-quatre mille prophètes et trois cent treize messagers, le premier d'entre eux étant Adam, le premier des humains, et le dernier, Mahomet, l'un comme l'autre étant considérés comme des prophètes messagers.

Lorsque les musulmans pieux prononcent ou écrivent son nom, ils emploient la forme arabe et ajoutent généralement une bénédiction, « le salut soit sur lui ».

Le nom propre Mahomet dans la langue française

Mahomet est le nom propre français qui désigne habituellement le fondateur de l'Islam. Il est aussi utilisé pour désigner certains personnages historiques de l'Islam comme les anciens califes, mais jamais pour les personnes ordinaires ou contemporaines. Cette forme courante, qui est l'aboutissement d'une longue tradition écrite et orale, est assez éloignée de la prononciation originale arabe, mais il existe désormais une forme alternative qui est une romanisation plus récente de la forme arabe, qui, suivant la translittération scientifique plus moderne, s'orthographie en français Mohammed ou encore Muhammad.

Si on trouve la forme brève Mahum dans la Chanson de Roland, le nom du prophète de l'islam est connu depuis le dans le monde romanophone, au fil des contacts générés par l'expansion musulmane. Toutefois dans les chansons de geste qui popularisent son nom sous diverses formes (par exemple Mahon ou Mahom) à la suite de la prise de Jérusalem par les Turcs Seldjoukides (1078) et la prédication des croisades en Occident, Mahomet est assimilé à une divinité faisant partie d'un panthéon idolâtre des sarrasins, en compagnie de Tervagant, Apollin, Jupiter, Noiron, Cahu et d'autres. Cette présentation adressée à un public laïc relève à l'époque soit de l'ignorance, soit d'une volonté de présenter l'adversaire sous un jour ridicule.

Le nom français « Mahomet » serait, selon l'historienne Jaqueline Chabbi, la traduction de la forme latine « Mahometus » dans un ouvrage en latin de Raymond Lulle}} dont la première version - aujourd'hui perdue - était rédigée en arabe. Un peu plus d'un siècle auparavant, c'est la forme « Machumet » () qui apparait dans la traduction du Coran faite en latin à la demande de l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1142. Ce dernier, contempteur des ennemis du christianisme, présente Mahomet comme une créature satanique à mi-chemin entre Arius et l'Antéchrist mais fait montre de respect envers les musulmans. . Elle est publiée en 1543 puis 1550 à Bâle par le philologue protestant Theodor Bibliander, constituant le premier volume de son fameux « Machumetis Saracenorum principis, ejusque successorum vitae et doctrina, ipseque Alcoran », ouvrage à connotation polémique qui rencontre un grand succès et sert à la première version française considérablement révisée par André Du Ryer, publiée en 1647sous le titre « l'Alcoran de Mahomet ».

« Mahomet » ne serait donc pas une transcription ou une francisation fautive des formes arabes, turques ou persanes actuelles, mais un nom propre ancien , ainsi qu'en latin au , et en grec auparavant, par l'introduction que Daniel de Larroque donne à sa traduction depuis l'anglais de la Vie de Mahomet d'Humphrey Prideaux, que aux Échelles du Levant. Il en indique la phonétique par l'orthographe Mohammed qui figure dans l'index du livre où il renvoie à Mahomet, mot consacré par l'usage.

Le linguiste Michel Masson émet l'hypothèse, à l'aide de sources linguistiques et historiques prises dans des contextes et des époques variées, que « Mahomet » serait la transcription volontairement fautive de « Muhammad » et que cette déformation dénoterait un rejet du prophète de l'islam en Occident. Il mentionne dans une note l'existence antérieure d'une forme grecque, « Maometos » aurait pu être la transcription ou la reprise d'une forme grecque venant de Byzance}}.

Évolution de l'usage

Mahomet est la forme française la plus communément attestée dans les encyclopédies et dictionnaires depuis le XVIIème siècle jusqu'à nos jours, tandis que la forme arabe est en général orthographiée Mohammed. Les nouvelles transcriptions contemporaines du nom, Mohamed ou Mohammed ou Muhammad, ont parfois conduit à proposer l'adoption d'un nouveau terme en français. Cette question n'a toutefois pas été évoquée à l'Académie française. Cependant, l'Encyclopædia Universalis fait usage de la graphie Muhammad dans son article consacré au prophète de l'islam, sous la signature de l'historien Maxime Rodinson et le dictionnaires Larousse titre son article Mahomet ou Muhammad. Parmi les chercheurs et à titre d'exemples, Abdurrahmân Badawî, traducteur d'Ibn Ishaq, écrit Muhammad, Hermann Zotenberg, traducteur de Tabarî, utilise Mohammed, Vincent Monteil, traducteur d'Ibn Khaldoun, utilise Muhammad. A l'instar de ces derniers, nombre de spécialistes de l'Islam, n'utilisent plus la forme « Mahomet » dans leur travaux en français quand d'autres restent attachés à cette forme savante .

Certains auteurs préfèrent par ailleurs user d'autres formes vernaculaires : Mohamed, Mouhammad ou encore Mamadou.

Variantes dans d'autres langues

Il existe différentes variantes et usages du nom et de ses dérivés. Mohamed est une forme rencontrée dans le Maghreb. Elle est traditionnellement utilisée en français pour le prénom des personnes vivantes, la forme Mahomet étant réservée aux personnages historiques.


Contexte historique

Le contexte en Arabie

Au sud

Mahomet recevant le Coran de Gabriel. Tiré du   Jami  al-Tawarikh   (  Histoire du Monde  ) de Rashid al-Din, Tabriz, Perse, 1307.
Mahomet recevant le Coran de Gabriel. Tiré du Jami' al-Tawarikh (Histoire du Monde) de Rashid al-Din, Tabriz, Perse, 1307.

La langue du Sud est différente de celle du Nord de la péninsule d'Arabie. Le Sud était en plein déclin, après la chute du royaume de Saba, qui avait duré des millénaires. Les Himyarites sont les derniers souverains de cette région. Dhu Nuwas fut le dernier roi de la dynastie à la fin du Vème siècle, il se convertit au judaïsme et punit les chrétiens à cause de la persécution des Byzantins. Les Éthiopiens, majoritairement chrétiens, prennent la région. Vers 575, les Perses font une incursion. La domination des deux est éphémère.

Les habitants étaient sédentaires et habiles dans la construction de digues ; ils étaient bons agriculteurs. Ils produisaient et exportaient les épices, la myrrhe, l'encens, les aromates, etc., à une partie du monde. Les routes étaient prospères en temps de paix (voir l'accord signé entre les Arabes et les Romains à l'époque de l'empereur Philippe l'Arabe, à la fois arabe et romain).

Le Yémen était une société monarchique et ses habitants étaient polythéistes. La découverte de plusieurs inscriptions laisse penser qu'une partie de la population savait écrire.

