 Cartes des invasions vers 400 © Schmid Muller Design L'Empire romain céde du terrain
Progressivement et dès le III
e
siècle,
l'Empire
romain a cédé du terrain devant les pressions
exercées par les peuples germaniques qui venaient faire des
incursions dans le territoire ennemi. Les envahisseurs se nommaient
Burgondes,
Lombards,
Alamans,
Huns,
Ostrogoths,
Vandales, selon
les régions.
Dans un premier temps, les Romains ont
construit des villes fortifiées pour assurer la protection
et la sécurité des habitants: on peut citer Kaiseraugst
(Argovie), près de Bâle, ou
Genève.
En 401 cependant, les troupes romaines ont quitté la
frontière du Rhin, pour défendre le sud des Alpes, tout
en conservant administrativement ce territoire au sein de
l'Empire.
Il semble que les invasions ne se soient
pas produites immédiatement et que les Romans (métissage
de Romains et de
Celtes vivant
ensemble depuis des siècles) et les
Germains aient
entretenu des rapports pacifiques.
Les Burgondes
Les Burgondes, venant des pays scandinaves, se sont établis dans la région de Worms (Allemagne) avec mission des Romains de contenir les autres migrants. L'un de leurs rois a tenté de trahir Rome, ce qui a conduit le général romain Aetius à écraser la révolte dans le sang. Il a emmené ensuite les Burgondes vaincus en Suisse Romande et en Savoie. Ceux-ci, peu nombreux, ont reçu des terres des Romans auxquels on a accordé une exonération d'impôts. Ensemble, ils avaient la tâche de surveiller la région. En quelques générations, les nouveaux venus ont adopté la culture des Romans. Le royaume de Burgondie a connu son apogée avec le roi Gondebaud (480-516) qui avait fait de Lyon sa capitale. Mais en 534, ce territoire a été conquis par des rois francs, de la famille des Mérovingiens.
Cet exemple d'intégration ne doit pas faire oublier que d'autres peuples ont pratiqué la méthode forte, en imposant par exemple leur langue aux vaincus. Ainsi les Alamans ont envahi le Plateau suisse par le nord-est, en détruisant certaines villes, d'abord sans s'y installer, puis dès le VI e siècle, en fondant des villages. On les reconnaît aujourd'hui aux terminaisons -ingen (comme Eptingen) ou -heim (comme Arlesheim). La germanisation s'est faite peu à peu jusqu'aux Alpes.
Les Francs ont conquis à leur tour le territoire des Alamans en 536 et les ont incorporés dans leur royaume.
Le chiffre de population a baissé dès la fin de l'Antiquité par exode, par faits de guerre, par épidémie ou famine et il s'est maintenu très bas pendant toute cette première partie du Moyen Age.
Dans le Pays de Neuchâtel, les Burgondes ont laissé des traces à Serrières et au Châtelard de Bevaix, dès le VI e siècle seulement. Une fois encore, il s'agit de tombes avec des squelettes et des objets. En examinant les premiers, on peut en déduire que la taille moyenne des adultes était de 165 cm et que les gens souffraient de caries, d'arthrose des vertèbres cervicales et qu'ils manquaient de fer. Les objets forment un échantillonnage de garnitures de ceintures, portées par les hommes et les femmes. Ils démontrent l'habileté artisanale et technique des Mérovingiens.
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