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La république chrétienne

1881 - 1914
© Michel CHARRIERE, historien


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L’Académie Sainte-Croix, à Fribourg
Destinée à former des enseignantes, elle est devenue le Lycée cantonal des jeunes filles, puis le collège Sainte-Croix. Le bâtiment abrite aujourd’hui le Cycle d’Orientation de Pérolles.
© BCU Fribourg

A l'automne 1881, dans un contexte qui a vu les tensions politiques s'aviver, les élections cantonales marginalisent complètement les oppositions radicale, libérale et même conservatrice modérée. Le verdict des urnes est en effet sans appel : la droite conservatrice catholique obtient septante-cinq pour cent des sièges et se retrouve seule à contrôler le parlement cantonal et par conséquent l'exécutif.

Parmi les élus se trouve un jeune broyard qui entame une longue carrière politique qui marquera le canton durant deux générations : Georges Python (1856-1927). Entrant au Conseil d'Etat en 1886, il prend la Direction de l'Instruction publique et y siègera jusqu'à son décès, cumulant, sur le plan cantonal, la magistrature exécutive avec un mandat de député jusqu'en 1921. Il est très vite un artisan du renforcement de la dimension républicaine du régime fribourgeois, intégrant l'autoritarisme et le paternalisme de l'Ancien Régime à une ouverture certaine à la modernité démocratique et économique. Plus que l'œuvre accomplie, ce sont les moyens d'y parvenir, de contrôler élections et administration publique, qui alimentent aussitôt les oppositions. Déjà sérieusement affaiblis en 1881, les conservateurs modérés du Bien Public échouent définitivement en 1886.

Une nouvelle fronde surgit en Gruyère, autour du journal Le Fribourgeois (d'où le nom de «fribourgeoisistes donné à ses partisans emmenés par Maurice Progin (1848-1909), inspecteur scolaire. Après un succès partiel aux élections de 1896, le mouvement faiblit face à la majorité.

Au tournant des années 1900, la virulence des affrontements politiques fléchit. La volonté de mobiliser les troupes catholiques s'essouffle nettement malgré un regain d'initiatives qui ne dure que quelques temps. Sur un autre plan, les partis s'organisent à l'échelle cantonale : les conservateurs-catholiques en 1885 (le parti suisse en 1912) et les radicaux en 1894 (la même année que le parti suisse). Ayant réussi à donner à Fribourg sa dans place dans le monde catholique suisse et européen, Georges Python esquisse une ouverture vers les radicaux qui retrouvent un siège au Conseil d'Etat en 1906. Il s'agit de jeter les bases d'un front des droites face à une nouvelle force politique née de l'industrialisation, modeste celle-ci à Fribourg : le socialisme.

Aux associations et sections qui apparaissent dès 1890, le parti cantonal fondé en 1908 (le Parti socialiste suisse l'est en 1888) donne une structure qui se heurte aux tensions internes et aux attaques de la droite. Malgré les sièges conquis dans les exécutifs communaux (à Fribourg et à La Tour-de-Trême en 1907), ou le lancement d'un journal en 1906, L'Aurore, le Parti socialiste fribourgeois entre en 1914 dans une certaine léthargie.


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