Le centre et le nord

Les régions plus au nord étaient influencées par la culture araméenne hellénisée. Les voies commerciales étaient établies. Les Nabatéens fondent leur royaume dont la ville de Pétra fut la capitale. Trajan concrétise une province romaine au nord de la Nabatène. De 244 à 249, Philippe l'Arabe dirigeait toute la province. Au sud la Syrie était connue sous le nom de Palmyre, Odénat (Udhayna) était le premier souverain puis sa femme Zénobie (Zayneb) le remplaça. Aurélien prend la région puisque presque la totalité de la population était semi-nomade ou nomade. L’histoire demeure obscure au sujet des autres dynasties Lihyan et Thamud. Des inscriptions relèvent l'existence des deux pays. Le peuple de Thamud est cité de nombreuses fois dans le Coran, comme un peuple rebelle n’ayant pas voulu écouter son prophète Sâlih. En 384, le traité de paix entre les Sassanides et les Romains fait arrêter les guerres dans la région. Cette paix durera jusqu'en 502. Les Byzantins et les Perses pratiquaient les routes de la région qui étaient sûres.

Entre les , La région se dégrade par la suite. Les Byzantins et les Sassanides se sont désintéressés de cette région. La société arabe demeure tribale. L'élevage était important pour la survie, parfois les Bédouins attaquent les caravanes des arabes qui habitent les contrées sédentaires. Les tribus arabes avaient un chef élu et avaient un conseil formé de membre de la même famille (Ahl al-Bayt) (les gens de la maison). La religion des tribus était polydémonisme.

La Mecque

La Mecque réunissait les grands marchands dont ceux de la tribu des Quraychites. Ces derniers concluaient des traités avec les Byzantins, les Éthiopiens, les Sassanides, etc. Les notables de la ville dirigeaient tout par l'intermédiaire d'un conseil (madjles).

La littérature

La poésie arabe tenait une place importante dans La Mecque. Les premiers écrits seront compilés deux siècles plus tard dans deux recueils de poèmes : les Mu'allaqât et les Mufaddaliyat. Ces ouvrages de synthèse donnent une vision partielle de ce que pouvait être la littérature de l'époque. Il est probable que seules les meilleures parties de poèmes aient été conservées.

Rites et religions

Les hommes de la tribu de Mahomet, les Quraychites avaient la réputation d'enterrer leurs filles vivantes avant l'apparition de l'islam. Cette tribu a été celle la plus hostile à la nouvelle religion.

Le polythéisme arabe existait depuis longtemps. Il y avait plusieurs religions préislamiques chez les Arabes. Les spécialistes soulignent trois groupes importants dans l'Arabie méridionale, centrale et septentrionale. Le Coran révèle plusieurs divinités de cette époque ( Houbal, Quzeh, Lât, Al-Ozzâ, Wadd (Amour), Amm, Yagût, Nasr, etc). Le culte des morts existait chez les Arabes, mais il est mal connu. Le culte des anciens était assez répandu, davantage chez les Arabes sédentaires que les nomades. Les Arabes faisaient des visites aux tombeaux et faisaient des rites.

La Ka'ba faisait partie des visites et des rites sacrés chez les Arabes avant Mahomet. Certains chercheurs parlent d'animisme arabe.
Il existait des communautés d'Arabes chrétiens. Les Arabes judaïsés étaient éparpillés dans la région, ils étaient à Yathrib (Médine) et étaient des agriculteurs et des artisans.

Quelques décennies avant la naissance de Mahomet, le mouvement des hanifs naît en Arabie d'une frustration vis-à-vis des religions existantes et aspire à la restauration de la religion d'Ibrahim (Abraham). Les adeptes de ce mouvement s'écartent de ce qu'ils considèrent comme des turpitudes (beuveries et luxure) dont les Arabes seraient devenus coutumiers au fil des siècles et du culte des divinités. La venue annoncée de l'ultime prophète occupe les cercles religieux et fait l'objet de surenchères entre les différentes communautés religieuses qui espèrent le soutien victorieux de « l’envoyé du ciel ».

Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans l'Injil (l'Évangile) sous le nom de Ahmed :
Le terme ahmadu utilisé dans le Coran peut aussi se traduire simplement par « très louangé » ou « dont le nom sera très louangé. »

Contexte étranger

Le chroniqueur médiéval Tabari énumère des signes censés annoncer sa venue :
 Le premier signe a été l'effondrement de la voûte du palais de Madâin (Ctésiphon).
 Les habitants de l'Empire byzantin se rebellent, tuent Maurice en 602 et mettent sur le trône Phocas.
 Le roi de Perse Parwiz a failli tomber dans l'eau alors qu'il franchissait un pont emporté par le fleuve. Parwis a demandé à ses astrologues la signification du mauvais sort qui le poursuit. L'astrologue lui répond qu'une nouvelle religion va voir le jour.
 Parwis a envoyé un général du nom de Sadran pour exterminer tous les chrétiens de Jérusalem avec pour résultat trois mille morts.
 La guerre entre les Grecs et les Perses. Kesra (Kesra-Parwîs) a perdu la guerre.
 La bataille de Dhi Qar. Kesra a perdu la bataille contre les Lakhmides, Arabes christianisés, en révolte contre leurs suzerains sassanides en 611.

Biographie

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Frontispice d'une vie de Mahomet publiée en anglais au XVIIIe siècle.

Selon les chroniqueurs musulmans de la Sira comme Ibn Ishaq, Tabari, Ibn Kathir, Ibn Hicham, etc., Mahomet nait à la Mecque, alors importante ville, au carrefour de plusieurs routes caravanières. Avant sa mission prophétique, Mahomet est un marchand. Après le début de sa mission prophétique, il est perçu comme une menace pour les intérêts économiques des tribus arabes en charge de l'administration de la ville, craignant que le discours du monothéisme ne fasse fuir les caravaniers aux diverses croyances, dont certains faisaient le déplacement à la Mecque en pèlerinage. Mahomet est contraint de fuir la Mecque à la mort de son oncle, marquant l'Hégire, l'an un de l'ère musulmane. Il se rend à Yathrib, qui sera connu plus tard sous le nom de Madinat el Nabi, ou ville du prophète, qui deviendra par la suite simplement Médine. Là, il continue sa mission et devient un chef politique et militaire. Il mène sa première bataille à Badr, où il attaque les caravanes mecquoises chargées des avoirs pillés dans les maisons de tous ceux ayant suivi Mahomet à Médine. C'est à l'issue de cette bataille que l’islam sera fondé politiquement. De bataille en traité, et devant le nombre important de convertis, La Mecque dépose finalement les armes devant les troupes de Mahomet. Mahomet rentre triomphant à la Mecque. Il devient alors homme d’État pour unifier l’Arabie sous une seule idéologie, religieuse : l’Arabie, avec une langue unique, une culture unique, des valeurs uniques, pouvait ainsi trouver son unité.

Sources

Sur la première partie de sa vie

Jusqu'à l'âge de 40 ans, on ne sait pas grand chose de sa vie. Elle est reconstituée d'après la tradition orale, mise par écrit 140 ans après sa mort, grâce aux témoignages indirects de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. , explique l'historien Maxime Rodinson.

