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La photographie des années 1950


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 La photographie humaniste
 La photographie subjective

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Robert Doisneau
Il se définissait lui-même plus comme étant un «pêcheur d'images» plutôt qu'un «chasseur d'images». Doisneau est un passant patient qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets.

Deux courants très différents vont sinon s'affronter, du moins se compléter dans les années 1950. L'un prolonge l'esthétique, née avant guerre, des photojournalistes, l'autre se tourne plus résolument vers la modernité.


La photographie humaniste

Le regard du photojournalisme de l'entre-deux-guerres portait en lui une morale et témoignait de grandes valeurs humaines. C'est cette tendance que reprennent à leur compte, après la Libération, les tenants de la photographie dite «humaniste».

 

En France, celle-ci trouve en Édouard Boubat, en Willy Ronis et en Robert Doisneau, photographe du Paris populaire, tendre et humble, ses plus célèbres mentors.

 

Aux États-Unis, Edward Steichen s'intéresse aux images-symboles de réalités intemporelles, tels la naissance, l'amour, le travail ou la mort.


La photographie subjective

L'humanisme fait long feu et, dès le milieu des années 1950, des photographes s'interrogent sur l'objectivité de leur art et la prétendue neutralité de l'«œil» photographique. N'importe quel cliché possède selon eux un caractère subjectif : le cadrage, d'une part, isole et privilégie telle ou telle partie du réel ; la perspective photographique, d'autre part, diffère de celle de l'œil humain ; quant à l'instantanéité, élément essentiel de la photographie, elle fige l'événement à un moment donné et ne rend pas compte de son entière réalité, laquelle s'exprime seulement dans la durée. Ces idées, énoncées par l'Allemand Otto Steinert, connaissent un large écho dans le monde des photographes. Aux États-Unis, trois artistes majeurs illustrent chacun à sa manière cette photographie subjective : Minor White, Robert Frank et William Klein.

 

Le premier tente de saisir sur la pellicule ses états d'âme. Il en résulte des images contemplatives et abstraites, que son auteur assimile à des poèmes en images.

 

Robert Frank, lui, ne s'éloigne pas du réel. D'abord photoreporter, il fait paraître en 1958 un recueil de clichés, les Américains, scènes a priori vides de sens et peuplées d'êtres solitaires et tristes. Privilégiant la banalité, le sale et l'indistinct, le regard de Frank montre le monde sans vouloir le juger. On est loin du moment décisif cher à Cartier-Bresson : ici, c'est le spectateur qui apporte lui-même la signification à l'image.

 

William Klein va plus loin encore dans cette volonté de «saisir» le réel à bras-le-corps. Flous, bougés, décadrés, les clichés de Klein intègrent une dimension toujours oubliée auparavant : le hasard et l'urgence du geste. Pour la première fois également, l'appareil photographique n'est plus un outil contraignant mais un instrument qui fait surgir des images inédites et un réel insoupçonné.


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