Roi des
Burgondes (v.
480-516). Gondebaud ou Gondobald. Fils du roi Gundioc
(v. 457-v. 470), qui avait fait des
Burgondes des
fédérés romains (457), Gondebaud (Gunt-Bald,
«le guerrier audacieux») devint comme son père
maître de la milice, titre romain prestigieux, et Olybrius le
nomma même patrice après la mort de Ricimer
(472).
Gondebaud, mettant à profit la
crise politique qui secouait alors Constantinople, fit proclamer
auguste Glycérius; celui-ci fut bientôt destitué
(474), Gondebaud renvoyé, mais son oncle, le roi
Chilpéric, qui avait succédé à Gundioc,
restait de fait le représentant de
l'Empire romain
en Gaule. Gondebaud succéda à Chilpéric vers
480. Par une politique d'alliances matrimoniales, il
tâcha de protéger son royaume des ambitions de
Théodoric, en mariant son fils Sigismond à une fille du
roi ostrogoth, mais il n'est pas certain qu'il ait
consenti à ce que sa nièce Clotilde épousât
Clovis (vraisemblablement en 493).
Vers 499 éclata un conflit entre
Gondebaud et son frère Godégisèle (ou
Godégisile), roi de
Genève,
qui s'allia aux
Francs de
Clovis. Battu, Gondebaud fut assiégé dans Avignon
(500), mais l'approche des armées d'Alaric II amena
vraisemblablement Clovis à lever le siège, abandonnant
Godégisèle, qui fut exécuté (501). Gondebaud
reprit possession de son royaume en 502. C'est à ce
moment qu'il publia la loi gombette, dont le but politique
était de contribuer à l'unification de la Burgondie
après la grave crise qu'elle venait de traverser.
Gondebaud s'allia à
Clovis contre
Alaric II, et une armée burgonde commandée par
Sigismond prit part à la bataille de Vouillé (507).
Mais Théodoric attaqua à son tour les Burgondes, qui
perdirent le sud de leur royaume. Gondebaud avait poursuivi la
politique de tolérance religieuse de Chilpéric,
même s'il renonça à se convertir, et à sa
mort, le royaume burgonde, très fortement romanisé, se
trouva aux mains d'un roi catholique, Sigismond.
Grégoire de Tours, dans son Histoire
des Francs, a tracé de Gondebaud un portrait partisan, le
présentant comme un roi sanguinaire qu'il accuse contre
toute vraisemblance d'avoir massacré son propre frère
Chilpéric, le père de Clotilde; le but politique de
Grégoire de Tours était en effet de faire ressortir par
contraste le personnage de Clovis.
La loi gombette
A la suite de la crise de 500-501 qui
secoua la Burgondie, le roi Gondebaud fit promulguer à Lyon,
en mars 502, la Lex Gundobada ou loi gombette, dans le but
d'accélérer l'unification de son royaume en y
intégrant mieux les Gallo-Romains.
Inspirée des lois romaines,
rédigée avec le conseil de juristes romains, la nouvelle
loi remplaçait dans presque tous les domaines les anciennes
lois, lesquelles avaient maintenu des distinctions entre
Gallo-Romains et Burgondes. Dorénavant, la loi gombette
soumettait ceux-ci aux mêmes amendes, autorisait les mariages
mixtes, et permettait à tous de servir dans l'armée ;
elle réglait également la question du partage des terres
que les Burgondes avaient conquises sur les Romains, dans un sens
plus favorable à ces derniers. La loi gombette persista
jusqu'au IX
e
siècle dans les territoires de
l'ancienne Burgondie.
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