Cependant, selon les sources écrites disponibles, des biographies de Mahomet ont été déjà écrites par les enfants de compagnons de Mahomet. La première biographie écrite sur Mahomet est celle d' (mort en 713 - H/92) petit fils d'Abu Bakr, fils d'Asmaa bint Abu Bakr et Zubayr ibn al-Awwam, deux compagnons de Mahomet. Il rédigea cette biographie se basant sur les témoignages de plusieurs compagnons de Mahomet. Son ouvrage, dont nous ne disposons plus, a inspiré les biographes tels que Tabari, Al-Waqidi et ibn Ishaq. De même le fils du troisième calife, Abân ibn Uthmân (mort en 724 - H/105) compte parmi les premiers auteurs de sira chez qui puiseront les biographes ultérieurs. Citons également le manuscrit qui décrit les batailles de Mahomet qui se trouve à Heidelberg en Allemagne, écrit par (mort en 728 - H/110) fils d'un autre compagnon de Mahomet nommé comme une autre source primitive en la matière. Il existait encore les biographies selon Churahbîl ibn Sa'd (mort en 741 - H/123), Âsim ibn Umar ibn Qatida (mort en 738 - H/120) et Abdallah ibn abi Bakr ibn Hazm (mort en 753 - H/135) disparus, mais qui ont tous servi de sources écrites aux biographies rédigées après 758 (H/140) dont nous disposons encore.

Selon ces biographies, Mahomet est d'abord berger puis caravanier avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve à la tête d'un commerce caravanier. Au moment de leur mariage, elle avait 40 ans (ou 28 selon ibn Habîb et al-Balâdhurî). Ils eurent deux fils (ou trois, selon les sources) qui mourront en bas âge : Al-Qâsim et Tayeb, ainsi que quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Umm Kulthûm et Fatima Zahra, la future épouse d'Ali ibn Abi Talib.

Il semble que Mahomet ne savait ni lire, ni écrire. Dans le Coran, il est qualifié de , c'est-à-dire , ce qui est confirmé par le verset 48 de la sourate 29 : .

Les hadiths

Pour le reste de sa vie, on dispose de quelques sources écrites. Des enseignements de Mahomet, ainsi que certains de ses faits et gestes, ses attitudes lors de telle ou telle bataille, furent mis par écrit très tôt. Voici une liste d'ouvrages rédigés déjà du vivant de Mahomet ou par ses compagnons : Abu Bakr, premier calife, aurait compilé 500 hadiths qu’il aurait détruits par crainte d’insérer des fautes. Amr bin Hazm, gouverneur du Yémen du temps de Mahomet, a compilé tout un opuscule qui nous est parvenu intégralement. Jâbir bin Abdallah a rédigé plusieurs ouvrages. Samurah bin Jundab composa également un grand volume de hadiths. Sa’d bin Ubadah rédigea également un important ouvrage de hadiths que sa descendance conserva. Abdallah bin Abbas, fils de l’oncle de Mahomet, a laissé de nombreux livres de hadiths à sa mort. Abu Huraira rédigea la Sahifah as-Sahihah avec son disciple Hammam bin Munabbih. Il avait mis par écrit de nombreux rouleaux remplissant un grand coffre en bois qu'il consultait fréquemment. Salmân'ul Fârisî (m. 32) a rédigé des hadiths qu'il communiqua à Abu'd-Dardâ. Abu Ayyûb al Ansârî rédigea un manuscrit contenant 122 hadiths qu'il transmit à ses enfants.

Les ouvrages qui regroupent la quasi totalité des hadiths certifiés sont Sahih al-Boukhari et Sahih muslim.

Naissance et enfance

Empreinte présentée comme celle du pied de Mahomet au musée d Istanbul
Empreinte présentée comme celle du pied de Mahomet au musée d'Istanbul

Mahomet est né à la fin du VIème siècle, la tradition retient la date de 570, à La Mecque, cité caravanière vivant du commerce de marchandises transitant de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en traversant le désert de la péninsule Arabique. Il serait né précisément un lundi soir, le douzième jour du rabî`a premier, troisième mois lunaire du calendrier arabe.

L'année de naissance de Mahomet est appelée traditionnellement « année de l’éléphant » en référence aux évènements qui s'y seraient déroulés. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, aurait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Kaaba ou Ka`ba). Le Coran rapporte ce récit (), et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins oculaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate. . D'après Ikrima ibn abî Jahl, un compagnon de Mahomet, les oiseaux avaient la tête comme celles des oiseaux voraces, et personne n'a plus observé des oiseaux de cette espèce dans la région, avant ou après l'évènement. Les chroniqueurs rapportent toujours d'après le récit d'Ikrima, que ces oiseaux auraient occasionné aux soldats des blessures superficielles et qu'ils auraient été achevés par la vérole.

Mahomet appartient à la tribu de Quraych (ou Koreish), une ancienne tribu arabe. Il descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Son père `Abd Allâh ibn `Abd Al-Muttalib est fils de `Abd Al-Muttalib, fils de Hâchim, prince des Quraychites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba.

La famille de Mahomet est hachémite par référence à son arrière-grand-père Hâchim ibn `Abd Manaf. Les Quraychites se réclament de descendances de Ismaël, fils d'Abraham et ont la garde de la Ka'ba, sanctuaire qu'auraient reconstruit Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.

Mahomet est issu du mariage de `Abd Allâh ibn `Abd Al-Muttalib et Amina (Amina ou Amina bint Wahb) fille de Wahb, chef du clan médinois des Banû Zahrah. Elle accouche de lui à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib du clan des Banû Hâchim, le lundi 12 rabî`al-awwal. Son accoucheuse est Ash-Shifâ', la mère de `Abd Ar-Rahmân ibn `Awf.

La mort de son père `Abd Allâh survient avant la naissance de Mahomet à Yathrib, qui depuis a pris le nom de Médine. Le septième jour après sa naissance, son grand-père `Abd Al-Muttalib donne un nom à son petit-fils : Mahomet, ce qui signifie « Le Loué ».

D'après l'historien médiéval Tabari, le lendemain de sa naissance, Abdou'l-Mottalib lui donna le nom de Mohammed, car son père était mort depuis quatre mois. Mahomet a été gardé par Halîma, fille d'Abou Dsouwaib appelé Abdellah ben al Harith et son mari était Harith fils d'abdou l Ozza fls e Rifa. Les deux personnes faisaient partie de la famille des Beni Sa`d. C'était une famille pauvre qui devait élever Mahomet. La coutume arabe préconisait que les enfants soient élevés à la campagne.

Conformément à la coutume des familles nobles de Quraych, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, la servante de son oncle Abû Lahab, puis à Halîma bint Al-Hârith As-Sa`diyyah (de la tribu des Saadites, Banû Sa`d), qui emporte le nourrisson dans le désert où son mari vit avec la tribu des Saadites à l'écart du reste de la population. La vie dans le désert, au milieu des Bédouins réputés pour la pureté de leur langue, était censée prodiguer aux enfants santé et force d'expression.

Alors que Mahomet et l'un de ses frères de lait avaient la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîma et son mari Abû Kabshah auraient été alertés par leur fils de lait qu'il aurait été pris à partie par deux hommes de blanc vêtus, qu'ils l'auraient couché sur le sol et lui auraient ouvert le torse. Accourant sur les lieux, Halîma et son mari auraient trouvé leur enfant debout tout pâle. Le jeune Mahomet leur aurait donné la même version que celle du fils de lait. Selon la tradition musulmane, les deux hommes vêtus de blanc auraient été deux anges, envoyés pour purifier le cœur de l'enfant, destiné à être prophète de l'islam, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules.

Craignant pour la santé de l'enfant, Halîma se serait empressée de rendre l'enfant à sa mère Amina qui serait morte trois ans plus tard. Mahomet n'a alors que six ans. Son grand-père paternel `Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, `Abd Al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, frère utérin de `Abd Allâh, de prendre soin de Mahomet. Son oncle Abû Tâlib — le père d'Ali — l'élève comme ses propres enfants.

