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Le sentiment national et les arts


© Lucienne HUBLER, historienne. D'après son livre "Histoire du pays de Vaud"

Sommaire

 Le centenaire du canton de Vaud
 La musique
 Des artistes créent un syle nouveau

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Projet d'affiche non retenu pour le Premier Centenaire du canton de Vaud
© Archives cantonales vaudoises

Le centenaire du canton de Vaud


En 1903, le canton de Vaud fêta le centenaire de sa création. Au cours du siècle, le patriotisme vaudois et l'helvétisme s'étaient développés, entretenus lors des rencontres des nombreuses sociétés de tir, de gymnastique et de chant.

Avec le mouvement romantique, ils furent les supports de la création artistique.

Juste Olivier (1807-1876), avec deux volumes sur Le Canton de Vaud, avait voulu élever un "monument à sa patrie". Le Conseil d'Etat avait commandé au peintre Charles Gleyre (1806-1874) deux tableaux historiques, Le Major Davel et Les Romains passant sous le joug. Eugène Rambert (1830-1886) était devenu célèbre avec son ouvrage Les Alpes suisses.

A la fin du siècle, d'innombrables familles avaient acheté une reproduction du tableau La Fuite de Charles l Téméraire du très populaire Eugène Burnand (1850-1921).


La musique
On chantait beaucoup : la Patrie, les Alpes et la nature. Les Fêtes des Vignerons, surtout celles de 1889 et de 1905 - René Morax (1873-1963) et Gustave Doret (1866-1943) étaient les auteurs du livret et de la musique - regroupèrent les Vaudois autour de la célébration de la terre et des saisons.

En 1903, Emile Jaques-Dalcroze (1865-1950) fit jouer à des milliers de figurants le Festival vaudois.

Le Théâtre du Jorat à Mézières fut inauguré en 1908.

Des artistes créent un syle nouveau
Mais la littérature, la musique ou la peinture "des bons sentiments" eurent leurs critiques. De jeunes artistes, dont beaucoup travaillèrent à Paris, créèrent un style nouveau. Eugène Grasset (1845-1917), Théophile Steinlen (1859-1923), Félix Vallotton (1865-1925), Marius Borgeaud (1861-1924), René Auberjonois (1872-1957) sortirent la peinture de la célébration de l'histoire ou du pays. En littérature, une jeune et brillante équipe rompit avec la tradition de l'helvétisme et des écrits moralisants, ce qui provoqua de vives réactions négatives.

La revue des Cahiers vaudois (1912-1919) fut animée par Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947), Paul Budry (1883-1949) et Edmond Gilliard (1875-1969). L'idée en avait été lancée chez un jeune chef d'orchestre, Ernest Ansermet (1883-1969). Pendant la première guerre mondiale, le compositeur russe Stravinsky et Ramuz créèrent l'Histoire du soldat. Ansermet accompagna les Ballets russes en tournée en Amérique.

Jamais sans doute la création artistique ni l'ouverture sur le monde et sur des formes nouvelles d'expression ne furent aussi vives qu'au début de ce siècle. Mais cet éclat fut le fait d'une minorité et peu populaire, avant que Ramuz ne devienne, à son tour, un auteur "officiel".

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