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Claude Debussy : Pelléas et Mélisande Mary Garden, créatrice du rôle de Mélisande en 1902.
Document Hachette-Journal le Théâtre
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Souvent louée pour sa clarté ou ses demi-teintes, la musique française a joué en Europe un rôle important du Moyen Age à l'époque classique. Elle a connu ensuite, de 1880 à 1920, un réel âge d'or, celui de Fauré, Debussy et Ravel.
Le Moyen Age
Le chant grégorien constitue le
répertoire de base de l'Eglise chrétienne. Monodique
(à une voix), parfois syllabique, ou au contraire très
riche en ornements (tel l'alléluia), il a nourri pendant
des siècles la musique occidentale. C'est en effet sur ces
phrases liturgiques que se fondent les premières polyphonies.
Aux XII
e
et XIII
e
siècles, l'organum, le
conduit et le motet demeurent les plus célèbres genres
polyphoniques, grâce à l'Ecole de Notre-Dame
(Léonin, Pérotin). Au XIV
e
siècle, d'importantes
compositions de l'Ars nova (messes, motets, chansons de
Machault) affirment un style plus recherché et plus dur.
Parallèlement à l'art
religieux, résonnent les chansons des troubadours (en langue
d'oc, dans le sud du pays) et des trouvères (en langue
d'oïl, dans le Nord): Bernard de Ventadour, Blondel de
Nesle ou Jaufré Rudel chantent le renouveau printanier, la
haine de la félonie ou la beauté de la femme. A la fin du
Moyen Age, deux
centres musicaux demeurent d'un grand intérêt: la
cour de Bourgogne (Binchois) et l'école franco-flamande
(Dufay, Ockeghem, Josquin Des Prés).
La Renaissance
Le XVIe siècle consacre l'essor du répertoire profane. Pour ses chansons - un genre en vogue -, Clément Janequin choisit des textes plus familiers (la Guerre, le Chant des oiseaux) dans un style à quatre voix, clair et bien équilibré. Les liens entre paroles et musique se renforcent ensuite (autour des textes de Ronsard), alors que se fait sentir l'influence du madrigal italien, inspirateur de nouvelles recherches d'expression de Claude Le Jeune. L'art instrumental est représenté par les cornets, cromornes, flûtes à bec, violes ou luths, à travers les transcriptions de chansons ou la musique de danse (pavanes, gaillardes). Ce temps de la Renaissance est aussi celui du psaume (lié à la religion réformée), dont les phrases brèves contrastent avec les longues vocalises de certains chants catholiques.
Le XVIIe siècle
L'apport de
la musique
italienne se fait plus net encore après 1600, à
travers de grands genres (opéra, oratorio, cantate) nés
au-delà des Alpes. Fondé sur la technique de la
mélodie accompagnée, ce nouveau style s'oppose à
la polyphonie ancienne. C'est sous le règne de
Louis XIV que
naît en France la tragédie lyrique, bien illustrée
par
Jean-Baptiste
Lully. Ses grands ouvrages (Alceste, Armide) brillent par
l'éclat des ballets et des décors, par le rythme
pointé des ouvertures (dites «à la
française» et caractérisées par la succession
lent-vif-lent), ainsi que par la beauté de la
déclamation: marqué par un souci d'ordre et de
clarté, cet art paraît beaucoup plus classique que
baroque. Quant à l'oratorio, il s'introduit en France
grâce à Marc Antoine Charpentier, connu surtout pour ses
œuvres sacrées, mais il ne supplantera toutefois jamais
le motet, qui domine la musique religieuse française de
l'époque. Les œuvres instrumentales (ricercare,
suite...) sont surtout destinées à l'orgue
(Titelouze) ou au clavecin (Chambonnières).
