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Crâne de Néandertalien L'Homme de la Chapelle-aux-Saints
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L'origine de l'homme moderne
Entre - 200'000 et
- 100'000 ans,
Homo erectus est
progressivement remplacé par Homo sapiens dans toutes les
zones déjà occupées. Entre - 50'000 et
- 30'000 ans, l'homme profite de toutes les
occasions (baisse du niveau de la mer, «ponts» de glace
sur le détroit de Béring) pour traverser les
étendues marines et peupler l'Amérique et l'
Australie. Mais
certaines régions particulièrement isolées
(archipels du Pacifique, montagnes, nord de l'Eurasie et
littoral arctique) devront attendre la fin de la dernière
glaciation et les progrès de la navigation pour être
occupées.
Si les étapes de cette
deuxième conquête de la Terre commencent à
être connues, une controverse scientifique partage les
spécialistes: plusieurs thèses s'affrontent quant
à l'origine d'Homo sapiens. Est-il, comme son
ancêtre Homo erectus, originaire d'une seule région
(en l'occurrence l'Afrique, une fois encore) ou bien la
mutation s'est-elle produite dans diverses régions du
monde où Homo erectus était présent? Certains
généticiens et linguistes pensent pouvoir prouver
l'antériorité des premiers représentants
africains d'Homo sapiens par la thèse du
monocentrisme.
Cependant, les traces
archéologiques semblent militer en faveur du polycentrisme.
L'humanité actuelle aurait eu plusieurs berceaux, et
chacun d'eux aurait été relié à ses
voisins à la suite du nomadisme des populations. Le passage
d'Homo erectus à Homo sapiens s'est effectué
graduellement. Les transformations physiques et intellectuelles
ne paraissent pas contemporaines d'une région à une
autre. Il semble que certaines caractéristiques des
principaux groupes humains (Asiatiques, Aborigènes
d'Australie, circum-Méditerranéens, Africains)
aient évolué sur de longues périodes,
approximativement dans les zones que ces peuples occupent encore
aujourd'hui. En fait, il paraît difficile d'admettre
que les descendants de l'hypothétique «Eve
africaine» aient totalement remplacé, partout dans le
monde, les groupes d'Homo erectus, dont on peut mesurer, par
les fossiles, l'évolution continue et locale vers Homo
sapiens. L'exemple du Proche-Orient semble
particulièrement probant. Les premiers hommes modernes de la
région, issus d'un indigène Homo erectus, ont
longtemps cohabité avec les derniers néandertaliens,
vers - 100'000 ans. On n'y distingue, en
l'état actuel des connaissances, aucune irruption
d'un homme moderne qui serait venu d'Afrique.
Quoi qu'il en soit, vers
-100'000 ans, il semble déjà y avoir eu une
séparation en deux groupes, l'oriental et
l'occidental, qui sont à l'origine des peuples
actuels de la Terre. Cette séparation pourrait avoir eu lieu
en Afrique orientale ou au Proche-Orient. Mais d'innombrables
métissages avec les populations antérieures
indigènes ont abouti à l'actuelle diversité
des peuples de la Terre. Cette diversité n'a guère,
en fait, plus de 25'000 à 30'000 ans, et
parfois beaucoup moins. A partir de - 50'000 ans
environ, de nombreuses migrations ont été reconnues.
Elles sont souvent liées à l'évolution du
climat pendant la dernière glaciation, qui, de
- 85'000 à -10'000 ans, a bouleversé
la surface de la planète. A plusieurs reprises, des calottes
glaciaires ont recouvert le nord de l'Eurasie et de
l'Amérique. Le climat, excessivement froid, était
défavorable à l'homme dans de nombreuses
régions aujourd'hui tempérées.
Parallèlement, le niveau des mers
baissait considérablement. Il était, par exemple, à
-110 m par rapport au niveau actuel il y a
18'000 ans, découvrant ainsi des espaces immenses qui
permettaient des liaisons à pied sec entre des régions
aujourd'hui séparées par des étendues d'eau.
Au contraire, certaines périodes furent plus clémentes,
en particulier vers -100'000 et -35'000 ans, ce qui
favorisa l'expansion humaine. A partir de -10'000 ans,
la fin de la glaciation conduisit en quelques millénaires au
climat actuel et l'homme put occuper l'ensemble de la
Terre.
L'homme de Neandertal
L'homme de Neandertal correspond
à un type de paléanthropien, ainsi nommé
d'après la vallée du Neander, proche de
Düsseldorf (Allemagne), où les restes incomplets d'un
squelette humain furent découverts en 1856 dans la grotte
de Feldhofer.
De petite taille (environ 1,55 m),
doté d'un crâne aplati bombé en chignon à
l'arrière, d'un front fuyant et de forts bourrelets
orbitaires, l'homme de Neandertal possédait une
capacité crânienne identique, voire supérieure,
à celle de l'homme actuel, sans pourtant manifester le
même développement des lobes frontaux. Répartis dans
toute l'Europe et au Moyen-Orient, les néandertaliens
constituaient un groupe relativement homogène.
Représentants typiques du Paléolithique moyen, ils
apparurent il y a 80'000 ans environ - ils sont les
représentants de la longue évolution de la
sous-espèce Homo sapiens neandertalensis qui semble
apparaître en Europe il y a plus de 300'000 ans
- et se développèrent durant les deux
premières phases de la glaciation de
Würm pour
disparaître vers 35'000 avant notre ère. Ils ont
constitué des lignées humaines adaptées au climat
froid.
Même s'il n'est pas
sûr que les néandertaliens soient les responsables,
uniques au moins, de l'industrie moustérienne (celle-ci
se trouve, en
Israël,
associée à des fossiles d'hommes plus modernes),
ils ont tout de même laissé des témoignages
d'industries remarquablement spécialisées et
caractérisées par la technique de débitage
Levallois. Certains indices de préoccupations spirituelles
(sépultures), artistiques (traces d'ocre), et
peut-être médicales sont également
attestés.
D'autre part, la fin de
l'époque moustérienne ne correspond pas à
l'extinction des néandertaliens, puisqu'un squelette
de ce type a été retrouvé dans un niveau
châtelperronien à Saint-Césaire (Charente-Maritime).
C'est donc durant le Paléolithique supérieur
qu'ils ont progressivement laissé la place à
l'Homo sapiens sapiens, c'est-à-dire à
l'homme de type actuel.
L'homme de Cro-Magnon
L'homme de Cro-Magnon représente
le plus ancien spécimen du genre Homo sapiens sapiens. Apparu
il y a quelque 40'000 ans, durant la phase récente de
la dernière glaciation de Würm, il se distingue de
l'homme de Neandertal par des caractéristiques physiques
plus évoluées, qui sont très proches de l'homme
moderne (grande taille, robustesse, crâne volumineux et
allongé). Tous deux seraient l'aboutissement de
lignées distinctes, issues d'un ancêtre commun, Homo
erectus.
L'homme de Cro-Magnon vivait encore
essentiellement de chasse; il habitait des abris-sous-roche, des
grottes, ou parfois même des campements aménagés. Il
maîtrisait le feu et enterrait ses morts. Il a laissé des
témoignages de sculpture et de peinture qui sont parmi les
plus anciennes œuvres d'art de l'humanité.
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