Jeunesse

Coffret présenté comme contenant des poils de la barbe de Mahomet dans le mausolée de Djalâl ad-Dîn Rûmî à Konya
Coffret présenté comme contenant des poils de la barbe de Mahomet dans le mausolée de Djalâl ad-Dîn Rûmî à Konya

Alors que Mahomet a douze ans, Abu Talib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie. Son neveu insiste pour l'accompagner.

À La Mecque, d'après les deux biographies (Sîra Ibn Hichâm et Sîra Ibn Kathir), Mahomet se serait distingué des gens de son âge. Une tradition, avec ses exagérations selon l'historien Maxime Rodinson, : il aurait été fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses. Il aurait évité avec un soin extrême tout ce qui peut faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice.

Les Quraychites ayant déclaré la guerre (connue sous le nom d'al-Fijâr, (l'impie) vers 590) aux Tribus de Kénan (Canaan) et de Hawazan, ils marchèrent contre elles commandés par Abu Talib. Mahomet, âgé de vingt ans (ou de quatorze ans) se serait distingué par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées.

Quelques temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire doit être démoli et reconstruit par les Quraychites. Quand il s'agit d'y reloger la Pierre noire, une météorite qui serait vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. Selon cette tradition, cela aurait été Mahomet. Pour ménager les susceptibilités, il aurait enlevé sa cape et y aurait placé la pierre noire, qu'il aurait fait élever ensuite par deux Arabes de chaque tribu et la prenant alors, il l'aurait placée lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de La Mecque, enchantés de la noblesse de cette action, pour démêler l'orgueil qui en avait été le motif.

Naissance d'une religion

Premiers pas de l'islam

La caverne de Hira, l endroit où Mahomet aurait reçu le premier verset du Coran
La caverne de Hira, l'endroit où Mahomet aurait reçu le premier verset du Coran

Mahomet effectue de nombreuses retraites spirituelles. La tradition musulmane affirme que c'est en 610 que, pour la première fois, l'archange Gabriel (Jibril) lui serait apparu dans la grotte de Hira où il avait coutume de se recueillir et lui aurait transmis, selon les croyances musulmanes, la révélation, la parole de Dieu. Mahomet, qui a alors 40 ans, commence à transmettre des versets qu'il déclare être révélé par Allah et dicté en arabe par Gabriel, cette dictée aurait duré vingt-trois ans. Les révélations se seraient accomplies ponctuellement ou régulièrement selon les péripéties de sa vie et de la communauté musulmane. Selon le dogme musulman, c'est là l'origine du Coran, que Mahomet aurait pris soin d'enseigner oralement dès le début.

La tradition rapporte que, effrayé par la première visite de Gabriel, Mahomet se serait réfugié auprès de son épouse et lui aurait raconté cette vision. Khadija aurait couvert Mahomet, à sa demande (d'où l'intitulé de la sourate : al-Muzzammil, « l'Enveloppé ») et se serait enquise auprès de son cousin, Waraqah ibn Nawfal, qui lui aurait annoncé la nature prophétique de son époux. Plus tard, Khadija serait retournée voir son cousin, en compagnie de Mahomet. Waraqah lui aurait réaffirmé qu'il était un prophète de Dieu et que l'apparition de la grotte de Hira aurait été l'archange Gabriel. Il aurait annoncé à Mahomet des difficultés dans l'accomplissement de sa mission, notamment un bannissement de sa tribu. D'emblée, Khadija aurait cru en son époux et lui aurait apporté un soutien inconditionnel ; elle est, de ce fait, considérée par les musulmans comme la première croyante. Mahomet aurait fait part secrètement de son message à ses proches, et avec eux il fonde, une sorte de , un groupe de croyants qui seront appelés plus tard les musulmans : nommés ainsi en référence à Abraham (muslim, celui qui se donne, qui se soumet volontairement à Allah (Dieu)). Puis, la prédication devient publique et s'étend à l'ensemble des Quraychites.

Selon l'historien médiéval Tabari, Khadija, la femme de Mahomet, aurait été la première à se convertir à l'islam. Le deuxième homme qui a connu l'histoire de Mahomet, aurait été un savant chrétien du nom de Waraqua, il aurait été le premier homme à suivre Mahomet parce qu'il savait que certains Juifs et certains judéo-chrétiens attendaient la naissance d'un prophète et de deux Messies. Après sa femme Khadija et Waraqua, les premiers convertis à l'islam seraient par ordre chronologique : Abou-Bakr; puis Zayd ibn Harithah (esclave de khadija et donné à Mahomet pour l'affranchir et même le considérer comme son fils ); Bilal ibn Rabah (esclave de Omayyah Ibn Khalaf. Ce dernier l'a torturé parce qu'il s'est converti à l'islam. Il a donc été acheté par le plus riche des compagnons de Mahomet Abou Bakr pour être affranchi). Par la suite, plusieurs se convertiront à l'islam..
Au départ, les compagnons de Mahomet auraient été au nombre de trente-sept qui gardaient secret leur confession

Lettre attribuée à Mahomet, adressée à Muqawqis, gouverneur d Égypte.
Lettre attribuée à Mahomet, adressée à Muqawqis, gouverneur d'Égypte.

 

Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales, en trois ans, il réussit à s'entourer d'une petite cinquantaine de disciples. Ils sont une centaine au bout de cinq ans. La croissance du groupe inquiète les Mecquois et les persécutions contre Mahomet et les siens se font de plus en plus vives après la mort de Khadija et d'Abû Tâlib. Une première vague d'immigration emmène une partie des musulmans en Éthiopie où ils vivent quelque temps sous la protection du négus ou roi d'Éthiopie. Mahomet profite de la saison du pèlerinage qui voyait affluer vers La Mecque les Arabes de toutes les régions de la péninsule d'Arabie pour prêcher le message de l'islam. Il conclut un pacte avec un groupe de Médinois qui acceptent son message. L'année suivante, la communauté musulmane médinoise est plus nombreuse. 70 hommes se rendent en pèlerinage à La Mecque pour prêter allégeance à Mahomet et lui proposer leur protection s'il s'installait à Médine. L'ordre est donné aux musulmans mecquois d'émigrer (hégire) à Yathrib (future Médine) en 622, an 0 du calendrier musulman.

Selon la tradition, Mahomet aurait été le dernier à partir, en compagnie de son fidèle ami et futur calife Abou Bakr. Ali, quant à lui, reste sur place avec pour mission de restituer les dépôts, dont Mahomet avait la garde, à leurs propriétaires.

Chef de guerre et fondateur politique de l'oumma

Mahomet en chef de guerre. Frontispice d une édition française clandestine de l ouvrage anti-islamique   La Vie de Mahomet   par M. Prideaux. 1609
Mahomet en chef de guerre. Frontispice d'une édition française clandestine de l'ouvrage anti-islamique La Vie de Mahomet par M. Prideaux. 1609

Mahomet réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent (voir l'article Tribus musulmanes et juives de Yathrib). Un pacte-constitution dit aussi charte de Médine, en fait huit documents rédigés à des dates différentes, régit les relations entre les différentes communautés religieuses qui habitent la ville, garantissant notamment à tous les citoyens la liberté de conscience. Néanmoins, ce nouvel ordre est venu contrarier les intérêts des notables de la ville, dont Abd Allah ibn Ubayy ibn Salul et ceux des tribus juives de Médine.

