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Indien de la tribu Arapaho Photopraphie de 1806
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La diversité des conflits
Malgré la diversité
considérable des violents conflits contemporains - de
l'insurrection localisée réprimée par
l'armée aux opérations internationales de maintien de
l'ordre - l'évolution de la guerre révèle
tout d'abord une division sociale du travail et de la
décision politique.
Alors que, dans l'univers lignager
et villageois africain, tous les hommes valides étaient des
combattants potentiels, dans les sociétés à
classes d'âge, certaines d'entre elles, comme celle
des jeunes guerriers qui doivent faire leurs preuves, sont des
spécialistes de la guerre.
Il convient toutefois de faire une
distinction entre les sociétés qui intègrent à
la hiérarchie sociale et à la définition statutaire
des groupes les qualités et les fonctions de guerrier, et
celles qui vont assigner ce rôle à des groupes
spécifiques, souvent en marge ou à part; ces groupes
deviennent des «sociétés» de guerriers,
aux habitudes et aux règles particulières. On ne peut
toutefois pas considérer ces derniers comme des professionnels
de la guerre et encore moins comme des mercenaires.
La guerre dans les tribus
Les Burnyas de Nouvelle-Guinée
connaissent le statut de grand guerrier; l'aoulatta
s'avance seul sur le champ de bataille, suivi de loin par ses
aides, qu'il appelle ses «chiens». Se jouant des
volées de flèches des archers, il réussit à
fracasser le crâne d'un adversaire. Ces grands guerriers
manifestent des puissances surnaturelles. La reconnaissance
établie de leur autorité pouvait les conduire à des
excès à l'égard des biens ou des femmes
d'autrui, mais aucune hérédité ne
s'attachait à ce titre.
Chez les Lobis et les Birifors, peuples
agriculteur et éleveur de l'Afrique de l'Ouest
(Burkina Faso), chacun devait pouvoir se défendre. En
état d'alerte semi-permanent, ils devenaient des
guerriers hors pair parce que pliés à des circonstances
très variées. Ils n'avaient pas véritablement
de chefs: les meneurs guerriers étaient choisis à
chaque fois, l'émulation collective faisant le reste.
Les tribus indiennes des plaines
américaines devinrent particulièrement guerrières et
belliqueuses pour se défendre lors de l'arrivée des
immigrants européens. On peut d'ailleurs dire d'une
façon générale que la guerre apparaît
lorsqu'il y a résistance à une agression; certaines
populations comme les Shoshones ne connaissaient pas la guerre
avant de devoir se défendre. Chez les Cheyennes, les Arapahos
et les Pieds-Noirs, il existait des sociétés
guerrières qui servaient de lien entre les membres des
différents groupes constituant les tribus. Ces
sociétés guerrières comportaient des aspects
religieux et valorisaient une culture du héros guerrier dont
on «comptait les coups».
Les figures de l'homme de guerre
Les figures de l'homme de guerre, du
chevalier de la Table ronde au condottiere italien, du mercenaire
suisse des cours européennes au samouraï japonais,
finissent par construire l'image d'un combattant presque
asocial. Depuis des siècles, la séparation entre
armée payée, professionnelle, et armée
«populaire», levée dans le corps social
lui-même, suggère deux modèles de société.
Il est certain que la levée en masse de 1792 tout comme
la conscription républicaine, confortée par les
mobilisations massives des deux guerres mondiales, ont conduit
à des modèles mixtes: professionnels, volontaires et
appelés reconstituent une image idéologique de la
société, même si les compétences, les valeurs
et les objectifs des uns et des autres divergent dans la pratique.
Il y a donc un métier des armes qui peut s'apprendre et se
diversifier.
L'invention des armes à feu
bouleverse les données. L'historien F. Braudel situe
l'apparition de «la grande guerre savante, moderne et
coûteuse» au XVI
e
siècle. La guerre moderne
devient de plus en plus meurtrière, touche la
société civile dans ses profondeurs, engage la violence
religieuse et nationaliste jusqu'aux extrêmes. Les
modèles de la guerre se veulent des modèles de
société. Jusqu'à la dernière évolution
de la guerre thermonucléaire, où tout est remis en
question: la dissuasion permet de conserver une marge
d'humanité, semble-t-il, puisque la fin de la guerre
signifierait l'absence d'après-guerre,
c'est-à-dire la fin du monde.
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