 L'Homme de Tautavel un Homo erectus vivant il y a 450 000 ans
Il occupe l'ensemble de la Terre
Il y a deux millions
d'années, l'Homo erectus commençait une expansion
qui allait conduire ses descendants à occuper l'ensemble
de la Terre. Cette expansion, très lente à
l'échelle du temps, fut paradoxalement rapide. L'homme
était si rare (5 millions d'individus peut-être
il y a 35'000 ans, quand apparaît l'homme actuel,
Homo sapiens
sapiens) que ce fut un exploit de franchir en si peu de temps de
pareilles distances, même si cela ne représente que
quelques kilomètres par génération: 100'000
générations ont participé à ce mouvement, qui
débute par l'occupation de l'ensemble de
l'Afrique, jusqu'aux rivages de la Méditerranée.
On dispose de preuves d'une
présence d'Homo erectus hors d'Afrique avant
-1 million d'années, au Proche-Orient (à
Oubeidiyeh, en
Israël), en
Asie (peut-être -1,8 million d'années en
Indonésie
et en
Chine) et en
Europe occidentale. En France, certains chercheurs estiment
qu'il pourrait être déjà présent vers
- 2 millions d'années, mais les
véritables preuves d'une présence humaine datent de
900'000 ans (le Vallonet, puis Soleilhac).
Il semble cependant que l'homme ait
occupé l'ensemble de l'Eurasie avant -1 million
d'années. Il dispose, à partir de -1,3 million
d'années, d'une civilisation, l'acheuléen,
à la technologie déjà évoluée, qui lui
permet de mener une existence nomade de chasseur-cueilleur. Il
invente à cette époque certains des éléments
essentiels à son futur développement et à son
expansion - le langage, un véritable habitat -
et maîtrise le feu.
Mais les océans restent
infranchissables, et les immenses étendues froides du nord de
l'Eurasie ne sont pas occupées. En fait, la pression
démographique est si faible que l'expansion se limite aux
régions les plus favorables. Cette période dure plus de
1 million d'années: c'est la stabilité et la
lenteur de l'évolution qui sont les caractéristiques
principales de l'homme à cette époque.
L'accélération est le fait d'un second
peuplement.
Il utilise le feu et fabrique des outils
Ce sera cependant aux archanthropiens ou
Homo erectus que reviendra la tâche de diffuser
réellement le genre humain dans la plus grande partie de
l'ancien monde, de l'Afrique du Nord au Proche-Orient puis
en
Asie (Inde, Chine,
Java) et l'Europe. Leurs ossements commencent à
émerger dans les sédiments du rift africain il y a
environ 1,8 à 1,7 M.A. La majorité des
paléoanthropologues regroupent, sous l'appellation
d'Homo erectus, l'ensemble des restes humains trouvés
en Afrique et Eurasie depuis cette période jusqu'il y a
500'000 ans, voire moins de 250'000 ans, suivant les
régions. D'autres souhaitent réserver le terme aux
fossiles asiatiques que représentent les Pithécanthropes
et les Sinanthropes et voient dans les documents africains une
espèce plus primitive.
La capacité crânienne moyenne
des archanthropiens est quasiment de 1'000 cm
3
pour l'ensemble des spécimens de
l'échantillon (environ 900 cm
3
en Indonésie, près de 1 040
cm
3
en Chine), soit sensiblement en dessous de
la moyenne actuelle de 1'300 à 1'400 cm
3
. Le volume cérébral relatif,
c'est-à-dire rapporté aux dimensions du corps, est
nettement supérieur à celui d'Homo habilis. Les
parois crâniennes sont épaisses. La calotte est
allongée et encore relativement basse. Sa largeur maximale se
situe vers la base et non dans la moitié supérieure comme
chez l'homme moderne. Le front est fuyant. Il y a une sorte de
bourrelet osseux en forme de visière au-dessus des orbites. Le
crâne cérébral présente en outre d'autres
renforcements horizontaux des os temporaux et de l'occipital.
La mandibule montre un menton négatif. Les dimensions des
dents sont plus fortes que celles de l'homme moderne. Les os
des membres sont robustes. La stature atteint 160 à 170 cm. La
posture et la démarche sont les mêmes que chez
l'homme moderne.
Les Homo erectus maîtrisaient la
taille de la pierre, réalisant toute une gamme d'outils
rapportés au
Paléolithique
inférieur des archéologues, notamment des bifaces et des
hachereaux. C'était des chasseurs-cueilleurs qui ont
disposé de campements de plus en plus élaborés au
fil de leur évolution. Les derniers d'entre eux ont
apparemment domestiqué
le feu. Ils ne
disposaient pas encore d'un langage articulé comme le
nôtre.
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