Quelques juifs, par conviction, reconnaissant en Mahomet le prophète tant attendu à l'instar du rabbin `Abdullah ibn Salam, ou par opportunisme, embrassent l'islam. Mais les Juifs de Médine ne se convertissent pas pour autant en masse. Au fil du temps, les musulmans déchantent et prennent leurs distances avec les « gens du livre ». La rupture est marquée lorsque la direction de la prière devient la Ka'ba à La Mecque et non plus Jérusalem.

Pendant le mois de ramadan en l'an 624, la bataille de Badr éclate. Il s'agit du premier conflit mené par une armée musulmane stricto sensu. Elle aurait opposé 317 soldats musulmans à un millier de soldats mecquois. La victoire contre les Mecquois assoit l'Empire musulman naissant et constitue un atout psychologique pour les musulmans. Le mois de jeûne, Ramadan, est par la suite fixé le mois anniversaire où aurait commencé la révélation du Coran ou, selon une autre version, pour commémorer la bataille de Badr.

Les Mecquois prennent leur revanche lors de la bataille de Uhud, en l'an 625. Supportant mal la mainmise des musulmans sur Médine, certains notables juifs, à l'instar de Salam ibn Abi Al-Haqiq, auraient profité de cette défaite pour se rendre à la Mecque et inciter les Mecquois à revenir à la charge. Afin d'en finir avec la menace que constituait à leurs yeux ce nouvel état, les Mecquois forment une coalition regroupant plusieurs tribus arabes dont Gatafan, Banu Sulaym, Banu Asad, Fazarah et Ashja. En l'an 627, une armée de dix mille soldats marche sur Médine, qui se retranche derrière un fossé creusé sur la proposition du compagnon de Mahomet, le Persan Salman Al-Farisi. Le siège de la ville s'installe dans la durée. Quelques escarmouches opposent les deux parties. La diplomatie mecquoise a tenté secrètement et a réussi à soudoyer la tribu juive des Banu Qurayza qui avait la charge d'une partie du front. Mahomet envoie quatre émissaires aux Banu Qurayza pour s'assurer de la réalité de leur soutien, mais les émissaires sont mal reçus et constatent la défection des Banu Qurayza. En parallèle, un homme de Ghatafan nommé Nuaym ibn Masud se convertit secrètement à l'islam et reçoit l'ordre de semer la zizanie entre les coalisés. Il réussit à faire douter les Banu Qurayza de la solidarité des coalisés en cas de défaite et fait douter les premiers de la sincérité de leurs alliés médinois. Exténués par le siège et les intempéries, les coalisés décident de lever le siège laissant les Banu Qurayza à leur sort. Après un siège de 25 jours, ces derniers sont soumis au jugement de leur allié de jadis, Saad ibn Muadh : les hommes de la tribu sont tués, leurs biens confisqués et leurs femmes et enfants sont asservis.

En 628, Mahomet part en pèlerinage à La Mecque à la tête d'un convoi de 1400 pèlerins et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire, mais signent avec les musulmans la trêve dite d'Al-Hudaybiyya. En 632 après l'hégire (en 629 - 630), la trêve est rompue lorsqu’une tribu alliée de La Mecque agresse une tribu alliée de Médine. Mahomet marche secrètement sur La Mecque à la tête de dix mille soldats. Aux portes de la ville, il garantit la sécurité de toute personne non combattante et déclare une amnistie générale. La Mecque se rend alors sans opposition.

À partir de l'hégire, il aura fallu neuf ans pour que toute l'Arabie embrasse l'islam. Mahomet ordonne l'arrêt des razzias entre tribus arabes déclarant lors de son Sermon d'Adieu : « Le musulman est intégralement sacré pour le musulman, son sang est sacré, ses biens sont sacrés, son honneur est sacré. »

L'unification de la péninsule arabe sous la bannière de l'islam n'est pas de nature à laisser ses puissants voisins indifférents. Mahomet décide donc d'envoyer ses ambassadeurs en Égypte, en Perse et à Byzance, entre autres destinations, pour transmettre son message. L'ère de la conquête au-delà de la péninsule va alors commencer.

Mort de Mahomet

Après avoir réorganisé l'administration et assis l'influence de l'islam à La Mecque, il retourne à Médine, où il meurt le 8 juin 632 âgé de soixante-deux ans après une courte maladie. Il est enterré dans son appartement mitoyen de la « mosquée prophétique ». Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur.

La tradition musulmane rapporte aussi qu'il est mort sans rien laisser en héritage, il ne possédait au moment de sa mort qu’une tunique, un pagne de tissu grossier et avait gagé son armure contre un gallon d’orge chez un juif.

Par la suite, ses disciples continueront de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les sourates, avant que elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition de Mahomet.

Diplomatie et batailles internes

Mahomet aurait participé à trente-cinq expéditions, selon les uns, à quarante-huit selon d'autres.
Mahomet aurait envoyé huit ambassadeurs vers huit rois ou gouverneurs, pour les appeler à Allah.

Il s'agirait :
 du gouverneur des Coptes, Moqauqas ;
 du gouverneur de Syrie, Harith ;
 du prince d’Oman, Djafar ben Djolonda ;
 du prince du Yémen, Haudsa ;
 du gouverneur du Bahreïn, Al Ala ben al Hadhrami ;
 du négus ou roi d'Abyssinie ;
 de l'empereur byzantin, Héraclius ;
 du roi de Perse, Khosro II.

La lettre aurait contenu :
La lettre finissait par .

Le récit de l'intervention des chrétiens qui ont défendu les troupes de Mahomet face aux Mecquois a été soulevé par la tradition. Mahomet aurait demandé le refuge d'une partie des musulmans en Abyssinie, chez les chrétiens éthiopiens après avoir subi le mécontentement des Mecquois. Le roi éthiopien aurait accepté d'aider le groupe de réfugiés après avoir vérifié le contenu du Coran et la lettre de Mahomet.

Mahomet trouve refuge chez la population de Yathrib après avoir quitté la Mecque. Il aurait recherché l'appui des juifs.

Aspects de la psychologie de Mahomet



 L’historien du XVIIIe siècle Edward Gibbon affirme au sujet de l'insatisfaction érotique présumé et souvent cité par ses adversaires « Mahomet ne s'est marié que pour des raisons d'unification des Arabes », et il ajoute : « Sa fidélité pour Cadijah pourrait fournir un moyen de défense plus sérieux et plus durant les vingt-quatre années de leur mariage, il ne fût malgré sa jeunesse aucun usage de son droit de polygamie, et de l’orgueil ou la tendresse de la respectable matrone n’eut jamais à souffrir l’association d’une rivale ». En effet Mahomet ne se maria que 2 ans après la mort de Khadija, il était âgé de plus de 50 ans, la plupart de ses épouses était veuves, son épouse Aicha, fille de Abou Bakr, était la seule à ne pas avoir été mariée auparavant.

 Selon William Montgomery Watt plusieurs raisons pour lesquelles Mahomet doit être considéré comme quelqu'un de droit et sincère.

