 La Néolitisation au Proche-Orient et en Eruope 8000 à 2600 av. J.-C. © Carte Hachette Multimédia/Hachette Livre
Les sociétés de
chasseurs-cueilleurs disparaissent plus ou moins rapidement au
cours du néolithique, bien que la collecte, la chasse et la
pêche subsistent. De nouvelles activités, essentiellement
liées à une stratégie alimentaire différente,
se développent.
L'agriculture
La naissance de
l'agriculture
se confond avec la recherche de produits alimentaires nouveaux, ce
qui comprend aussi les techniques permettant de les consommer,
notamment la mouture et la cuisson. Mais les hommes se
nourrissaient depuis longtemps de produits de la cueillette, en
particulier de céréales sauvages (blé et orge au
Proche-Orient, riz en Orient, mil et sorgho en Afrique
sahélienne, maïs en Amérique). Le passage de la
notion de cueillette à celle de culture implique un mode de
pensée radicalement différent, et demande des
connaissances précises: sélection des graines, semailles
à une date précise, préparation du terrain en forme
de champ, assolement, fumure, irrigation, stockage
(greniers-silos), cuisine.
Des stades intermédiaires ont existé, en
particulier, la protection des espèces végétales
utiles, par la destruction des espèces nuisibles voisines, et
de la sélection, consciente ou non, d'un certain type de
plants.
Ainsi,
la céréale
sauvage se reproduit plus facilement quand ses graines se
détachent aisément de l'épi. Or
l'agriculteur a besoin de graines restant sur un épi
solide et sur sa tige pour en récolter un maximum en un temps
record. Il en va de même pour les légumineuses, dont le
rôle est essentiel dès le début des pratiques
agricoles. La sélection des caractères désirés,
presque automatique, est certainement à l'origine de
l'agriculture.
C'est au Proche-Orient que le
mécanisme des origines de l'agriculture est le mieux
connu. A partir de -8000, en
Syrie et en
Palestine, des
groupements humains se fixent, cultivent le blé et l'orge
(qui y ont leur berceau sauvage) dans des zones relativement
humides pour subvenir aux besoins d'une population plus
importante que celle des groupes ayant conservé un mode de vie
paléolithique. Progressivement, tout le Croissant fertile
- de la
Palestine à
l'Anatolie et aux montagnes de l'ouest de l'Iran
- voit s'implanter des villages agricoles;
l'irrigation permettra un peu plus tard la conquête des
terres plus arides.
L'élevage
L'élevage
participe de la même recherche d'aliments nouveaux que
l'agriculture; il consiste à «faire se reproduire
intentionnellement des animaux spécifiques en vue de leur
valeur économique».
La chasse intensive de la fin du
paléolithique, sur le territoire réduit de
communautés en voie de sédentarisation, a
raréfié le gibier, et l'idée de le conserver
sur pied a fait son chemin.
L'élevage, au début, fut sans doute
nomade; et l'homme se pliait au rythme physiologique et
saisonnier de ses animaux. Son intervention se limitait
probablement à un abattage sélectif pour
équilibrer le potentiel de reproduction du troupeau. Cette
stratégie n'est déjà plus celle du simple
chasseur. Cependant, le terme d'«élevage» ne
sera utilisé qu'à partir du moment où
l'homme agit sur la reproduction du troupeau.
Le Proche-Orient n'est pas le seul
centre ancien de domestication: le Sahara égyptien a vu la
domestication du bœuf, peut-être aussi tôt qu'au
Proche-Orient; l'Asie, celle de divers bovins, du porc, du
mouton et de la chèvre; l'Amérique andine, celle de
l'alpaga et du lama.
L'importance de la poterie
L'arc et la flèche, inventés
à la fin du
paléolithique,
ont joué un rôle essentiel au néolithique, où
la chasse reste une activité fondamentale. Mais les autres
inventions sont liées aux nouveaux modes de vie: matériel
de broyage, hache polie, destinés au défrichement des
forêts primaires; abattage et taille du bois pour la
construction des maisons, le chauffage, la cuisson des poteries et
des aliments, la fabrication des manches d'outil, faucille, et
surtout pour
la poterie.
Cette dernière est une invention
capitale, permettant à elle seule la
généralisation du mode de vie néolithique; elle
facilite considérablement le stockage (graines, liquides,
farine), ainsi que la cuisson hydrique, base de la cuisine
néolithique. La poterie a été inventée en
différentes régions du monde: au Japon, il y a plus de
12'000 ans; au Sahara, vers - 7500; au
Proche-Orient, où elle ne s'impose vraiment que vers
-6000; et donc bien après les premières
expériences de sédentarité, d'élevage et
d'agriculture; enfin, plus récemment, en Amérique
du Sud.
Le rôle de la poterie est
également culturel: son abondance, la variété des
techniques de fabrication, des formes et des décors en font un
élément fondamental de distinction entre les cultures;
bien souvent, celles-ci sont désignées par leur poterie,
comme le rubané (céramique linéaire occidentale) ou
le cardial (culture à céramique cardiale) en Europe.
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