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Les australopithèques


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 Hommes fossiles
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Reconstitution d’un site de vie d’Homo habilis
© Dessin André Houot. Edition Errance
Hommes fossiles

"Australopithèque", nom donné aux plus anciens hommes fossiles, qui ont vécu en Afrique entre cinq millions et 600'000 ans av. J.-C. Leur nom vient du fait qu'ils ont d'abord été considérés comme des singes (pithekos en grec) et parce que les premiers avaient été trouvés en Afrique australe. L'appellation d'«australanthropes» est aujourd'hui préférée par beaucoup de spécialistes. Les fouilles récentes ont montré que leur répartition s'étendait à la Tanzanie, au Kenya et à l'Ethiopie. Parmi les paléontologistes dont les noms restent attachés à la découverte et à l'étude de ces premiers hominiens, citons Raymond Dart pour l'Afrique du Sud, Louis Leakey pour l'Afrique orientale et les Français Camille Arambourg et Yves Coppens pour l'Ethiopie. Les plus importants sites à australopithèques sont ceux de Swartkrans, Sterkfontein et Taung (Afrique du Sud), d'Olduvai (Tanzanie), du lac Rodolphe (Kenya) et de la vallée de l'Omo (Ethiopie).  

Les principaux caractères des australopithèques sont une station verticale (ou presque), une arcade dentaire en U, des molaires et des canines de type humain, une arcade sourcilière saillante, un front fuyant, un prognathisme accentué. Leur bipédie est indiquée par la position antérieure de leur trou occipital. Tant en Afrique australe qu'en Afrique de l'Est, il semble avoir existé deux types bien distincts d'australopithèques.


Les premiers hommes véritables
Le premier avait des formes graciles et ne mesurait guère plus de 1,25 m; sa capacité cérébrale était de 600 cm 3 . Ce type correspond à peu près à l'espèce Australopithecus africanus. On y rattache également le télanthrope d'Afrique du Sud, à dentition évoluée, et le tchadanthrope du Tchad, au front élevé, qui semblent faire la liaison avec les pithécanthropes ou Homo erectus. Le second type d'australopithèque était plus grand (1,60 m) et plus robuste; sa capacité cérébrale atteignait 700 cm 3 . Il présentait de plus une crête sagittale sur le crâne. C'est dans ce type que se rangent les formes connues sous les noms de paranthrope et de zinjanthrope. Selon certains spécialistes, ces australopithèques robustes, au régime herbivore, se seraient éteints sans descendance, tandis que l'espèce ou les espèces graciles, omnivores, auraient donné naissance aux pithécanthropes. Toutefois, cette thèse n'est pas admise par tous les paléontologistes: formes robustes et graciles n'ont peut-être été, en effet, que celles d'individus mâles et femelles d'une seule et même espèce. La question est donc loin d'être résolue.  

Autre question en suspens: l'existence, à l'époque des australopithèques, d'un homme plus évolué qu'eux. Certains restes trouvés en Afrique orientale, et semble-t-il particulièrement évolués, ont reçu l'appellation, d'ailleurs contestée, d'Homo habilis. Diverses découvertes, notamment celles de deux mandibules et d'un fémur, plaident toutefois en faveur de l'existence d'un homme dont la bipédie aurait été plus parfaite que celle des australopithèques.

En août 1972, Richard Leakey, le fils de Louis, a découvert près du lac Rodolphe un crâne, vieux de 2,6 millions d'années, et particulièrement moderne: sa capacité cérébrale dépasserait 800 cm 3, son arcade sourcilière est réduite et son front peu fuyant. Une découverte également importante, mais d'un autre ordre, a encore eu lieu au Kenya: il s'agit d'un fragment de mandibule d'australopithèque vieux de cinq millions d'années, ce qui situerait l'apparition des premiers hommes à l'ère tertiaire.

On ne peut en effet plus refuser aux australopithèques le titre d'hommes, et leur incorporation au genre Homo, préconisée par certains spécialistes, résoudrait bien des querelles. Si les australopithèques doivent être considérés comme des hommes, c'est parce qu'ils sont vraisemblablement les auteurs des premières industries lithiques connues, c'est-à-dire de galets taillés: Yves Coppens a ainsi découvert en Ethiopie un galet de quartz transformé en outil tranchant, et vieux de 2'200'000 ans.

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