
Le pays de Neuchâtel est situé
à l'écart des grands axes de circulation qui
relient les principales régions de l'Europe. C'est
une réalité géographique. Au sud, le lac le
sépare du plateau suisse et les liaisons au pied du Jura
n'ont jamais été aisées. Au nord, le bassin du
Doubs et la montagne jurassienne forment une barrière qui ne
facilite par les relations avec la France. Cela explique
peut-être l'histoire singulière de cette petite
terre de quelque 800 km
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. Son histoire est marquée à la
fois par cet isolement relatif, mais surtout par la volonté
d'en sortir et de s'ouvrir en direction de ses proches
voisins.
Au Moyen Age, les comtes de Neuchâtel
signent de nombreux traités de combourgeoisie avec les cantons
suisses voisins. Dès les origines, les
«Neuchâtelois» furent des commerçants actifs,
des créateurs de liens économiques et culturels, sachant
qu'ils ne pouvaient vivre que des échanges et devaient
abandonner toute idée d'autarcie. Terre d'accueil,
et parfois d'asile, Neuchâtel doit aussi une grande
partie de sa prospérité aux étrangers qui vinrent
s'y établir et y exercer leur art. Neuchâtel fut
pendant des siècles dominé par des seigneurs venant
d'ailleurs : Allemandes, Françaises, Prussiennes, de
nombreuses dynasties se succédèrent et gouvernèrent
le pays à l'aide d'une aristocratie locale. Tout
en se sentant proches du corps helvétique, les
Neuchâtelois cultivaient ainsi une relative indépendance.
Mais ils ne purent rester insensibles à la philosophie des
Lumières qui allait bouleverser l'Europe à la fin
du XVIII
e
siècle. En contact avec le monde et
fervents partisans des idées libérales, les milieux
horlogers furent les premiers à réclamer la fin de
l'Ancien Régime et des coutumes
féodales.
Pourtant, Neuchâtel, à
l'instar de Genève et du Valais (pour ne pas parler du
Jura), est l'un des plus jeunes des 26 Etats de la
Confédération Helvétique. Son adhésion au
pacte fédéral ne date que de 1815. Il fallut même
attendre la révolution de 1848 pour voir Neuchâtel
s'intégrer réellement à la Suisse moderne,
abandonner son statut de principauté sous tutelle
étrangère et proclamer la république.
Dès lors le destin du canton est
étroitement lié à celui de la
Confédération et son histoire ne se distingue guère
de celle des autres cantons industrialisés, connaissant les
mêmes crises et les mêmes périodes de
prospérité, partageant avec les autres les turbulences
comme les périodes plus sereines de la vie politique.
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