 Selon une approche phénoménologique et neuropsychique des "révélations" de Mahomet, Malek Bennabi s'oppose à la thèse de la schizophrénie chez Mahomet dans "Le Phénomène Coranique". Selon lui, il convient d'analyser le phénomène du prophétisme d'un point de vue phénoménologique et neuropsychique.


Autour de Mahomet

Mahomet considéré comme intercesseur

Plusieurs hadiths donnent à Mahomet le rôle d'intercesseur, de même certains passages du Coran. « Il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu » correspond bien à l'idée selon laquelle Mahomet, qui est illettré, retransmet ce que lui dicte l'archange Gabriel.

Annonce de la venue de Mahomet

Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans l'Évangile. Plusieurs passages de la Bible sont interprétés en ce sens
Et quand Jésus fils de Marie dit : “ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager d’Allah à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera “Ahmad”. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : “C’est là une magie manifeste”.|Sourate 61.6
Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit mentionné chez eux dans la Torah et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants.|Coran VII, Al-A'raf : 157

Miracles


Selon le Coran et des hadiths, Mahomet aurait fait une série de miracles :
 La scission de la Lune a eu lieu, lorsque les gens de La Mecque auraient demandé à Mahomet de faire un miracle. Les Mecquois auraient vu le miracle se réaliser devant leurs yeux. Le verset du Coran de la sourate de la Lune rapporte aussi qu'elle se serait fendue.
 L'eau aurait jailli entre les doigts de Mahomet, quand les compagnons ont eu soif, et sont allés demander à Mahomet de l'eau pour boire et pour faire les ablutions. Alors, Mahomet aurait fait jaillir l'eau de ses mains, pour un nombre de compagnons estimé à mille cinq cents hommes en tout.
 Différents malades auraient été guéris.
 La toile d'araignée et le nid de pigeon devant l'entrée de la caverne, lors de la venue des troupes mecquoises qui voulaient entrer dans la grotte où Mahomet et ses compagnons se sont cachés. Ce récit a inspiré François Coppée pour L’Araignée du Prophète.
 Une brebis aurait parlé à Mahomet.
 Un rocher aurait parlé à Mahomet.

Mahomet, la médecine, la sorcellerie et les démons

Le livre At-Tib an-Nabawi d'Ibn Qayyim al-Jawziyya renferme presque tous les dits du prophète Mahomet pour traiter les maladies. Cette médecine est appelée la « médecine prophétique ». Les mêmes s'intéressent de près au « mauvais œil » et à la sorcellerie, au commerce avec les démons ou aux jinns : . La même source indique 129 hadiths sur la médecine sont rapportés dans le Sahih al-Bukhari. Et, par la suite, quelques médecins musulmans ont prétendu établir des essais cliniques pour attester les dits de Mahomet. Les plus anciens sont Abu Nu`aym, Ibn Qayyim al-Jawziyya et Jalal ad-Din as-Suyuti.

Armes

Le professeur Hamidullah écrit que toutes les batailles livrées par étaient défensives. Les raisons de chacune sont systématiquement expliquées dans la biographies de Mahomet d'Ibn Ishaq connue par la version d'Ibn Hicham.
Mahomet dira sur le combat et les armes .

Selon les traditions musulmanes médiévales, Mahomet aurait possédé sept épées.
 La première aurait porté le nom d'Adhbâ. Il l'aurait eue avant la fuite de Médine (hégire), et aurait combattu avec cette épée lors de la bataille de Badr.
 La deuxième se serait appelée Dsou'l Feqâr. Elle aurait appartenu à Monabbih, fils de Hadjâdj, et Mahomet l'aurait trouvée au cours de la bataille de Badr.
 Trois autres aurait été un butin de guerre contre les Béni Qainoqâ. Elles portent les noms suivants : Khaif, Battar et Qoaite.
 Enfin, Ali lui aurait offert deux autres épées qu'il aurait trouvées dans le temple des Bani Tayy. Les noms de ces épées sont Mikhdsam et Rosoub.
Mahomet aurait eu trois arcs, trois cuirasses, trois lances et un bouclier.

Ses secrétaires

Mahomet aurait choisi dix secrétaires pour écrire ses révélations et pour gérer l'argent et les revenus.

Ses affranchis

Mahomet aurait dit à une personne qui voulait avoir le paradis:
Mahomet a acheté 17 esclaves pour leur rendre la liberté. Bilal fut un des premiers Noirs à jouir de la liberté pour devenir le premier muezzin de l'islam.
Rédigez un contrat d'affranchissement pour ceux de vos esclaves qui le désirent, si vous reconnaissez en eux des qualités et donnez-leur des biens que Dieu vous a accordés.|

Son pèlerinage


Mahomet a accompli trois fois le rituel du pèlerinage. Deux fois avant sa fuite et une fois lorsqu'il était à Médine. Le dernier pèlerinage s'appelle Hadjetou el Wadâ (« le pèlerinage de l'adieu » ou « de la perfection »). Mahomet a fait quatre fois la visite de l'Accomplissement.

Sa vie maritale

Selon ses biographes, Mahomet aurait eu en tout quinze épouses tout au long de sa vie. Dans son livre La chronique, l'historien médiéval Tabari signale que Mahomet aurait convoité cinq femmes et qu'il avait deux esclaves dont l'une « Maria fille de Siméon le Copte », lui donna un fils, Ibrahîm, qui mourut à l'âge de deux ans.
« Il avait parfois en même temps onze femmes, parfois neuf et parfois dix. Quand il mourut, il laissa neuf veuves. »
. Un peu plus loin, Tabari signale que selon d'autres traditions, Mahomet aurait épousé vingt femmes et qu'« il y a en outre cinq femmes que le prophète a convoitées, mais qu'il n'a pas épousées ».

Après la mort de Khadija, sa première épouse, il épouse la veuve Saouda, puis, pratique conforme aux normes et aux valeurs de l'Arabie de l'époque et toujours actuelle dans certains pays, âgé d'environ 50 ans, il épouse Aïcha fille d'Abu Bakr et âgée de 6 ans. Trois ans plus tard, il consomme le mariage ; elle a 9 ans. Cependant, l'âge d'Aïcha lors de son mariage est sujet à controverse pour des raisons d'incohérences chronologiques multiples, étant donné qu'il n'existait pas de véritable calendrier à l'époque chez les Arabes de la péninsule arabique avec une date de référence claire.
Aussi, l'historien Maxime Rodinson émet une certaine réserve au sujet de ce hadith. D'après la chercheuse britannique , Aïcha avait probablement 19 ans lorsqu'elle s'est mariée au Prophète Mahomet. En 627, il se marie avec Rayhana une juive, puis Myriam en 629 une chrétienne ; la même année, il se marie avec Safiyya une juive, en accord avec les règles de mariage de l'islam.

