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Charles le Téméraire

Dijon, 1433 - Nancy, 1477
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 L'éducation d'un prince
 La constitution d'un royaume
 La défaite du Téméraire
 L'héritage de Charles le Téméraire

 



Charles le Téméraire


Quatrième duc de Bourgogne, appartenant à la dynastie des Valois, Charles est le fils de Philippe III le Bon et d'Isabelle de Portugal. Son éducation est marquée par cette dernière, qui exerce sur lui une influence profonde au point que, devenu adulte, il utilise fréquemment l'expression «nous autres Portugais».

L'éducation d'un prince
Il reçoit dans sa jeunesse la formation classique d'un grand prince médiéval, aux côtés d'un clerc bourguignon, Antoine Hanneron, qui se charge de sa formation politique et intellectuelle, et d'un noble picard qui en fait un véritable chevalier rompu à l'équitation et aux exercices physiques. Dès l'âge de 12 ans, il est marié à Catherine, fille de Charles VII, roi de France.  

Comte de Charolais, héritier du riche duché de Bourgogne qui s'étend, en une nébuleuse de territoires, de la Flandre littorale au Mâconnais, il entre très tôt en conflit avec son père Philippe, auquel il ne pardonne pas la cession humiliante des villes de la Somme au roi Louis XI, sous l'influence de la famille des Croy, courtisans au palais de Dijon.  

En 1465, Charles obtient de son père qu'il chasse les Croy, et détient dès lors la réalité du pouvoir bourguignon. Lorsque Philippe III le Bon meurt, le 15 juin 1467, Charles devient officiellement duc de Bourgogne.

La constitution d'un royaume
A son avènement, Charles poursuit la politique paternelle de bon voisinage avec la France, dont il est un des grands vassaux pour une partie de ses possessions, et achève la conquête des Pays-Bas en s'emparant de la Gueldre.  

Confronté en 1468 à une révolte de la ville de Liège secrètement financée par le roi de France Louis XI, alors son hôte, il rompt avec la France (entrevue de Péronne) et se distingue par le caractère sanguinaire de sa répression envers les insurgés, à laquelle, pour l'humilier, il force Louis à assister. Cette répression lui aliène durablement le soutien des riches villes tisserandes du Nord de son duché, dont l'imposition constitue pourtant sa principale ressource financière.  

Après Péronne, sa ligne politique change, et l'essentiel de son activité est alors consacré à unir en un seul bloc ses Etats, afin de constituer un royaume de Bourgogne, que les propagandistes et chroniqueurs bourguignons présentent comme la continuité historique de la Lotharingie carolingienne. Ce royaume, qui est déjà presque une réalité, s'étendrait des Pays-Bas à la vallée de la Saône et de la mer du Nord au Rhin avec pour axe central le cours de la Meuse. Ce projet suscite très vite l'inquiétude de Louis XI, peu enclin à accepter la formation d'une telle puissance au voisinage de son royaume.  

Mais Charles est pris en tenaille entre Louis XI, pour lequel l'échec de l'entrevue de Péronne symbolise la volonté bourguignonne d'abattre la France, et les princes allemands, dont l'empereur, qui voient dans les visées de leur ambitieux voisin un risque d'expansion française outre-Rhin, le duc demeurant un vassal nominal de la couronne de France. Cette crainte semble d'ailleurs justifiée, car Charles se tourne bientôt vers l'Empire. En 1469, il achète les villes de la haute Alsace, puis impose son protectorat au duché de Lorraine, dernier obstacle à l'unification totale de ses terres. Ces objectifs atteints, il prend le titre de grand-duc d'Occident, et pense proche l'heure de son accession à la dignité royale.

La défaite du Téméraire
En 1473, Charles - que les cours européennes surnomment désormais «le Téméraire» en raison du caractère démesuré de ses ambitions - tente d'obtenir de l'empereur Frédéric III la constitution de la Bourgogne impériale en royaume, en échange du mariage de sa fille Marie avec le fils de Frédéric.  

Cette volonté de puissance inquiète l'empereur, qui se tourne alors vers Louis XI pour faire obstacle au dessein du Bourguignon. Le roi de France, trop habile pour se lancer dans une guerre directe contre la Bourgogne, finance alors, en 1474, une révolte des cités alsaciennes appuyée par les cantons suisses dotés d'une armée redoutable. C'est le signal de la fin pour Charles, qui, rendu furieux et amer, décide de châtier tous ses adversaires. Il lance d'abord sa puissante armée vers Cologne, mais échoue devant Neuss. De plus en plus harcelé par la coalition montée contre lui par le roi de France, et alors que la Bourgogne, la Picardie et la Lorraine sont ravagées, il passe en Suisse.

Après un revers initial à Berne, où Charles a fait pendre plusieurs dizaines de soldats capturés, les Suisses, galvanisés, lui infligent deux défaites majeures, à Grandson, en mars 1476, puis à Morat, en juillet de la même année. C'est la débâcle des Bourguignons. Charles se dirige vers la Lorraine avec les restes de son armée pour attaquer Nancy, qui vient de signer un traité d'alliance avec la France. Le grand-duc d'Occident meurt en 1477 devant Nancy au cours d'une escarmouche, et peu après, ses Etats sont démembrés: Louis XI reçoit le duché de Bourgogne, la Picardie et Boulogne.


L'héritage de Charles le Téméraire
Son successeur, Marie de Bourgogne, fille qu'il a eue de sa deuxième femme Isabelle de Bourbon, par esprit de vengeance contre la France, épouse Maximilien d'Autriche et lui apporte ainsi une part importante de l'héritage bourguignon, dont la Flandre, l'Artois et la Franche-Comté, qui reviendront au XVI e  siècle à la dynastie des Habsbourgs, principale ennemie de la France durant les deux siècles suivants.

 
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