Le XVIIIe siècle
Après la mort de Lully, de notables
changements interviennent dans l'opéra avec
Jean-Philippe
Rameau, qui confère plus d'importance aux airs, aux
chœurs et aux passages orchestraux, à tel point qu'on
lui reproche de mettre «trop de musique» dans son
théâtre. En marge de ces spectacles se développent
les parodies de foire, qui engendrent, dans les
années 1760, un nouveau genre, l'opéra-comique,
où les dialogues parlés alternent avec des parties
chantées aux intonations plus faciles (Philidor, Monsigny,
puis Grétry et Dalayrac).
Par ailleurs, la cantate reste fort à
la mode au début du siècle (Boismortier,
Clérambault), alors que le motet (Delalande, Mondonville) voit
sa vogue encore renforcée par le Concert spirituel,
première entreprise parisienne d'auditions publiques,
fondé en 1725. La musique instrumentale se fait toujours
plus présente, à travers les suites de Couperin ou de
Rameau, puis les sonates ou les symphonies de la fin du
siècle. Après 1770, le pianoforte tend à
succéder au clavecin. Le violon et la flûte sont
très prisés; l'orgue suscite des œuvres fort
diverses (messes de Couperin, hymnes de Grigny, noëls de
Balbastre). Quant à la Révolution, elle favorise
l'essor des chansons et des hymnes.
Le XIXe siècle
Avec Hector Berlioz s'affirme un romantisme novateur. Dans le domaine du théâtre lyrique, les Français apprécient les ouvrages italiens (Rossini, Bellini) ou l'opéra-comique de Boieldieu et Hérold, lorsque l'Allemand Meyerbeer impose à Paris le grand opéra historique romantique (Robert le Diable). Puis avec Gounod (Faust) et Bizet (Carmen) se développe un art plus discret, mais non moins expressif, où se distingue ensuite Massenet (Manon, Werther). Parallèlement triomphe, depuis le milieu du siècle, l'opérette de Jacques Offenbach (la Vie parisienne), portée par un texte comique et des rythmes entraînants (cancan d'Orphée aux enfers ). Le genre s'affine avec Lecocq et Messager.
A partir de 1880 commence une glorieuse époque. La Société nationale de musique (créée en 1871) permet à la musique de chambre de prendre un nouvel essor, tandis que la suite descriptive (Massenet), le poème symphonique (Saint-Saëns) et la symphonie (Franck, Dukas, d'Indy) s'imposent à travers de nouvelles associations orchestrales (Pasdeloup, Colonne, Lamoureux). La musique de piano, qui s'était parée de couleurs plus intimistes sous la plume de Fauré, atteint un surprenant dépouillement chez Satie.
Le XXe siècle
Plus novateur était encore l'unique drame lyrique de Debussy, Pelléas et Mélisande, où la ligne musicale suit si bien les inflexions de la phrase française. Quant à Ravel, il signe des oeuvres orchestrales d'un grand raffinement. Pour effacer les brumes wagnériennes et le flou debussyste, s'affirme après la Première Guerre mondiale un retour à la simplicité des lignes avec les musiciens du groupe des Six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Germaine Tailleferre); ce style ne dédaigne ni les apports du jazz ni le recours aux danses de l'époque (tango, fox-trot). Sous I'influence de Stravinski se développe un néoclassicisme souvent pimenté de dissonances (Suite en fa de Roussel, Concerto champêtre de Poulenc). Un retour à l'expression devait être souhaité à partir de 1936 par le groupe Jeune-France (Yves Baudrier, Daniel Lesur, André Jolivet, Olivier Messiaen). L'art de ce dernier est fortement imprégné par la modalité et les chants de la nature.
Après 1945, de la musique concrète (Pierre Schaeffer) - bientôt devenue électroacoustique - à la technique spectrale des années 1980 (Murail, Grisey), en passant par l'écriture de Boulez, fortement marquée par le sérialisme de Webern, l'art stochastique (où Xenakis se fonde sur le calcul des probabilités), la musique aléatoire (Boucourechliev) et les recherches menées à l'IRCAM (Institut de recherche et de coordination acoustique-musique), les mutations esthétiques s'accélèrent, alors que d'autres musiciens (Dutilleux, Ohana) restent plus proches aussi bien des langages que des instruments hérités du passé.
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