À la fin de sa vie, Mahomet aurait eu neuf femmes, dont une esclave chrétienne copte qui lui avait été donnée par le roi d’Égypte. Selon le Coran, ce statut spécial de Mahomet lui autorisant d'avoir plus de quatre épouses lui aurait été révélé par l'archange Gabriel :
- « Ô prophète ! il t'est permis d'épouser les femmes que tu auras dotées, les captives que Dieu a fait tomber entre tes mains, les filles de tes oncles et de tes tantes maternels et paternels qui ont pris la fuite avec toi, et toute femme fidèle qui aura donné son âme au prophète, si le prophète veut l'épouser. C'est une prérogative que nous t'accordons sur les autres croyants ».
- « Nous connaissons les lois du mariage que nous avons établies pour les croyants. Ne crains point de te rendre coupable en usant de tes droits. Dieu est indulgent et miséricordieux. » (sourate al Ahzab, versets 49-51)

La plupart de ses unions avaient un caractère politique et accompagnait le ralliement de tel notable ou tel clan. Au Moyen Âge la polygamie est fréquente en Arabie, Mahomet la limite à quatre épouses. A part Aycha, toutes les autres épouses de Mahomet étaient veuves, pour certaines plusieurs fois. L'une de ses épouses perdait continuellement du sang. Les mariages sont tous liés à un intérêt diplomatique comme le veut la tradition arabe de l'époque. Chaque mariage établissait un lien de sympathie avec la tribu de la mariée.

Description physique et représentations

Tableau qui résume les différents groupes musulmans
Tableau qui résume les différents groupes musulmans

Mort de Mahomet, Istanbul, 1595
Mort de Mahomet, Istanbul, 1595
Mahomet selon une illustration persane (Bibliothèque nationale de France)
Mahomet selon une illustration persane (Bibliothèque nationale de France)

Portrait de Mahomet, tiré de l   Histoire générale de la religion des Turcs   de Michel Baudier. Paris, 1625.
Portrait de Mahomet, tiré de l' Histoire générale de la religion des Turcs de Michel Baudier. Paris, 1625.

Voyage nocturne, chevauchant le cheval Bouraq, est entouré d'anges, dont l'archange Gabriel, à gauche. Mahomet, comme il est de tradition dans la peinture persane, est auréolé de flammes et son visage est représenté couvert d'un voile. Peinture issue d'un Khamseh de Nizami, attribuée à Sultan Muhammad et datée 1539-43.>>

Après la mort de Mahomet, il y a eu la naissance de plusieurs branches philosophiques et religieuses qui ne partagent pas une vision commune de sa vie. Les plus importantes sont le sunnisme et le chiisme.

Le sunnisme réprouve la représentation de tout être possédant une âme, d'autant plus s'il s'agit de Mahomet, ce qui pourrait alors être considéré comme un blasphème. Cette règle n'existe pas chez les chiites duodécimains, habitués au contraire à afficher de grands portraits.

Mahomet aurait donné l'ordre d'enlever une image d'un portrait humain, qui était représenté sur un bouclier. Cette image aurait disparu sans que personne n'y touche.

L'art s'est développé au début de l'islam. Plusieurs travaux artistiques sur la céramique, sur le bois, sur la pierre, sur le métal, etc., ont été gardés dans les monuments musulmans historiques. Ils font partie du trésor artistique laissé par les musulmans. La calligraphie, la miniature, la cartographie, etc., tous les genres et modèles techniques témoignent de l'habilité artistique des musulmans au Moyen Âge. Plusieurs artistes persans ont élaboré des chefs-d’œuvre en produisant des portraits de personnages célèbres et de Mahomet.

L'interdiction sunnite n'est pas respectée de façon absolue. Mahomet est ainsi parfois représenté chez les Turcs, avec différentes variantes : visage vide ou caché par un voile, etc.
La publication de caricatures dans un journal danois, puis dans des médias internationaux, a soulevé quelques mois plus tard un tollé dans plusieurs pays de tradition et de culture islamiques et certaines communautés musulmanes des pays occidentaux. En fait, trois phénomènes se superposent dans cette affaire de caricatures :
 la représentation de Mahomet, en tant que telle
 l'emploi de la dérision ou de la critique
 les amalgames qui leur étaient imputés
 entre islam et terrorisme d'une part,
 entre islam et obscurantisme de l'autre.

En France, seul le troisième point autorisait une action judiciaire, qui fut menée. Malgré le déboutement des plaignants, le jugement contenait des attendus généraux dont le Conseil français du culte musulman (CFCM) se déclara officiellement satisfait, et ne fit donc pas appel.

Cependant, l'islam permet la description d'un personnage. L'historien médiéval Tabari dans son livre La Chronique fait une longue description de Mahomet d'après Ali. Ali dira qu'il était de taille moyenne. La couleur de la peau était blanc rosée. Les yeux étaient noirs et sa chevelure longue. Mahomet nouait des fois ses cheveux en deux ou quatre boucles. Et parfois, ses cheveux tombent sur sa tête. Son nez était droit et les dents écartées. La barbe était bien fournie.

D'après les témoignages de ses compagnons, il n'était ni longiligne ni trapu, sa peau n'était ni d'une blancheur éclatante ni foncée, sa chevelure n'était ni crépue ni outrancièrement longue. Il avait les paumes et les pieds épais, sa tête était grosse et ses articulations imposantes. Les poils qui descendaient de sa poitrine à son nombril formaient une longue ligne. Quand il marchait, il s'inclinait vers le devant comme s'il descendait d'une pente. Sa barbe était ample et ne paraissait que la moitié de son âge.

Reliques

De nombreuses reliques du prophète de l'islam sont aujourd'hui conservées à Istanbul, ainsi qu'à Médine, entre autres. Une paire de chaussures de Mahomet, très sacrée pour les pèlerins musulmans, qui se trouvaient à Lahore au Pakistan ont été volées en 2002 .

Ses descendants

Princes arabes

Après la mort de Mahomet, de nombreux musulmans se réclament de sa descendance. Ils sont alors qualifiés de chérif, littéralement « noble » ou sayyid « seigneur ». Leur lignée remonterait à Mahomet par l'intermédiaire d'al-Hasan ou d'Al-Husayn, les enfants de Ali ibn Abi Talib et de Fatima Az-Zahra, la fille de Mahomet. Ces considérations généalogiques peuvent revêtir une dimension politique importante lorsque certaines familles régnantes la font valoir pour asseoir leur légitimité, à l'instar des Hachémites en Jordanie et de la famille royale du Maroc, les Alaouites. Néanmoins il n'y a rien à ce sujet dans le Coran ; le fait d'être descendant de Mahomet ne donne aucun privilège particulier.

Noblesse européenne

Par les Omeyyades :
 Rucyade Hachémite (vers 605 - 624), fille de Mahomet et de Khadija, épouse Ottman Ben Affan, dont :
 Aïcha Ben Affan, qui épouse Marouan Ier, calife de Damas, qui a pour petit-fils :
 Abd el Aziz ibn Musa Omeyyade, père de :
 Aïcha Omeyyade, est mère de :
 Musea Ibn Al-Qâsî Borja, gouverneur de Saragosse environ 740-789, père de :
 Musa ibn Musa Ibn Al-Qâsî Borja (788 - 863), gouverneur de Tolède, père de :
 Loup ibn Musa Banu Borja (Banu Qüsa), converti au christianisme, seigneur de l'Èbre, gouverneur de Tolède, de Saragose, environ 805-842, épouse Ayab Al Bulatiya, qui lui donne un fils, Mahomet, gouverneur de Saragosse, et une fille :
 Auriane Borja ca 828, mariée vers 847 avec Fortunin de Pampelune, roi de Navarre, dont trois enfants, parmi lesquels :
 Oneca Iniga de Pampelone, (847 -) épouse en premières noces en (863 Abdallah Omeyade, calife de Cordoue, et lui donne une fille Zyad, et en secondes noces vers (878 Aznar Sanchez de Castille, seigneur de Larron, dont deux filles : Toda et Sancha.
 Toda Asnarez de Larron, épouse Sanche Ier Garcès de Pampelune (865 - 925), roi de Pampelune et de Navarre. On leur connaît cinq enfants : Sancha, Garcie III roi de Pampelune et de Navarre, Urruca, mariée à Ramire des Asturies, et Velasquita.
 Sancha de Navarre, épouse en secondes noces en 932 Fernand II Gonzales, comte de Lara, grand-père d'Alphonse Jourdain, comte de Toulouse, dont une très nombreuse descendance estimée à 20 000 personnes vivantes.

Autre branche ommeyade :
 Zaïda, devenue Isabelle, belle-fille de Mahomet II Al Mutamid, roi de Grenade, et arrière petit-fil de Ismaël ben Abbdad Al Mutamid, cadi de Séville, considéré comme descendant de Mahomet, épouse en 1098 Alphonse VI de Castille, roi de Leon de Castille, de Tolède.
 Sancha, princesse de Castille, qui épouse en 1122 Rodrigue, fils de Gonzalo III de Lara, et dont les enfants sont :
    Rodrigue II de Lara, seigneur de Penalva, dont on ignore la descendance,
    Elvire de Lara, mariée à Ermenghol VI, comte d'Urgel, aïeule des rois du Portugal et de Louis XIV.

Mahomet dans la littérature

Moyen Âge

Mahomet apparait tout d'abord dans la littérature populaire occidentale, sous le nom de Mahound (entre autres corruptions comme Mahowne, Mahon...) en temps que divinité païenne ou démon : il est parfois identifié comme l'une des principales divinités des sarrasins au sein d'un panthéon variant d'une œuvre à l'autre (par exemple, aux côtés d'Apollyon et Termagant dans la chanson de Roland, voire comme une divinité païenne générique d'autres peuples « infidèles » : ainsi, dans les mystères du cycle de York, Pharaon à l'orée de la mort, appelle son armée à adresser ses prières à la divinité « Mahowe».

Sous l'influence de sources espagnoles comme les chroniques d'Euloge de Cordoue ou de récits de pèlerins revenant de Terre Sainte comme celui de Dithmar, le Mahomet de la littérature se rapproche aux de celui de la tradition musulmane, sa vie est enrichie de nombreuses histoires fabuleuses et calomnieuses. Des biographies occidentales fleurissent, essentiellement en latin, telles la Vita Mahumeti de Embricon de Mayence, les Otia de Machomete de Gautier de Compiègne dont le Roman de Mahomet (1258) d'Alexandre du Pont est une adaptation qui constitue la première œuvre de littérature française à son sujet. Mahomet y est présenté comme un schismatique de la chrétienté, brutal et perfide, souvent comme un sorcier malfaisant.

Fresque de la Basilique San Petronio de Bologne en Italie, où Mahomet est tourmenté par un diable.
Fresque de la Basilique San Petronio de Bologne en Italie, où Mahomet est tourmenté par un diable.

Au XIIIème siècle, Dante, dans La Divine comédie, présente Mahomet en compagnie de son cousin Alī ibn Abī  dans son neuvième cercle des enfers, celui qu'il réserve aux "schismatiques", les entrailles sortant de son ventre ouvert. Cette description sera utilisée par plusieurs artistes, comme récemment Salvador Dali, pour représenter Mahomet les entrailles exposées ou encore Gustave Doré dans son illustration de la Divine Comédie. On rencontre aussi le Mahomet éventré de Dante dans certaines églises, telles la Basilique San Petronio de Bologne en Italie, où il est représenté tourmenté par un diable.

XVIIIème siècle

Dans la littérature occidentale du XVIIIème siècle, Mahomet est souvent considéré comme l'auteur du Coran.

 L ouvrage de Voltaire
L'ouvrage de Voltaire

Selon le critique littéraire François Busnel, parlant de la pièce de Voltaire Le Fanatisme ou Mahomet, . Dans cette pièce, Voltaire fait dire à l'un de ses personnages que Mahomet est un « imposteur », un « faux prophète », un « fanatique » et un « hypocrite ».

C'est pourtant « l'intolérance de l'Église catholique et les crimes commis au nom du Christ » qui étaient les premiers visés par le philosophe des Lumières. C'est ce qu'écrit Voltaire dans une lettre de 1742 : « Ma pièce représente, sous le nom de Mahomet, le prieur des Jacobins mettant le poignard à la main de Jacques Clément ». Ce double sens de la pièce est confirmé par le critique littéraire Julien Louis Geoffroy : . Les dévots qui n'ont pas été dupes l'ont attaqué immédiatement en justice pour impiété et scélératesse, et Voltaire a dû retirer sa pièce. Par ailleurs selon Emmanuel Leroy-Ladurie,

Le Marquis de Sade fait émettre par son personnage du moribond des critiques violentes contre l'ensemble des chefs religieux, dont évidemment Mahomet :

XIXème siècle

Alphonse de Lamartine écrit une Vie de Mahomet en 1854, dont on peut dire que c'est la première biographie écrite par un Occidental qui ne soit pas à charge. Il y dit :

De même, Victor Hugo, dans un poème de La Légende des siècles (1858), L'an neuf de l'Hégire, présente de façon romantique la mort de Mahomet :
Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;
Il écoutait pendant qu’Aboubékre lisait,
Et souvent à voix basse achevait le verset ;
Et l’on pleurait pendant qu’il priait de la sorte.
Et l’Ange de la mort vers le soir à la porte
Apparut, demandant qu’on lui permît d’entrer.
“Qu’il entre.” On vit alors son regard s’éclairer
De la même clarté qu’au jour de sa naissance ;
Et l’Ange lui dit : “Dieu désire ta présence.”
- “Bien”, dit-il. Un frisson sur les tempes courut,
Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.


Mahomet est aussi une pièce théâtrale de Johann Wolfgang Von Goethe. Selon le spécialiste de la littérature allemande du XIXe siècle, Adolphe Bossert, . Johann Wolfgang Von Goethe a appris l'arabe et il est allé en Arabie pour comprendre le personnage principal de sa pièce théâtrale Mahomet. Il dira après que .

Pour Ernest Renan, parlant de la pièce de Voltaire, mais .

XXème siècle


 En 1988, Salman Rushdie évoque Mahomet dans les Versets sataniques qui provoquent une vaste polémique, assortie d'une fatwa réclamant l’exécution de l'auteur, en 1989. D'après al-Tabari, Satan aurait tenté de dicter des enseignements hérétiques à Mahomet. Cet incident aurait eu lieu à La Mecque, huit ans avant l'hégire, alors que Mahomet récitait la sourate de l'Étoile, dans laquelle sont mentionnées trois déesses considérées par les Koraïchites païens, comme des " filles de Dieu ". D'après Maxime Rodinson, al-Lat, al-`Uzzâ, et Manât étaient, des déesses préislamiques appelées les « filles d'Allah ». Mahomet aurait, dans une première version, recommandé qu'on leur rendît un culte, ces versets prononcés puis abrogés, sont les fameux évoqués dans le roman de Rushdie.

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Pour en savoir plus
La conquête arabe
L'islam
Le Coran
Allah




 

 
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